Le nouveau conseil municipal de Trois-Rivières a été élu il y a exactement un an.

La paix revenue... pour le moment à Trois-Rivières

Il souffle un vent de calme et de sérénité au-dessus du conseil municipal de Trois-Rivières depuis un an, du moins en surface. Au lendemain de l'élection du 3 novembre 2013, les deux seuls conseillers du Groupe des sept à avoir survécu au vote, Marie-Claude Camirand et André Noël, reconnaissaient autant que le maire que la population les «obligeaient» à devoir s'entendre et travailler ensemble.
L'année qui vient de passer contraste ainsi en tous points aux quatre années qui ont précédé et qui ont vu naître une opposition féroce autour de la table du conseil, opposition qui se sera, probablement malgré elle, tirée dans le pied en ne concentrant pas toutes ses forces derrière un seul candidat à la mairie.
Devant ce message clair de la population, il semble que le message ait été entendu et que toute volonté de former une opposition facilement identifiable sommeille désormais, sans pour autant être morte.
Car il ne faut pas se conter d'histoires: Yves Lévesque n'a pas pour autant, autour de la table du conseil, seize conseillers dociles et vendus à sa vision de manière pleine et entière. Mais la chicane sur la place publique a fait place au consensus, au compromis et à la discussion derrière les portes closes... jusqu'à preuve du contraire.
On a notamment pu le voir dans le dossier de la station d'essence dans le secteur Chavigny. Il y eut un temps où Yves Lévesque aurait pu considérer ce dossier comme de l'opposition systématique d'un membre du conseil municipal, et mener la bataille jusqu'au bout, quitte à se faire accuser de ne pas écouter sa population au profit d'un investisseur.
Or, l'opposition citoyenne aura eu raison de ce projet qui est maintenant mort et enterré. Une ouverture et une écoute de la part du maire et de tous les conseillers qui a été accueillie avec une agréable surprise de la part de la population. C'est tout à l'honneur du présent conseil, et ça dénote le ton qui prévaut actuellement autour de la table.
Mais Yves Lévesque ne doit pas compter sur cette paix comme étant acquise et durable. Il devra continuer à démontrer cette ouverture s'il désire que la paix règne pour quatre ans. Un dossier comme la fluoration de l'eau potable, pour lequel on sent encore une forte contestation citoyenne, pourrait rejaillir et même inciter des conseillers s'étant jadis rangé derrière le maintient de la mesure à revoir leur position.
Les premiers mois de vie de l'amphithéâtre seront également scrutés à la loupe dès l'été 2015. Et bien que la présence annoncée du Cirque du Soleil pour une vingtaine de représentations d'un spectacle exclusif dès 2015 annonce un succès pratiquement assuré en billetterie, c'est dans l'organisation quotidienne et la gestion de l'affluence au centre-ville qu'on verra si les détracteurs avaient raison de s'inquiéter de la venue d'un tel équipement. Sans compter que tout n'est pas réglé avec des contracteurs et que certaines menaces de poursuites planent toujours sur la tête de la Ville, notamment par le Groupe ADF.
La décision quant à l'emplacement du futur colisée se fait elle aussi toujours attendre, alors que le resserrement des mesures budgétaires du gouvernement Couillard n'a rien pour rassurer les principaux joueurs intéressés par ce projet.
Toutefois, Yves Lévesque peut quand même souffler un peu, sachant qu'il a devant lui beaucoup moins de dossiers controversés à devoir régler qu'il en laisse derrière. Reste maintenant à connaître sa réelle volonté de terminer ce mandat de quatre ans, comme il l'avait promis le soir des élections, lui qui se fait courtiser de toutes parts par le fédéral et qui ne cache même plus son intérêt à éventuellement faire le saut.