Des actions devront être prises pour assurer la pérennité des établissements du réseau du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, dont celui de Trois-Rivières.

La mission du Conservatoire est remise en question

Des actions devront être prises pour assurer la pérennité des établissements du réseau du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, dont celui de Trois-Rivières. Un processus de consultation est en cours pour mettre au point un plan de relance qui recentrerait la mission de ces institutions opérant sous l'égide du ministère de la Culture et des Communications.
«On a des problèmes d'équilibre financier qui se perpétuent. On est devant une situation déficitaire structurelle. Le Ministère, en collaboration avec le Conservatoire, travaille à élaborer un plan de relance pour assurer la pérennité. On doit se repenser. La préoccupation est de voir comment relancer les activités du Conservatoire pour assurer sa pérennité», explique le directeur général du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, Nicolas Desjardins.
Le Ministère a publié un document de consultation qui fait état des enjeux et soulève les questions auxquelles les intervenants seront appelés à répondre pour tenter de trouver des pistes de solutions. En marge des problèmes financiers, on remet aussi en question la pertinence actuelle de la mission de l'institution créée en 1943.
Le Conservatoire de musique de Trois-Rivières a été fondé en 1964, et souligne donc cette année ses 50 ans d'existence. D'autres établissements ont pignon sur rue à Montréal, Québec, Val-d'Or, Gatineau, Saguenay et Rimouski. Les conservatoires d'art dramatique de Montréal et de Québec font aussi partie du réseau.
«Les organismes de formation se sont multipliés à tous les niveaux de formation. Ce nouveau contexte, lié à la diminution des demandes d'admission en musique partout dans le réseau, nécessite une réflexion profonde sur la mission du Conservatoire», peut-on lire dans l'introduction du document de consultation.
«La multiplication des organismes de formation tant publics que privés s'observe particulièrement en musique», constate-t-on plus loin, comme pour expliquer la baisse des inscriptions au conservatoire.
Un tableau précise que la Mauricie compte deux écoles primaires et deux établissements secondaires qui offrent des programmes particuliers en musique, en plus du diplôme collégial au Cégep de Trois-Rivières. «Le développement de la formation s'est effectué parallèlement à la baisse démographique. Ces deux facteurs conjugués ont entraîné une diminution de près de 20 % de l'effectif du Conservatoire, principalement à Saguenay, à Trois-Rivières et à Québec», indique le document de consultation.
En ce qui concerne l'évolution des effectifs de 1980 à 2014 au conservatoire de Trois-Rivières, on note que le nombre d'élèves a chuté de 113 à 72, avec une coupure plus marquée entre 1990 et 1994, où on est passé de 108 à 81 élèves. Tous les établissements ont subi une baisse de clientèle en 15 ans sauf celui de Val-d'Or, qui comptait 41 élèves en 1980 et en accueille 60 cette année. En tout, cette année, le réseau réunit 764 élèves en musique et 76 en art dramatique.
Devant ces constats, les intervenants qui participeront à la consultation seront invités à se prononcer sur des questions comme l'accessibilité à la formation, la cohérence de l'offre des programmes, la qualité de la formation offerte, le dépistage des talents, les besoins du marché du travail et la vie artistique régionale. Un rapport rendra compte de ces consultations qui sont suspendues pendant la campagne électorale.
Doit-on s'inquiéter pour l'avenir du Conservatoire de musique de Trois-Rivières? Doit-on envisager la possibilité d'une fermeture pure et simple? «Il est beaucoup trop tôt pour s'inquiéter d'une telle chose. Ce n'est pas l'objectif visé. Tout le monde est conscient du rôle que les conservatoires jouent. Notre rôle est de trouver des talents, de les identifier et leur offrir une bonne formation de qualité», répond Nicolas Desjardins.