La politique concernant la mobilité du personnel adoptée par le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne fait pas l’unanimité.
La politique concernant la mobilité du personnel adoptée par le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne fait pas l’unanimité.

La mobilité des travailleurs de la santé, toujours un risque?

Trois-Rivières — Malgré les déclarations du CIUSSS régional d’arrêter la mobilité des travailleurs au sein du réseau afin d’éviter la propagation du coronavirus, de tels mouvements de personnel sont toujours possibles et représentent un réel risque de transmission, selon le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec.

Lundi, le président et directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Carol Fillion, affirmait clairement qu’un travailleur d’un CHSLD ne peut aller effectuer des heures dans un autre CHSLD.

Selon le grand patron du CIUSSS, des gens peuvent quitter un lieu de travail sans COVID-19 et venir aider un CHSLD en raison de la pénurie de main-d’oeuvre. La docteure Lise-Andrée Galarneau, microbiologiste et infectiologue au CIUSSS, ajoutait que l’organisation se base sur les recommandations du ministère de la Santé pour ne pas exiger la mise en quarantaine de travailleurs passant de zones de travail dites chaudes (à risque de contracter le coronavirus) à des zones dites froides (sans risque) si ces derniers utilisent comme il se doit les équipements de protection et ne présentent pas de symptômes.

Selon Pascal Bastarache, le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec, la mobilité toujours permise dans certains cas contribue à propager le coronavirus. Voilà pourquoi il demande l’arrêt de tout déplacement de personnel.

«Je vais laisser le soin à la population de croire que la grande majorité de la propagation est reliée au lavage des mains ou au fait qu’on permet encore le déplacement de personnel à partir de lieux de travail où il y a une absence de COVID vers des CHSLD comme Laflèche ou Mgr Paquin où la situation est critique. Un agent d’intervention en centre jeunesse peut, après son quart de travail, aller travailler comme aide de service au CHSLD Laflèche et revenir le lendemain matin à son travail habituel. Une personne en hygiène et salubrité dans une clinique de dépistage peut, à la fin de son quart de travail, aller travailler dans un CHSLD et revenir le lendemain à son travail habituel. Oui, les déplacements entre CHSLD sont arrêtés. Mais on ne dit pas les exemples de mobilité qui sont encore autorisés.»

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec reconnaît que le déplacement de personnel peut survenir lorsqu’un besoin de bras se fait sentir même si l’orientation de base est d’éviter la mobilité des travailleurs. Ce personnel appelé en renfort est toutefois toujours assigné au même CHSLD et ne doit pas provenir d’un secteur frappé par une éclosion de COVID-19.

Selon le CIUSSS, le port des équipements de protection de façon adéquate, le lavage des mains et la surveillance des symptômes auprès du personnel et des usagers ferment la porte à une possible transmission de la COVID-19.