François Gagnon

La Municipalité ne paierait pas

Saint-Justin — Maintenant que Guylaine Bellemare a avoué sa maladresse dans le dossier de l’entretien d’un terrain, il serait surprenant que la Municipalité de Saint-Justin couvre ses dépenses d’avocat.

La culpabilité de la conseillère municipale semble la clé dans cette affaire. Selon le maire François Gagnon, Saint-Justin n’a pas à payer cette facture qui s’élèvera assurément à plusieurs milliers de dollars.

«Mme Bellemare a avoué ses torts plusieurs fois en public. Avec l’aveu de culpabilité, la Municipalité n’est plus tenue de payer les frais d’avocats. Ce serait la logique des choses, c’est ce qu’on nous a dit au ministère des Affaires municipales. Mais on n’a pas eu encore l’avis de notre procureur et on le rencontre le 22 janvier. C’est lui qui va nous aligner.»

Le nouveau maire de Saint-Justin rappelle toutefois que les admissions de Guylaine Bellemare ont été faites devant la Commission municipale du Québec le 14 novembre, soit neuf jours après l’élection à la suite de laquelle elle a obtenu un nouveau mandat.

«Chronologiquement, c’est dysfonctionnel. Le résultat aurait pu être différent si elle avait dit ça avant. Mais ça appartient à chacun de dévoiler des choses», analyse le maire.

Questionné à savoir si Guylaine Bellemare a toujours la légitimité de représenter les citoyens de Saint-Justin, M. Gagnon répond que la légitimité, c’est la conscience.

«Chacun y va de sa conscience. Je ne suis pas dans la tête des autres. Démocratiquement, elle a remporté l’élection et je n’irai pas contester ça.»

S’il semble surprenant que la Municipalité paie les frais d’avocat de Guylaine Bellemare, elle va payer ceux de Jean-Claude Gauthier qui s’élèvent à 25 000 $.

«M. Gauthier a été blanchi. Il a présenté ses excuses à M. Cousineau (Michel C., qui avait déposé une plainte à la CMQ à propos d’une campagne de salissage menée contre lui) et la Municipalité ramasse la facture. C’est ce qui a été décidé», dit M. Gagnon.

Ce dernier croit toutefois que les élus visés par les requêtes devant la CMQ auraient pu se défendre sans faire appel à un avocat.

«Le pire qu’il peut arriver, c’est trois mois de suspension. Tu perds ton salaire pendant trois mois. Mme Bellemare a une réprimande. Ce n’est rien. Ça n’a pas beaucoup d’impact comparativement aux frais d’avocat engendrés. Mais dans le tourbillon, les gens choisissent bien ce qu’ils veulent. Maintenant, le conseil souhaite passer par-dessus ça, car c’est déchirant. Ce n’est pas de même que tu fais progresser une municipalité, en taponnant avec des frais d’avocat. Il n’y a aucun gagnant. Et avec cet argent, on aurait développé des projets. Ce ne sont pas les besoins qui manquent.»