À la fin de leur quart de travail, lundi après-midi, les employés de la Maison Olivier étaient invités à se laisser gâter par la Pat Pat Patrouille de la santé de Shawinigan.
À la fin de leur quart de travail, lundi après-midi, les employés de la Maison Olivier étaient invités à se laisser gâter par la Pat Pat Patrouille de la santé de Shawinigan.

La Pat Pat Patrouille offre du réconfort

Shawinigan — Depuis le début de la crise de la COVID-19, un petit groupe de citoyens de Shawinigan multiplie les initiatives pour apporter un peu de réconfort aux travailleurs de la santé. Lundi, les membres de la Pat Pat Patrouille se sont déplacés à la Maison Olivier à la fin des quarts de travail de 8 h, 15 h 30 et minuit pour offrir muffins et café au personnel.

Les premiers balbutiements de ce regroupement remontent à l’organisation d’une activité qui avait fait pas mal de bruit, le 3 avril. À ce moment, Carolyne Milette et Patrice Bourassa avaient obtenu l’appui de la Ville de Shawinigan pour organiser un défilé de voitures pour remercier les employés de l’hôpital régional. Des centaines de véhicules avaient participé à cette activité, grâce à la magie des réseaux sociaux.

La Pat Pat Patrouille s’est ensuite formée avec l’ajout de Patrick Champagne et de Mélanie-Marie Diamond. Leur action a alors surtout été consacrée à la cueillette du matériel de protection pour le personnel du Centre d’hébergement de soins de longue durée Laflèche, en plein cœur de la crise à ce moment.

Elle a aussi organisé un lave-auto le 2 mai grâce à l’initiative du cinquième membre, David Grenier. Les profits ont été utilisés pour acheter beignes et café pour le personnel du Centre d’hébergement Saint-Maurice, cinq jours plus tard. Lundi, la Pat Pat Patrouille récidivait avec la même formule, cette fois grâce à la collaboration de la Brûlerie Saint-Maurice et de la Pâtisserie Le Palais.

«On est juste des citoyens normaux qui ont décidé de se lever le derrière pour les travailleurs et les travailleuses de la santé», résume Mme Diamond.

«On parle beaucoup avec les filles. On trouve ça important d’être là pour les écouter. Elles vivent des drames humains qui ne sont pas faciles. Par exemple, on nous appelle pour nous dire qu’une telle patiente est morte la nuit dernière et que ça a été vraiment dur... Elles ont joué un peu le rôle de la famille. Nous avons donc embarqué parce qu’on voulait aider, on voulait que quelque chose se fasse.»

De gauche à droite: Caroline Nadeau (Brûlerie Saint-Maurice) accompagne trois des cinq membres de la Pat Pat Patrouille. Il s’agit de Patrick Champagne, Mélanie-Marie Diamond et David Grenier.

En avril, ces bénévoles n’avaient pas caché leur déception après avoir remis plus de 500 masques N95 pour le personnel du CHSLD Laflèche. Ils avaient appris que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie - Centre-du-Québec avait placé tout ce matériel sous clé, le temps d’en faire la vérification. Mme Diamond aurait apprécié que ces masques soient rapidement distribués au personnel du CHSLD Laflèche, qui tirait le diable par la queue à ce moment.

«Nous avons quand même du cœur parce qu’on recommence!», sourit Mme Diamond, qui ne compte pas les heures malgré une maladie des os. «Si des entreprises veulent nous aider, on manque encore de masques bleus. On ne prend plus de N95, parce que nous avons eu une mauvaise expérience. Mais nous cherchons aussi des gants. Dans les établissements, il y a surtout des modèles larges ou extralarges, même si des filles ont des petites mains!» La Pat Pat Patrouille recherche donc des gants de petite taille ou de format moyen.

La fabrication de masques pour le personnel de la santé et des centres de la petite enfance occupe beaucoup de leur temps. Même les enfants ne sont pas oubliés.

«On leur fait des masques avec des motifs, pour les inciter à les mettre», explique Mme Diamond. «C’est difficile pour les adultes, alors imaginez pour les enfants!»

La porte-parole a convaincu ses parents de mettre la main à la pâte. Son père Michel, qui lutte contre un cancer, confectionne une dizaine de masques par jour.

La Pat Pat Patrouille n’a pas établi de calendrier précis, mais tant que les commerçants voudront l’encourager, les membres se proposent d’offrir de petites douceurs au personnel infirmier et aux préposées aux bénéficiaires de diverses résidences du territoire pour les remercier de leur dévouement.

«On va essayer d’en faire plusieurs», assure Mme Diamond. «Nous embarquons dans tout ce qu’on peut!»