Les brise-glaces de la Garde côtière canadienne ont réussi à libérer le chenal du lac Saint-Pierre. La navigation a pu reprendre hier.

La navigation reprend sur le fleuve

La navigation a repris sur le fleuve Saint-Laurent. Le travail des brise-glaces de la Garde côtière canadienne a finalement permis de libérer le chenal du lac Saint-Pierre. De nombreux navires ancrés à Trois-Rivières ont pu reprendre la route hier vers les ports de Sorel-Tracy et de Montréal.
«Le lac Saint-Pierre est dégagé», annonçait hier Jacques Paquin, le vice-président marketing et développement des affaires du port de Trois-Rivières.
«Ça circule maintenant normalement sur le fleuve», ajoutait de son côté Nathalie Letendre de la Garde côtière canadienne.
Le président de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central était soulagé hier que la navigation reprenne son cours. «C'est parti», lançait d'emblée le capitaine Michel Fortin. «Nous revenons dans des conditions de navigation hivernales normales. Les affaires reprennent normalement.»
La région n'avait pas vu autant de navires en attente - sept bateaux étaient coincés dans les eaux du fleuve devant Trois-Rivières lundi -, depuis 1993. «Mais en 93, la situation avait duré près de deux semaines», se souvient M. Fortin.
Pendant ce temps, l'arrivée du premier navire de l'année est encore une fois retardée. Le Mandarin de Chypre était toujours ancré hier en aval de Québec. La direction des installations portuaires de Trois-Rivières assure toutefois que les navires attendus viendront malgré les retards engendrés par les glaces sur le lac Saint-Pierre.
Rappelons que le froid intense du début d'année avait créé un couvert de glace presque total, entre 90 % et 100 %, entre Trois-Rivières et Sorel. La traverse entre Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola a d'ailleurs été perturbée pendant plusieurs jours.
Des renforts pour libérer le fleuve
La Garde côtière a demandé des renforts pour venir à bout des glaces. L'Amundsen, affecté à ce secteur du fleuve, a obtenu l'aide du Pierre-Radisson, habituellement posté à Québec, et du navire de relève, le Martha L. Black.
«Il fallait à tout prix éviter les embâcles. Lorsque se forment des murs de glaces, cela crée des inondations en plus de perturber la circulation maritime», expliquait Mme Lentendre.
Cette situation inhabituelle a provoqué un jeu de domino qui a obligé de faire appel à un cinquième navire en provenance des provinces atlantiques, le Henry Larsen. Celui-ci navigue actuellement dans le secteur Saguenay-Matane où se trouvait le Desgroseillers, mais qui a été dépêché à Québec en remplacement du Radisson... qui est maintenant à Trois-Rivières.
Le président de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central estime que la Garde côtière a des ressources plutôt limitées. «La Garde côtière fait aussi l'objet de coupures de la part du fédéral. Et leur flotte vieillit», précise le capitaine Fortin, également pilote du Saint-Laurent.
Les glaces toujours sous surveillance
Les glaces maintenant libérées descendent le fleuve vers Québec. La Garde côtière demeure vigilante, même si les risques d'embâcles ne sont pas les mêmes à Québec que dans le secteur du lac Saint-Pierre. «À Québec, il y a les marées qui aident à garder les glaces en mouvement, et plus en aval le fleuve est suffisamment large pour empêcher la formation d'embâcles», conclut la porte-parole. «Nous surveillons la situation de près partout.»
La saison a débuté tôt pour la Garde côtière. Les glaces perturbent aussi les activités de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout depuis une semaine. Vendredi, un traversier qui assure le lien entre Québec et Lévis est demeuré prisonnier des glaces une troisième fois depuis le 26 décembre.
Avec la collaboration du Soleil.