La murale Ovide Rocheleau de la rue Hart sera préservée par les nouveaux propriétaires du terrain, qui prévoient une construction qui la mettra en valeur.

La murale sera préservée

TROIS-RIVIÈRES — La désormais célèbre murale découverte par hasard sur la rue Hart au mois de décembre dernier, lors de la démolition de l’ancien bar Monkey, sera bel et bien préservée et mise en évidence par les nouveaux propriétaires. C’est du moins ce qu’a confié au Nouvelliste l’un des nouveaux acquéreurs du terrain, dont la transaction se finalisera sous peu chez le notaire.

«Ce qui est sûr, c’est que c’est dans notre intention de la garder et de la mettre en valeur. C’est pour nous une très belle opportunité», a mentionné François Sansfaçon Hamel, un homme d’affaires originaire de Trois-Rivières et qui travaille maintenant à Montréal. L’homme s’est associé à Gestion Arista, un autre groupe d’investisseurs qui possède déjà un parc immobilier important à Trois-Rivières et qui souhaite continuer le développement sur cette partie de la rue Hart, tout en conservant la fresque qui a tant fait parler d’elle depuis le mois de décembre.

On se souviendra que la Ville avait cédé pour un dollar le bâtiment et le terrain du bar le Monkey, en raison de défaut de paiement de taxes municipales. Le lot avait été cédé à des investisseurs trifluviens qui s’étaient engagés à compléter la démolition du bâtiment devenu dangereux, et qui prévoyait reconstruire sur ces terrains. Or, des changements de plans sont survenus et ils ont procédé à la démolition, mais cette fois dans le but de revendre le terrain.

Or, lors de la démolition, une découverte inattendue s’est produite, soit celle d’une murale publicitaire d’un commerce ayant déjà occupé le bâtiment voisin de la rue Hart, les fourrures Ovide Rocheleau. Rapidement, un soulèvement s’est fait sentir dans la population afin de pouvoir conserver ce témoin du passé commercial de Trois-Rivières et qu’il puisse être à la vue des passants. Les nouveaux investisseurs se sont alors montrés intéressés à acquérir le terrain, et une offre d’achat a été conclue.

Lundi après-midi, le comité exécutif de la Ville de Trois-Rivières a approuvé la transaction du terrain, qui devra faire l’objet d’une signature finale chez la notaire Cassy Bernier dans les prochains jours. Selon le responsable des communications de la Ville, Guillaume Cholette-Janson, cette autorisation a pour effet de prolonger les délais proposés aux promoteurs pour compléter une construction sur ce terrain.

«Ce que la résolution exige est que les travaux débutent avant le 30 septembre 2021. Par la suite, ils auront douze mois pour compléter la construction», explique-t-il.

Bien que les plans et les détails entourant la construction ne soient pas encore précisés, François Sansfaçon Hamel mentionne qu’une construction aura bel et bien lieu à cet endroit pour des locaux commerciaux et des appartements locatifs à l’étage supérieur, mais que la construction sera faite en fonction de garder la murale en vue afin que les Trifluviens et les visiteurs du centre-ville puissent continuer de la voir.

«Pour nous c’était aussi une belle opportunité d’investir au centre-ville, parce qu’on sait qu’il n’y a plus beaucoup de terrains disponibles. Si en même temps, on peut préserver ça, c’est un plus et ça devient aussi un attrait pour nos commerces et notre immeuble», explique M. Sansfaçon Hamel, qui se dit fier de pouvoir réinvestir dans sa ville natale avec l’aide de ses partenaires, dont certains occupent déjà une place enviable dans le milieu de la restauration au centre-ville.

Évidemment, l’approbation de la Ville de Trois-Rivières vient avec des exigences auxquelles les investisseurs devront se plier quant aux aménagements et aux normes de construction, des exigences qu’ils se disent prêts à respecter. «On a du travail à faire pour faire les plans et que tout soit conforme aussi en vertu de la transaction et de l’approbation de la Ville, mais je pense bien que les travaux pourraient commencer au printemps 2021», signale l’investisseur.

À la Ville, on explique que les promoteurs pourront être accompagnés dans leur volonté de préserver la murale Ovide Rocheleau.

«Il y aura un accompagnement du service de l’aménagement, car on devine que des mesures de préservation devront être mises en place. Nous avons des architectes et des spécialistes du patrimoine qui pourront les accompagner dans leurs projets», ajoute Guillaume Cholette-Janson.