Mgr Martin Veillette, évêque émérite du diocèse de Trois-Rivières.

La Noël toute humble de Mgr Veillette

L'ancien évêque de Trois-Rivières, Mgr Martin Veillette, ne cache pas qu'il a franchi, il y a quelques semaines, le cap des 80 ans. Non seulement ne fait-il pas son âge, mais «ma santé est encore très bonne», assure-t-il. À preuve, celui que beaucoup appellent amicalement «Martin», se sent en assez bonne forme pour aller dire trois messes de Noël, dans la région de La Tuque. Mgr Veillette se rendra d'abord à Grande-Anse, pour la messe de 19 h, puis à La Bostonnais pour la messe de 22 h. «C'est à un quart d'heure à peine de La Tuque», fait-il valoir. Le 25 décembre, il célébrera aussi une messe à 10 h 30 en l'église de Saint-Zéphirin. «J'ai un mois de différence avec le pape François», fait-il valoir fièrement «et il se démène lui aussi», plaide-t-il.
Il faut dire que Mgr Veillette connaît bien le coin. Il a beaucoup de parenté à La Tuque, dont quatre de ses frères et plusieurs cousins et cousines avec qui il souhaite partager ce temps de réjouissances par la même occasion. «Du 24 jusqu'après le jour de l'An, je serai à La Tuque. Ça me permet de visiter la famille», mentionne-t-il.
D'un même élan, il veut aussi apporter du renfort à Marc Lahaie qui est le seul prêtre de ce secteur.
Mgr Veillette, qui fut évêque du diocèse de Trois-Rivières de 1996 à 2012, partira donc en fin d'après-midi, samedi «pour faire une première célébration à Grande-Anse, à 19 h. C'est une petite église en pleine campagne sur le bord de la rivière», dit-il, un style d'endroit qui lui plaît beaucoup. «Ça a son charme», fait-il valoir.
«Dans ce coin-là, il y a des gens qui ont un chalet et qui n'habitent pas là à l'année longue. Comme ça se sait qu'il y a une messe le soir du 24, il y a des gens qui viennent d'un peu partout en plus des gens de Grande-Anse même», explique-t-il.
Ce n'est pas la première fois que l'évêque émérite célébre des messes de Noël au nord de la Mauricie. Les autres années, il se rendait à Lac-à-Beauce. Toutefois, Marc Lahaie et lui ont décidé de changer de place, cette année. «Je voulais donner la chance à Marc d'aller à Lac-à-Beauce de temps en temps», dit-il.
Pas de chauffeur pour monseigneur malgré la longue route à parcourir et les conditions hivernales parfois difficiles. «J'ai encore mon permis de conduire», lance-t-il à la blague. «Je connais bien la route et j'ai fait ça souvent», fait-il valoir en ajoutant que ce sont d'ailleurs des implications comme celles-là, dans la communauté, qui le gardent en forme.
Son implication sera d'autant plus appréciée, dans ces petites communautés rurales, que «l'église Marie-Médiatrice n'est plus là et le 24, il y avait 400 personnes», raconte-t-il. «On suppose que ces personnes, cette année, vont se répartir ailleurs, soit à Lac-à-Beauce, soit à La Bostonnais même s'il y aura une première célébration à La Tuque, à Saint-Zéphirin, à 19 h», dit-il.
Mgr Veillette explique qu'il s'implique régulièrement dans diverses paroisses, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, Saint-Prosper, Saint-Stanislas et Sainte-Geneviève-de-Batiscan depuis quatre ans. Il croit qu'il a hérité de la vitalité son père, décédé à 92 ans. «Une vie assez régulière» y fait aussi pour beaucoup, analyse-t-il. Et puis Mgr Veillette croit que s'occuper, c'est la santé. Il n'hésite donc pas à participer à des soupers de Noël, à faire des mariages, des baptêmes ou des funérailles, une quarantaine dans l'année, précise-t-il, sans compter les messes dans les paroisses. «Ça me permet de me maintenir en forme.»
L'idée qu'un évêque émérite desserve désormais les petites communautés vient beaucoup du fait que sa santé le lui permet, explique-t-il en toute humilité. Peu d'évêques le font à leur retraite, dit-il, car la plupart y arrivent épuisés. Ce qui fait la différence, c'est de ne plus avoir la responsabilité du diocèse, explique-t-il.
«On est plus libre, plus dégagé, moins stressé. Alors on peut s'occuper de toutes sortes d'affaires», dit-il.
«Comme j'ai été curé de paroisse avant d'être évêque, faire du ministère en milieu paroissial pour moi, ce n'était pas une découverte», ajoute-t-il.
Il aime adopter les petits milieux ruraux «parce qu'ils n'ont pas beaucoup de ressources humaines. Il faut faire attention à ces milieux-là car il y a des gens qui veulent vivre et aussi pratiquer la foi chrétienne qu'ils ont. Ces milieux-là ont des besoins aussi. Il ne faut pas les oublier», estime Mgr Veillette.