Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
De gauche à droite sur la photo : Geneviève Provost, directrice du service intégration au travail et présidente du ROBSM 04-17, Martine Gauvin, directrice de La Passerelle, association de familles et d’amis sur le territoire de Bécancour-Nicolet-Yamaska, Chantal Leblanc, intervenante chez les Parents partenaires de Trois-Rivières, Pierre-Paul Aveline, agent de développement pour le ROBSM 04-17, Alyson Dargis, intervenante à La Lanterne, Cynthia Leblanc, directrice générale de La Traverse du sentier du territoire Bécancour Nicolet Yamaska.
De gauche à droite sur la photo : Geneviève Provost, directrice du service intégration au travail et présidente du ROBSM 04-17, Martine Gauvin, directrice de La Passerelle, association de familles et d’amis sur le territoire de Bécancour-Nicolet-Yamaska, Chantal Leblanc, intervenante chez les Parents partenaires de Trois-Rivières, Pierre-Paul Aveline, agent de développement pour le ROBSM 04-17, Alyson Dargis, intervenante à La Lanterne, Cynthia Leblanc, directrice générale de La Traverse du sentier du territoire Bécancour Nicolet Yamaska.

La pandémie exacerbe les demandes en santé mentale [ARTICLE AUDIO] 

Rosie St-André
Rosie St-André
Le Nouvelliste
Article réservé aux abonnés
Les effets de la pandémie sur la santé mentale se font sentir autant auprès de la population que chez les intervenants membres du Regroupement des organismes de base en santé mentale ROBSM 04-17. L’anxiété et la détresse psychologique ayant augmenté, la demande en services de soutien est également en hausse.

Le Centre de prévention du suicide Accalmie (CPSA) a noté une augmentation de 20 % de ses demandes dans la dernière année. «Il y en a qui étaient en état d’équilibre qui ont vécu de la détresse avec les menaces de la pandémie, alors que la situation de ceux qui étaient déjà en détresse s’est aggravée», a souligné le directeur général du centre, Patrice Larin.

Chez Parents partenaires, les situations familiales plus difficiles ont été soulevées. Les enfants vivant avec des troubles anxieux ou des troubles obsessionnels compulsifs se sont vu confrontés à une hausse de leurs symptômes. Avec le confinement et le télétravail, il s’est avéré plus complexe pour les parents de gérer la situation.

«Certains n’étaient pas prêts à répondre à ces besoins particuliers à question de cinq jours par semaine. La désorganisation engendrée par la crise a amené ces situations à un autre niveau de manière plus intense, qui a nécessité une plus grande aide de la part des organismes», a émis la directrice de Parents partenaires, Louise Garceau.

Les parents doivent aider leurs enfants dans ce genre de situations, mais parfois, il s’agit plutôt du contraire. L’organisme La Lanterne qui vient en aide à l’entourage des personnes souffrant de problèmes de santé mentale s’est penché sur le cas des enfants pendant la pandémie.

«Certains prennent les responsabilités de s’occuper de leurs parents malades, alors que ça devrait être le contraire. On a donc sorti, au début de la crise, un livre de contes pour enfants qui sert d’outil pour sensibiliser à la maladie mentale et pour amorcer la discussion au sein des familles», a expliqué l’intervenante Alyson Dargis.

Manque de personnel

Cette hausse des besoins au sein de la population a rendu la tâche plus exigeante aux intervenants qui ont dû travailler davantage par manque de personnel au sein des institutions. «C’est difficile de recruter quand les conditions de travail ne sont pas compétitives comparativement à d’autres», d’ajouter Patrice Larin.

Le recrutement se fait moindre chez Parents partenaires également. Les membres de l’administration doivent venir en aide aux éducateurs. «On doit faire du plancher et prendre le rôle d’éducateur. Certains d’entre nous devons faire jusqu’à six ou sept jours par semaine pour répondre à la demande, ce qui engendre un plus grand épuisement des intervenants», a indiqué Mme Garceau. Elle anticipe également les camps de jours qui s’en viennent cet été.

L’adaptation

Ces organismes ont dû se réinventer pour continuer de répondre aux besoins criants en matière de santé mentale. Toutefois, les rencontres virtuelles n’ont pas été optimales pour aider les gens sur le plan psychologique, indique-t-on.

La Traverse du sentier a tenté de soutenir ses membres du mieux qu’il a pu. «Nous avons continué de faire des suivis téléphoniques pour s’assurer de la sécurité des personnes. Présentement, dans notre bâtisse, nous avons quatre places assises, mais les gens ont encore peur de venir en présence. Le virtuel représente tout un défi, puisque certains n’ont même pas accès à du wifi ou à un ordinateur. Il y a aussi un manque d’intérêt», de relever la directrice générale de l’organisme, Cynthia Leblanc.

Cependant, l’équipe de l’organisme a réussi à rejoindre une nouvelle clientèle à travers les réseaux sociaux. «On a créé une chaîne Youtube et une page Instagram. Grâce à ça, on est venus en aide à des gens qui ont aussi subi les contrecoups de la pandémie et qui avaient le mental fragilisé», a rapporté Mme Leblanc.

Dans le cadre de la semaine de la Santé mentale et pour remercier ces travailleurs, une soirée d’humour est organisée à guichets fermés jeudi soir. Les spectacles des humoristes François Bellefeuille et François Gouache seront diffusés en ligne. Des organismes ont même prévu une soirée en présence respectant les mesures sanitaires.

Écoutez cet article en version audio.