La pataugeoire du parc Jean-Béliveau a dû être fermée samedi à la suite d'un geste de vandalisme.

La pataugeoire du parc Jean-Béliveau vandalisée

Le parc Jean-Béliveau était très fréquenté samedi, à l'occasion de la fête du district Marie-de-l'Incarnation.
Le conseiller du district Marie-de-l'Incarnation et candidat à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.
Alors que le conseiller municipal du secteur et candidat à la mairie, Jean-François Aubin, avait promis d'offrir l'accès à la pataugeoire aux personnes voulant se rafraîchir, un incident malheureux a forcé sa fermeture.
Une bouteille en verre cassée a été trouvée dans la pataugeoire, obligeant la Ville à vider l'eau du bassin pour faire un grand nettoyage.
Jean-François Aubin déplorait samedi ce geste de vandalisme qui a privé plusieurs dizaines d'enfants, dont plusieurs proviennent d'un milieu défavorisé, d'une baignade. 
«C'est triste, surtout qu'il fait beau et chaud», soulignait M. Aubin en après-midi samedi. 
Une équipe de la Ville de Trois-Rivières était justement sur place en après-midi samedi pour vider la pataugeoire avec comme objectif de faire le nettoyage et le remplissage rapidement pour permettre à des enfants de s'y baigner. Toutefois, le nettoyage n'a pas été terminé à temps pour ouvrir le bassin à la baignade. 
Le conseiller du district voulait offrir l'accès à la pataugeoire aux résidents, alors que de nouveaux tarifs sont en place pour ce bassin destiné aux enfants.
Rappelons que la Ville a adopté une nouvelle grille tarifaire pour les piscines municipales, ce qui inclut des pataugeoires. Si les enfants de sept ans et moins entrent gratuitement, ceux âgés de 8 à 17 ans paient 2,75 $, mais entrent gratuitement avec un adulte.
Les 18-54 ans doivent payer 3,25 $ et les 55 ans et plus, 2,75 $. Les passes de mi-saison valides du 17 juin au 22 juillet, puis du 23 juillet au 27 août, sont disponibles à 19 $ pour les 8 à 17 ans. Les 18-54 ans paient 27 $ et les 55 ans et plus, 19 $.
La Ville doit toutefois revoir cette tarification pour les pataugeoires, qui sont différentes des piscines. Un point à l'ordre du jour du conseil municipal de lundi soir prévoit toutefois la diminution de 50 % des tarifs pour ces équipements. 
«Ça ne règle toutefois pas vraiment le problème», estime Jean-François Aubin.
«Pour certaines familles, ça va aller, mais pour les familles plus défavorisées ça deviendrait un problème avec un été où il y a plusieurs canicules. [...] Quand tu calcules chaque sou pour ton loyer et pour manger, là il y a un problème et la tarification fait une différence. La diminution des tarifs est un pas dans la bonne direction. Mais il faut réfléchir et trouver d'autres solutions.»
Yvana Labouba et son conjoint Wisi Ossavu avec leurs deux enfants.
Marie-Christelle Héroux
Une tarification qui passe mal
Le Nouvelliste est allé samedi à la rencontre de familles qui fréquentent le parc Jean-Béliveau. Et elles sont toutes unanimes. Elles trouvent que cette nouvelle grille tarifaire privera des enfants défavorisés d'un lieu pour se rafraîchir. Ces citoyens se sont bien sûr prononcés sur les tarifs annoncés et non sur la version modifiée de la grille qui doit être adoptée lors du conseil municipal de lundi soir. 
«C'est ridicule, car c'est le même prix que la piscine de l'Expo alors que c'est une pataugeoire pour enfants», lançait Roxanne Grenier, une mère de famille rencontrée sur place. «Nous sommes dans un milieu défavorisé et ce n'est pas tout le monde qui a de l'argent. Mes neveux viennent ici se baigner tout l'été et ma tante a cinq enfants. Ça vient que ça coûte cher.»
«Je trouve ça vraiment dommage, car nous sommes dans un quartier défavorisé», soulignait d'emblée Yvana Labouba «Mes enfants fréquentent le CPE Premier Pas tout juste à côté et ils viennent au parc pour profiter des infrastructures d'eau. Mais là, ils ne viendront sûrement plus avec leur groupe parce qu'il faudra demander aux parents de payer.»
«Déjà que les infrastructures en place ne sont pas super attrayantes, si en plus on paye, on s'entend que ça vient d'exclure une partie des gens», ajoutait son conjoint Wisi Ossavu.
Marie-Christelle Héroux fréquente régulièrement la pataugeoire du parc Jean-Béliveau avec ses trois enfants. Elle déplorait la décision de la Ville d'imposer des tarifs, car cela aura comme conséquence, croit-elle, de faire baisser l'achalandage du bassin du parc. 
Une autre maman abondait dans le même sens. Même si Joanie Boutin n'habite pas près du parc Jean-Béliveau, elle estime que la nouvelle tarification n'a pas lieu d'être pour une pataugeoire. Elle avoue toutefois que ses enfants apprécient davantage les jeux d'eau que la pataugeoire.
Des jeux d'eau?
À l'instar de Mme Boutin, les parents rencontrés lors de la fête du district Marie-de-l'Incarnation sont unanimes. Ils estiment tous que l'installation de jeux d'eau au parc Jean-Béliveau serait une très bonne idée.
Cela permettrait aux enfants de se rafraîchir gratuitement et de bien s'amuser. Consciente que ces équipements sont très populaires, la Ville de Trois-Rivières aménage plusieurs jeux d'eau sur son territoire ces dernières années. Le conseiller du secteur, Jean-François Aubin, indique toutefois que le parc Jean-Béliveau ne fait pas partie des endroits ciblés à court terme pour installer ce type de jeux. 
«J'ai parlé cette semaine au directeur des Loisirs pour des jeux d'eau. Présentement, si tu n'es pas capable de payer, reste chez vous, c'est ça que ça veut dire. Pour l'instant il n'y en a pas de planifié au parc Jean-Béliveau, mais c'est quelque chose qu'il faudrait prévoir», estime M. Aubin qui revient sur la controversée question des jeux d'eau à l'Amphithéâtre Cogeco dont le coût doit s'élever à 1,5 million $.
«Si on prenait cet argent pour en mettre dans les parcs, sans insister sur ça, on aurait de quoi pour en faire.»