La parole aux candidats

Du 23 au 25 octobre, l’équipe de la rédaction du Nouvelliste a reçu en entrevue éditoriale les trois candidats à la mairie de Trois-Rivières. Chacun d’eux a répondu à des questions élaborées par l’équipe du journal. Nous vous présentons aujourd’hui, samedi et lundi le compte-rendu de ces entrevues.

Q. Est-ce que la Ville de Trois-Rivières devrait obliger les corporations paramunicipales à dévoiler publiquement leurs états financiers?

Jean-François Aubin: C’est évident. Ces corporations vivent principalement avec l’argent des contribuables de Trois-Rivières. C’est normal qu’on puisse voir où va notre argent. De ne pas les rendre accessibles fait juste alimenter la méfiance. 

André Bertrand: Les états financiers doivent être divulgués au public et aux médias. C’est important, nous payons des taxes et la Ville envoie des fonds à ces corporations.

Yves Lévesque: Les élus ont accès à tout ça. Ça changerait quoi qu’on les rende disponibles au public? Ces organismes sont subventionnés à 20 % au maximum par la Ville, à l’exception de la STTR. Si on subventionnait à 100 %, je serais bien d’accord que ce soit public. Mais ce n’est pas à moi, l’organisme. 

Yves Lévesque

Q. L’accès à l’île Saint-Quentin doit-il être gratuit?

Jean-François Aubin: Oui, mais avec quelques principes. Oui aux citoyens et citoyennes de Trois-Rivières. J’ai proposé une carte citoyenne qui donne des privilèges, dont celui de l’accès gratuit à l’île. Ça permet de garder un certain contrôle sur l’entrée de l’île et d’amasser un peu de revenus par les non-résidents. 

André Bertrand: Non, d’aucune façon. On perdrait 300 000 $ par année. Il y a des choses plus importantes que la gratuité à l’île Saint-Quentin. Par contre, les citoyens de Trois-Rivières pourraient payer moins cher que les visiteurs de l’extérieur.

Yves Lévesque: Il n’y a rien de gratuit, il y a quelqu’un qui paie au bout du compte. Moi j’ai amené l’option de dire que l’accès à l’île devrait être gratuit, mais que tout ce qui est thématique devrait être payant. Si on met une tarification à l’île, il faut bonifier l’offre. 

Jean-François Aubin

Q. Outre vous, qui ferait le meilleur maire parmi les autres candidats?

Jean-François Aubin: Je n’ai pas de doute que ça prend un changement à l’hôtel de ville. Ça fait seize ans et on roule sur le passé. M. Lévesque n’a pas de programme. Son temps est fait et il faut passer à autre chose. Même si je ne trouve pas que ce soit le choix idéal, ce serait donc M. Bertrand. 

André Bertrand: En 2013, je n’ai pas voté pour M. Lévesque, j’ai voté pour Marcelle Girard. Je ne voulais pas Sylvie Tardif non plus. En 2017, j’annulerais mon vote. Je ne voudrais sûrement pas de M. Aubin.

Yves Lévesque: Je ne répondrai pas à ça.

André Bertrand.

Q. Quelle est la place des personnes âgées dans votre programme électoral?

Jean-François Aubin: Les aînés veulent avoir des bons services de base. Il faut améliorer et rendre accessibles ces services. Par exemple, il y a combien de rues à Trois-Rivières où aucun des trottoirs n’est déneigé? On a cessé le déneigement dans un souci d’économie. Le fond était bon, mais je pense qu’on a été trop loin. 

André Bertrand: Je ne prévois rien pour les aînés dans mon programme électoral.

Yves Lévesque: On supporte beaucoup nos aînés à travers les différents organismes et associations. On les supporte dans leurs demandes, financièrement. On a aménagé des jeux de pétanque, des jeux intergénérationnels. Quoi de mieux que des projets initiés par les gens qui en ont besoin et que nous pouvons supporter. 

Q. La Ville de Trois-Rivières doit-elle s’opposer aux forages et à la fracturation dans le cadre de projets pétroliers et gaziers sur son territoire?

Jean-François Aubin: Oui sur son territoire. On n’a pas un territoire propice à ça. On a beaucoup de cours d’eau qui se jettent dans le Saint-Maurice, et c’est notre prise d’eau principale. La moindre contamination et nous serions dans le trouble. À la grandeur du Québec, ce n’est pas ça qu’on doit prioriser. 

André Bertrand: Absolument! Le pétrole est un produit polluant. Si on arrête la fracturation, on n’aura pas le choix de se tourner vers le lithium, l’hydrogène, des énergies plus propres. C’est certain que je m’y opposerais. 

Yves Lévesque: On verra ce que le ministère va faire là-dedans. Ce n’est pas un dossier municipal. La ligne, désormais, sera que quand c’est un dossier provincial ou fédéral, on sera contre. On dit: c’est votre responsabilité, alors assumez votre responsabilité et imposez-le.