L’harmonisation des noms de rues à Shawinigan avait enflammé les débats en 2015. Postes Canada donne encore aux citoyens jusqu’au 1er avril pour qu’ils procèdent à leur changement d’adresse, mais jusqu’ici, les services d’urgence n’ont vécu aucun inconvénient majeur depuis la mise en application de cette réforme.

La période de grâce achève

Shawinigan — Postes Canada n’est pas en mesure d’évaluer le nombre de Shawiniganais qui n’ont toujours pas procédé à leur changement d’adresse, mais chose certaine, elle a accepté de prolonger son délai de transition l’an dernier. La société d’État continue donc d’accommoder les clients récalcitrants jusqu’au 1er avril 2018, mais après cette date, les excuses ne tiendront plus.

«Le courrier qui n’est pas adressé correctement sera retourné à l’expéditeur», prétend Sylvie Lapointe, agente aux relations avec les médias chez Postes Canada.

L’exercice d’harmonisation des noms de rues à Shawinigan a fait couler beaucoup d’encre en 2015. À compter du 16 mai 2016, environ 70 % de la population touchée par cette réforme était invitée à procéder aux changements d’adresse, qu’il s’agisse d’un nouvel odonyme, d’un nouveau numéro civique ou du retrait du nom de secteur pour privilégier celui de la ville unifiée, Shawinigan. À peine quelques jours plus tard, des problèmes informatiques forçaient la société d’État à demander aux Shawiniganais de repousser ces changements en juillet.

Postes Canada s’était engagée à poursuivre la livraison de courrier pendant une période transitoire d’un an, même si le changement d’adresse n’était pas effectué.

Sans tambour ni trompette, cette directive a été prolongée d’une autre année au printemps 2017.

Mme Lapointe assure que la livraison du courrier «s’effectue bien» depuis la fin du processus d’harmonisation. Par contre, elle confie que «de concert avec la Ville, nous avons prolongé le délai pour le service de changement d’adresse gratuit jusqu’au 1er avril 2018. Les résidents affectés recevront une lettre avant la fin de ce service.»

Même si les retardataires seront avisés, Postes Canada n’est pas en mesure de quantifier la proportion de Shawiniganais qui tardent à faire leur changement d’adresse. «Afin de faciliter la transition pour les résidents, nos opérations locales ont recommandé de prolonger le service jusqu’au 1er avril», explique simplement la porte-parole.

À la Ville également, impossible de connaître cette donnée. François St-Onge, directeur des communications, prétend que du point de vue des autorités municipales, ce dossier est maintenant classé.

«Il y a énormément de partenaires impliqués là-dedans et tout le monde doit faire son travail», commente-t-il. «Que Postes Canada ait décidé de prolonger sa souplesse, on l’en remercie! Ils n’étaient pas obligés de le faire. Mais pour nous, c’est un dossier qui est terminé.»

Irritants
Dans un dossier aussi émotif, la moindre erreur de livraison, un retard lors de l’appel d’un service d’urgence peut rapidement être associé aux conséquences de la réforme toponymique. M. St-Onge ne nie pas que certaines situations indésirables aient pu se produire, mais il observe qu’en général, la transition s’est très bien déroulée.

«Au service aux citoyens, on ne reçoit pas vraiment d’appels là-dessus», mentionne-t-il. «Si des gens ne changent pas leur adresse, il se peut que leur lettre arrive ailleurs. Est-ce que 100 % des gens ont changé leur adresse? Bien sûr que non. Peu importe les raisons, certaines personnes le font plus tard ou oublient des fournisseurs. Règle générale, ça se passe bien, sauf dans des cas où le changement n’a pas été fait.»

«Notre responsabilité était de nous assurer que les citoyens et tous les partenaires soient bien au courant des modifications que nous ferions aux noms de rues et aux numéros civiques dans certains cas», résume M. St-Onge. «Nous avons aussi dû corriger quelques coquilles, dans les deux ou trois mois qui ont suivi.»

«Nous sommes très réceptifs, très ouverts aux commentaires des citoyens», ajoute le porte-parole de la Ville. «Mais ils ont aussi la responsabilité de procéder aux changements appropriés.»

Le conseil municipal prétextait notamment des motifs de sécurité pour procéder à cette réforme toponymique. M. St-Onge assure que du côté du Service de sécurité incendie, la transition s’est effectuée sans anicroche. Même constat chez les services ambulanciers.

«Au début de l’harmonisation des noms de rues, nous avions des rencontres à chaque jour, puis à chaque semaine, pour nous assurer que tout était correct», témoigne Marie-Claude Richard, directrice générale d’Ambulance 22-22. «Le transfert s’est fait super bien. Je n’ai pas entendu parler de problèmes majeurs. Les intervenants ont été très professionnels dans ce dossier. Je ne dis pas qu’on est à l’abri d’erreurs, mais nous n’en avons pas eu jusqu’ici.»

Rien de particulier sur ces modifications n’est venu aux oreilles de Danielle Gamelin, directrice générale à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie. À la Sûreté du Québec également, la sergente Éloïse Cossette ne rapporte aucune confusion reliée directement à la réforme toponymique à Shawinigan.

Reste les services de géolocalisation. M. St-Onge convient que les entreprises n’ont pas toutes enregistré les changements, une responsabilité que ne doit pas porter la Ville, fait-il remarquer.

«Tout ce qui est GPS, c’est hors de notre contrôle», rappelle-t-il. «Nous avons fourni à tout le monde les nouvelles adresses. Nous avons été en mesure de travailler en profondeur avec Google, parce qu’ils ont montré plus d’ouverture. Pour les autres, ce sont des entreprises privées...»

Identification des secteurs de Shawinigan sur l’autoroute de l’énergie: les discussions se poursuivent

La direction régionale du ministère des Transports analyse toujours la demande de la Ville de Shawinigan de réintroduire l’affichage de ses secteurs aux différentes sorties de l’autoroute de l’Énergie. Six mois après l’adoption d’une résolution en ce sens, le maire, Michel Angers, assure qu’il ne lâchera pas le morceau.

«Je ne m’attends à rien d’autre que de la souplesse», indique-t-il. «Notre demande est tout à fait légitime. Quand on parle que les municipalités sont des gouvernements de proximité, autonomes, un dossier comme celui-là doit bien l’illustrer.»

Rappelons que la Ville de Shawinigan s’inspire particulièrement de la pratique à Bécancour pour justifier le retour de l’appellation des secteurs le long de l’autoroute. Le 22 août dernier, le conseil municipal adoptait une résolution pour demander au ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports de réintroduire les toponymes de Shawinigan-Sud (sortie 211), Saint-Gérard-des-Laurentides (sortie 217), Saint-Jean-des-Piles (sortie 226) et Sainte-Flore (sortie 220). 

Les élus souhaitent aussi que le secteur Lac-à-la-Tortue apparaisse en bordure de la route 155, près de l’intersection de la route 153. 

Cette mobilisation avait débuté à la fin juin, lorsque Michel Poirier, résident du secteur Saint-Jean-des-Piles, avait initié une pétition pour réclamer le retour du nom de son secteur sur l’autoroute de l’Énergie. Il avait recueilli environ 650 signatures.

Toujours sans nouvelle, M. Poirier compte réactiver son comité de mobilisation au cours des prochains jours. Il prévoit notamment solliciter l’appui de la ministre responsable de la région et candidate libérale dans Laviolette - Saint-Maurice lors de l’élection du 1er octobre, Julie Boulet.