Le LET de Champlain est utilisé par Services Matrec.

La phase 2 est dans l’air

CHAMPLAIN — Le lieu d’enfouissement technique Champlain qui appartient à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie pourrait être agrandi dans un avenir rapproché. Le maire de Champlain, Guy Simon, indique que le partenaire de la Régie, Services Matrec, «étudie la possibilité d’une phase 2», une information que confirme le président de la RGMRM, Michel Angers.

«Matrec nous a parlé d’un projet d’agrandissement, phase 2. Il y a un BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) qui doit se mettre en place, compte tenu de l’ampleur de tout ça», précise la maire Angers.

Le président de la Régie assure d’emblée que ce projet n’occasionnera aucun coût à la Régie au cours du processus d’étude de faisabilité.

Michel Angers souligne que cet agrandissement deviendra «une source de revenus supplémentaires pour la Régie. Pour chaque tonne enfouie, il y a une entente entre nous pour qu’on puisse être capable d’avoir des dividendes», dit-il.

«Si l’on attend que la capacité soit atteinte avant d’obtenir les autorisations du Bureau d’audiences publiques en environnement pour faire un autre projet, ça peut être long», fait valoir le maire de Champlain.

Au cours de son analyse, il faudra que Matrec tienne compte des frais engendrés par le BAPE et de l’impact de l’absence prochaine des matières putrescibles qui ne seront bientôt plus enfouies, fait valoir le maire Simon. Malgré tout, «aux dernières nouvelles, c’était une possibilité», dit-il. «Les dernières discussions nous disaient on est sérieux; on veut y aller.»

Guy Simon explique que depuis la construction de la voie de contournement, la présence du LET n’est plus un problème. «Le gros inconvénient qu’on avait, c’était le passage des camions dans le village», explique-t-il. «L’emplacement du site ne nous crée pas de problèmes. On n’a pas de plaintes là-dessus. On n’a pas de plaintes d’odeurs, pas de déversements. Quant aux non-conformités, il y en a une qui a été réglée à la satisfaction du ministère. Actuellement, les choses vont quand même bien, les opérations se portent bien. On n’a pas de plan de développement résidentiel dans ce coin-là et c’est de l’agriculture qui se fait autour. Il n’y a pas d’inconvénient à ce qu’une telle étude se fasse», résume le maire de Champlain.

Rappelons qu’en 2014, la RGMRM et Services Matrec ont signé une entente de 15 ans. La Régie était alors en manque chronique de matières résiduelles à enfouir pour rentabiliser ses opérations et subissait un déficit d’exploitation d’environ 1 million $ par année depuis 3 ans. L’arrivée de Matrec représentait un gain de quelque 15 millions $.

Un peu d’Ikea à Champlain!
L’entreprise a hérité d’un contrat important, indique le maire Simon. Depuis deux ans, tout le contenu d’un ancien site d’enfouissement de la Ville de Québec a été excavé et les matières ont été acheminées au LET de Champlain où elles finiront leur décomposition. Cet ancien lieu d’enfouissement est l’endroit choisi par Ikea pour y installer son nouveau magasin, à Québec. Un complexe commercial y sera aussi aménagé.

«N’eût été de la voie de contournement, je ne crois pas qu’on aurait pu envisager un projet d’agrandissement comme celui-là. Étant donné que les camions circulent à l’extérieur de la municipalité, c’est une option supplémentaire», dit-il.

Le maire Angers réitère que les contribuables n’auront pas à payer ce projet de leurs taxes. «Si jamais le projet voit le jour, il n’y aura que des gains financiers pour les citoyennes et citoyens de la Mauricie», assure-t-il.