Caroline Proulx, ministre du Tourisme du Québec, était de passage en Mauricie, lundi dernier, dans le cadre d’une tournée de consultations devant mener à l’élaboration de la prochaine stratégie québécoise en matière de développement touristique.

La ministre Proulx rencontre les intervenants mauriciens

TROIS-RIVIÈRES — «La fin du monde arrive en 2020», image Caroline Proulx, ministre du Tourisme du Québec, pour illustrer l’échéance du plan stratégique touristique présentement en vigueur. La ministre dit se réjouir de la page blanche qui s’annonce.

C’est pour étoffer une vision concertée, fait-on valoir, que la ministre et son équipe font actuellement une tournée des régions du Québec pour entendre les différents intervenants sur les enjeux auxquels ils sont confrontés.

C’est dans ce cadre que quelques dizaines d’entre eux ont participé à une rencontre de réflexions et d’échanges, lundi matin, au musée Pop de Trois-Rivières. À terme, la démarche de Tourisme Québec culminera en une «stratégie de croissance économique de l’industrie touristique», pour la période 2020-2025.

«Avec toutes les récriminations et les bons coups — parce qu’il y a vraiment des bons coups qui sont faits dans l’industrie —, on va pouvoir prendre chacun des témoignages des entrepreneurs et arriver avec un plan de développement de l’industrie qui va être contemporain», soutient la ministre Proulx.

Se gardant de tirer des conclusions hâtives, la ministre Proulx souligne néanmoins que la question de la pénurie de main-d’œuvre — problématique récurrente s’il en est une — est particulièrement difficile pour le secteur touristique.

Sur cet enjeu précis, la ministre indique qu’une partie de la solution passe par une révision de la fiscalité concernant les aînés. Selon elle, davantage de souplesse en inciterait plusieurs à retourner au travail. Elle dit avoir bon espoir que des mesures en ce sens seront mises de l’avant lors de la présentation du premier budget de son gouvernement, jeudi prochain. «Il y a des gens à la retraite qui souhaiteraient peut-être venir travailler dans notre industrie», avance-t-elle.

Pour la ministre, le secteur touristique possède plusieurs atouts pouvant attirer une main-d’œuvre retraitée. «C’est une belle industrie le tourisme. C’est joyeux, c’est dynamique, c’est jeune, c’est festif, il y a beaucoup de gens qui ont envie de travailler dans cette industrie-là», plaide-t-elle. Au-delà des enjeux liés à l’emploi, la ministre soutient n’en être qu’à la phase consultative et que le prochain plan stratégique sera présenté dans un an. Celui-ci reflétera ce que les principaux concernés auront évoqué à l’occasion de la tournée qui passera par l’ensemble des régions touristiques du Québec, maintient-elle.

Par ailleurs, la ministre dit constater que les milléniaux sont très présents dans la région, tant dans la clientèle touristique que parmi les intervenants de l’industrie. Elle pense que le désir de «décrocher» des technologies, perceptible chez les jeunes, est une avenue à explorer.

Accueil optimiste

Valérie Bourgeois, présidente de Tourisme Mauricie, se réjouit pour sa part de la visite de la ministre. «Quand on veut bâtir une stratégie, c’est beau quand on la bâtit avec les gens qui travaillent au ministère du Tourisme, mais d’avoir le pouls de ceux qui sont moins participatifs dans ces grandes stratégies-là, c’est quelque chose de très rafraîchissant», déclare-t-elle.

La formule de la consultation, où des acteurs de différentes sphères de l’industrie étaient invités à échanger, a particulièrement plu à Mme Bourgeois. Cette mixité a permis de prendre un peu de recul et de se pencher sur les enjeux de manière un peu plus globale, souligne-t-elle.

Son de cloche similaire du côté de Valérie Lalbin, directrice de Tourisme Shawinigan. Celle-ci indique que si les consultations sont monnaie courante dans les démarches d’élaboration de politiques, celle de la ministre Proulx se distingue par son approche de proximité.

Mme Lalbin estime néanmoins que l’arbre sera jugé à ses fruits. «On en est à l’étape de consultation, l’important, c’est la suite», soutient-elle. Elle se dit toutefois optimiste compte tenu de la façon dont les choses ont été lancées. La directrice rappelle d’autre part que le premier ministre François Legault est lui-même issu du secteur touristique. Cela lui fait espérer que la ministre Proulx trouvera chez lui une oreille attentive.

Festival western

Également présent lors de la consultation, Pascal Lafrenière, directeur général du Festival western de Saint-Tite, en était à sa première rencontre avec la nouvelle ministre du Tourisme. Rappelons que le Festival est toujours en attente du rapport d’un comité d’expert sur le bien-être animal. «On n’a pas eu d’écho», indique M. Lafrenière, qui dit que le rapport est dû «quelque part au printemps».

Il explique que l’organisation continue de travailler «avec la bonne conscience de faire les choses dans les règles de l’art, avec la bonne conscience de faire les choses dans le respect de la loi». S’il affirme avoir apprécié l’exercice de lundi, M. Lafrenière précise qu’une rencontre en tête-à-tête avec la ministre reste à venir.

Deux gouvernements, deux stratégies

On se souviendra finalement que l’homologue fédérale de Caroline Proulx, Mélanie Joly, était récemment de passage dans la région pour procéder à une mise à jour de l’avancée de la stratégie canadienne en matière de tourisme. Si Mme Proulx convient que les démarches peuvent être similaires, elle souligne que la ministre Joly est en fin d’élaboration de sa politique. Il n’est donc pas question ici d’arrimer les stratégies. La ministre concède toutefois que des points de convergence risquent d’émerger des deux différentes approches.