La Journée nationale de la philanthropie sera soulignée partout au Canada le 15 novembre.
La Journée nationale de la philanthropie sera soulignée partout au Canada le 15 novembre.

La philanthropie, plus essentielle que jamais en temps de pandémie

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — «Une personne seule qui est riche et heureuse, mais qui est entourée d’une centaine de personnes malheureuses, je pense que c’est pire qu’être malade seul, mais d’être entouré de gens heureux.» En ces temps où nombre d’organismes et de fondations se retrouvent dans une situation difficile face à des besoins en forte hausse, cette phrase imagée par le professeur en économie de l’UQTR, Frédéric Laurin, ne pourrait être plus éloquente. C’est pourquoi à l’aube de la Journée nationale de la philanthropie, qui sera soulignée partout au Canada le 15 novembre, la Fondation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) souhaite réitérer l’importance de donner, particulièrement en cette période de pandémie qui secoue toutes les sphères de l’économie et de la société.

Bien que la Fondation de l’UQTR a tout de même été en mesure de bien tirer son épingle du jeu en cette période de crise en maintenant notamment les liens avec ses principaux partenaires, le directeur général de la Fondation, Daniel Milot, souhaite rappeler à la population l’importance de s’engager, à sa façon, envers une cause qui lui tient à cœur, puisque ce ne sont pas toutes les fondations qui ont eu la même chance au cours des derniers mois.

«Évidemment, pour les organisations philanthropiques qui comptaient sur les événements qu’ils organisaient, elles subissent des dommages plus importants et l’objectif qu’on a avec la Journée nationale de la philanthropie, notamment, c’est de rappeler aux gens que les fondations qu’ils soutenaient, même si elles ne font pas d’activités, ce qui est important, c’est de prendre soit la totalité ou une partie de ce montant pour leur envoyer quand même, parce qu’ils en ont vraiment besoin.»

«La philanthropie, ce n’est pas juste le fait de dire que je vais faire ma B.A quotidienne, mais ça soutient aussi des écosystèmes qui sont dynamiques et qui viennent en aide aux entreprises d’une région de façon directe ou indirecte», explique quant à lui le professeur Frédéric Laurin.

Les donateurs tout de même généreux

Cet appel à la générosité ne veut toutefois pas dire que la population n’a pas fait preuve de générosité au cours des derniers mois, bien au contraire.

En effet, un sondage Léger réalisé en juillet dernier pour l’Institut Mallet révèle que 71 % des Québécois ont fait au moins un don pour des causes sociales, communautaires ou humanitaires depuis le début de 2020. En 2015, ils étaient 50 % durant toute l’année à avoir fait un don.

Frédéric Laurin, professeur en économie de l’UQTR.

C’est d’ailleurs le cas à l’UQTR, alors que malgré les pertes financières et les incertitudes des derniers mois, la cinquantaine de PME et de corporations ayant des engagements envers la Fondation de l’UQTR ont toutes décidé de maintenir leur partenariat.

«Avec nos plateformes de donation mises en place pendant la pandémie, le nombre de donateurs à l’interne à l’UQTR a augmenté. On est passé d’un taux de participation de moins de 20 % à tout près de 35 %, donc on développe cet esprit de solidarité», précise Daniel Milot.

Un phénomène surprenant que constate également le professeur en économie, Frédéric Laurin.

«Avec la pandémie, beaucoup de gens ont pris conscience de l’importance d’aider, car la crise a touché tout le monde. Souvent, on donne à une cause qui nous tient à coeur, mais qui ne nous touche pas directement. Par contre, la pandémie touche tout le monde, donc on l’a vu, les gens ont voulu faire un effort particulier en fonction de leur condition. Mais il faut que cette conscience persiste après la crise parce qu’une fondation a tout le temps besoin d’un soutien et ce n’est pas nécessairement parce qu’elle est en manque d’argent», illustre M.Laurin.

La philanthropie, seulement pour les gens riches?

Pour ceux et celles qui croient que la philanthropie est un geste réservé qu’aux personnes plus aisées, Daniel Milot est d’un tout autre avis, lui qui estime qu’il est possible de contribuer de plusieurs façons.

«En philanthropie, on a les 3 T. Tu peux donner de ton temps, de ton talent et de ton trésor. Ce qu’on préconise, c’est que beaucoup de gens donnent. Par exemple, je préfère avoir 10 donateurs à 100 $, qu’un seul à 1000 $. Et pour les gens qui veulent s’impliquer pour une cause qui leur tient à coeur, mais qui n’ont pas l’argent, les organisations ont aussi besoin de bénévoles, donc il ne faut pas voir uniquement l’aspect monétaire», précise-t-il.

Daniel Milot, directeur général de la Fondation de l’UQTR.

De plus, une autre façon de contribuer à la philanthropie, rappelle M. Milot, c’est de penser à un don planifié. Ainsi, lors du décès, il est possible de léguer ses actifs ou un pourcentage de ceux-ci à une cause choisie.

«Les gens peuvent décider de leur vivant de laisser une empreinte et de s’assurer qu’une partie du patrimoine qu’ils auront construit tout au long de leur vie va leur survivre pour soutenir une ou des causes qui leur tiennent coeur», conclut-il.