La pépinière 55 a été ravagée par les flammes au mois de juillet dernier.

La Pépinière 55 encore bien vivante: «On reconstruit»

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — Bien que les flammes aient réduit en cendres 40 ans de travail en quelques minutes, le 11 juillet dernier, elles n’ont pas réussi à signer l’arrêt de mort de la Pépinière 55 et encore moins à entamer la volonté de son propriétaire, Réjean Lapointe, à concrétiser ses mille et un projets. Cette véritable institution de Saint-Étienne-des-Grès sera reconstruite, et malgré les débris noircis et les plantes envolées en fumée qui peuvent laisser croire le contraire, le travail n’a jamais cessé depuis l’incendie.

«On n’a pas arrêté et on continue. On reconstruit. On fait une partie cet automne, ça c’est certain, et il y a quelque chose de majeur qui s’en vient», lance M. Lapointe.

La priorité est au nettoyage et à la construction de bureaux pour accueillir les clients. M. Lapointe estime que cela prendra deux ans pour tout remettre en état. «La grosse bâtisse, ça va prendre facilement deux ans pour la reconstruire. Les bâtiments, on va les améliorer. On va faire d’un désavantage, un avantage.»

S’il s’est rapidement retroussé les manches, lors de l’incendie, il n’en menait pas large. «C’est 40 ans de vie», rappelle-t-il.

Voir toutes ces années d’efforts disparaître en un claquement de doigts représente une immense épreuve. Pourquoi n’a-t-il pas décidé de profiter d’une retraite bien méritée plutôt que de reprendre le collier? «La passion», lâche-t-il sans la moindre hésitation. «Ce n’est pas compliqué quand on aime ce qu’on fait. La retraite, moi, je ne crois pas à ça», ajoute l’homme de 65 ans.

Le propriétaire de la pépinière 55 Réjean Lapointe. Il est loin d’avoir baissé les bras à la suite de l’incendie.

Ses employés et ses clients sont demeurés derrière lui. Ils ont été d’une grande motivation pour l’inciter à aller de l’avant. «J’ai une équipe de 20 personnes. Je ne voulais pas les laisser tomber. On n’a pas arrêté. Personne n’a été mis dehors. Tout le monde a de l’ouvrage. Quand le feu est passé, on avait trois mois d’ouvrage d’avance de prévu. Sauf que ça demande de l’énergie en double. Il faut retourner chercher les contrats, les plans. Tout était détruit. C’est ça qui a été le plus dur.»

Sans oublier les milliers de végétaux qui ont été emportés par les flammes. «On avait au moins 20 à 30 000 plants dans les serres qui étaient vendus d’avance. Tout a brûlé.»

«On n’est pas reparti à zéro. On est parti à moins dix parce que la comptabilité, tous les documents sont partis. Mais ce que j’ai à l’intérieur de moi, ils ne pourront jamais me l’enlever», ajoute-t-il.

L’intensité du sinistre qui a détruit la Pépinière 55 a suscité bien des questionnements. Bien que l’enquête de la Sûreté du Québec ne soit pas terminée, tout porte à croire qu’il s’agit d’un incendie criminel. «Tu te demandes ce qui s’est passé. Et quand tu découvres que c’est criminel, c’est encore pire», déplore M. Lapointe.

Dix jours auparavant, un autre incendie avait nécessité l’intervention des pompiers, cette fois-là tout près d’un conteneur. Toutefois, il ne semble pas qu’il soit possible de relier ces deux événements pour l’instant.

Lors de l’incendie, M. Lapointe était sur le point de finaliser son projet de centre agrotouristique, sur lequel il planche depuis plusieurs années. Un projet qu’il n’a pas mis de côté bien au contraire. «J’ai été retardé tout simplement», lâche-t-il.

D’ailleurs, il fourmille d’idées. Il veut notamment développer la filière des produits forestiers non ligneux comme les champignons et les plantes médicinales. D’autres projets sont sur la table. «On développe d’autres sections de l’entreprise. En temps et lieu, on va les présenter.»