Ghyslain Parent

La neutralité ou rien, plaide le professeur Ghyslain Parent

Pour Ghyslain Parent, le débat sur la laïcité de l'état peut se résumer en deux phrases. «Au Québec tous les individus obéissent aux mêmes lois, et ce, peu importe leur religion. Et la religion des uns ne doit jamais devenir la loi des autres».
C'est ainsi que le professeur en sciences de l'éducation à l'UQTR a amorcé son témoignage à la commission parlementaire sur la Charte sur la laïcité de l'état, en fin d'après-midi mercredi.
M. Parent a surtout voulu concentrer son argumentaire sur la présence de signes ostentatoires dans les institutions scolaires, un milieu qu'il connaît particulièrement bien.
«Le Québec a fait le choix de bannir de l'école et des garderies l'enseignement religieux. Le fait de porter un costume ou un signe religieux porte un message en soi», signale-t-il, précisant que les enseignants et éducatrices sont des personnes en autorité qui ont une influence majeure sur les enfants, «des personnes très vulnérables».
Le professeur de l'UQTR a usé de quelques exemples puisés de témoignages reçus pour illustrer ses propos.
Questionné par le ministre Bernard Drainville sur son ouverture à voir les normes dictées par la charte, sur le port de signes ostentatoires, s'étendre jusqu'aux cégeps et universités, Ghyslain Parent s'est dit ouvert à ce que cette interdiction s'étende à tout le milieu de l'éducation, peu importe le niveau.
«On ne peut pas faire cohabiter ensemble des dogmes religieux, quand l'un dit qu'il faut aimer ses ennemis et que l'autre dit qu'il faut tuer ses ennemis. Pour qu'il y ait neutralité de l'état, il doit y avoir aussi apparence de neutralité. Pour moi, il ne peut pas y avoir d'apparence de neutralité religieuse si les gens portent des signes ostentatoires», ajoute M. Parent.
Ce dernier s'est d'ailleurs dit très peiné de voir le sort qui avait été réservé à la députée libérale devenue indépendante cette semaine, Fatima Houda-Pépin. «J'aimerais ça qu'on l'écoute», a-t-il fait savoir.
À la sortie de sa comparution, M. Parent s'est dit satisfait de la présentation, même si à plusieurs reprises le protocole de déroulement a forcé le président de la commission à lui couper la parole pour respecter le temps réservé à chaque partie présente.
«Je pense que le message est logique. Les gens croient à la neutralité. C'est au gouvernement de trancher. Le ministre Drainville fait du très bon travail. C'est un premier pas, mais le travail qui a été apporté va permettre d'avoir des balises très claires, permettant de dire aux employeurs et aux employés ce qu'on attend d'eux», a-t-il déclaré en entrevue.