Le député de la circonscription de René-Lévesque, Marjolain Dufour, la ministre Martine Ouellet, la première ministre Pauline Marois, le président d'Alcoa Canada, Martin Briere, et le vice-président Énergie chez Alcoa Canada, Nicolas Dalmau étaient réunis à Baie-Comeau pour l'annonce de l'entente.

La paix pour l'A.B.I. jusqu'en 2030

Attendue avec impatience par les communautés touchées, une nouvelle entente à long terme d'approvisionnement en électricité a finalement été conclue entre l'aluminerie Alcoa et Hydro-Québec, au plus grand soulagement des quelque 3000 travailleurs concernés.
En octobre 2013, la multinationale américaine avait menacé de fermer ses trois installations québécoises si la société d'État refusait de revoir ses tarifs à la baisse. Les alumineries ont multiplié les appels, l'automne dernier, pour que des ententes conclues en 2008 soient rouvertes afin de tenir compte des fluctuations des cours de l'aluminium.
Alors que les rumeurs d'élections s'intensifient, la première ministre Pauline Marois était présente à Baie-Comeau, hier, pour faire l'annonce de cette entente «majeure». La société d'État renouvellera les contrats d'approvisionnement en électricité d'Alcoa pour les usines de Bécancour et de Deschambault jusqu'en 2030, et pour l'usine de Baie-Comeau jusqu'en 2036. Les parties n'ont toutefois pas précisé les nouvelles conditions tarifaires.
«Je suis particulièrement fière de la conclusion de cette entente qui marque un nouveau départ dans notre relation avec Alcoa, en plus d'assurer la pérennité de ses activités au Québec et le maintien d'emplois de qualité dans nos régions pour une période d'au moins 15 ans», a-t-elle déclaré.
En vertu de cet accord, Alcoa s'engage à procéder à des investissements prévus d'une valeur de 250 millions de dollars au cours des cinq prochaines années dans ses alumineries du Québec afin d'en améliorer leur compétitivité à l'échelle mondiale. Si une somme de 150 millions de dollars est dédiée à Baie-Comeau afin de réaliser notamment la réfection du centre de coulée, le reste est partagé entre Bécancour et Deschambault.
«Pour l'Aluminerie de Bécancour, les 50 millions de dollars vont servir au four à cuire, au système informatique de gestion des cuves et à la tour de refroidissement», a précisé au Nouvelliste Lysane Martel, porte-parole d'Alcoa Canada.
Le gouvernement du Québec et Alcoa se disent résolument tournés vers l'avenir. Dans un contexte où l'industrie de l'aluminium primaire traverse une période difficile, la réouverture de l'entente conclue en 2008 s'avérait nécessaire. Cette nouvelle entente entre Alcoa, Hydro-Québec et le gouvernement du Québec vise ainsi l'engagement par Alcoa de maintenir le niveau d'emploi et une formule tarifaire améliorée pour soutenir la compétitivité des trois usines et pour mieux tenir compte des conditions actuelles du marché.
L'entente prévoit également la poursuite des activités d'innovation du Centre d'excellence du Groupe mondial produits primaires d'Alcoa à l'aluminerie de Deschambault, notamment dans le domaine de la transformation de l'aluminium.
Il y aura aussi la réalisation d'une étude de faisabilité par Alcoa, qui misera sur les avantages du site de Baie-Comeau en vue de concrétiser un projet de production d'aluminium à valeur ajoutée, ce qui placerait cette usine à l'avant-garde de la future demande d'aluminium pour les véhicules électriques.
«Notre gouvernement mise sur sa stratégie d'électrification des transports pour mobiliser de nombreux acteurs, tels qu'Alcoa, autour d'une vision ambitieuse et porteuse pour l'avenir», souligne Pauline Marois.
«Nous voulons utiliser cette nouvelle entente comme tremplin pour faire du Québec un leader mondial des transports électriques. L'entreprise fournira son savoir-faire pour la conception de véhicules allégés grâce à l'aluminium, en participant entre autres au développement et à la croissance de projets parrainés par nos centres d'expertise», renchérit-elle.
Selon Bob Wilt, président d'Alcoa Groupe Produits primaires mondial, l'entente aidera Alcoa à abaisser son positionnement sur la courbe des coûts mondiaux de l'aluminium tandis que l'optimisation du centre de coulée de l'Aluminerie de Baie-Comeau permettra de mieux répondre à la demande croissante d'aluminium destiné au marché de l'automobile nord-américain.
Pour le président d'Alcoa Canada Groupe Produits primaires, Martin Brière, «cette entente représente un nouveau départ pour nos alumineries québécoises et nous remercions la première ministre et son équipe pour leur vision et leur engagement à l'égard d'Alcoa, de nos employés et des intervenants locaux».
«Les installations d'Alcoa au Québec peuvent maintenant se consacrer à répondre à la demande croissante pour l'aluminium à l'échelle mondiale et continuer à produire d'importantes retombées économiques pour la région», a-t-il affirmé.
«Cette entente s'avère bénéfique tant pour le Québec que pour Alcoa, qui réitère ainsi son engagement à long terme avec le Québec. Avec 4,7 milliards de dollars d'exportations en 2012, l'aluminium primaire est un moteur économique majeur. L'entreprise Alcoa représente plus du tiers de la production québécoise d'aluminium; il est donc essentiel d'assurer la poursuite de ses activités. Et, avec cette entente, c'est exactement ce que nous faisons», conclut Pauline Marois.