De gauche à droite: Michel Angers, maire de Shawinigan, Nancy Déziel, conseillère du district de la rivière, Samuel et Laurianne Bertrand-Perron, fils et fille de Chantal Bertrand, et Andrée Belley, leur grand-mère maternelle.

La mémoire de la fondatrice du Relais pour la vie de Shawinigan honorée

SHAWINIGAN — Les passants qui fréquentent le parc de la rivière Grand-Mère, lorsqu’ils font leur jogging, du vélo ou prennent simplement une marche de santé, remarqueront qu’une plaque commémorative y a été installée, près de l’étang du parc. Cette plaque rend hommage à Chantal Bertrand, une Shawiniganaise qui connaît bien le parc, puisqu’elle y a organisé à de nombreuses reprises le Relais pour la vie de Shawinigan, dont elle est d’ailleurs la fondatrice.

Chantal Bertrand s’est éteinte le 9 janvier 2017, après une longue bataille contre le cancer. Après son décès, un arbre a été planté dans le parc de la rivière Grand-Mère, à sa mémoire, et où ses cendres ont été déposées. Or, comble de malheur, l’arbre en question a été déraciné lors de travaux de réfection du parc. La famille de Mme Bertrand a alors approché la Ville de Shawinigan, qui pouvait difficilement lui refuser sa demande de replanter un arbre à cet endroit: les conseillères Nancy Déziel et Lucie De Bons s’en sont assurées.

«Je connaissais Chantal depuis très longtemps, c’était une amie, même avant que je sois en politique. On se connaissait depuis qu’on a 20 ans. On a eu nos grossesses ensemble et on est restées amies pendant longtemps. Ça aide à prendre une décision, mais c’est surtout la famille qui nous a approchés et qui nous avait fait signe que leur arbre avait été coupé pendant les travaux. Pour nous, c’était une évidence qu’on devait replanter un arbre, et puis Mme De Bons a suggéré qu’une plaque commémorative soit installée et tout le conseil était d’accord avec ça», résume Mme Déziel.  

Ce fut donc chose faite samedi. Une trentaine de personnes, des membres de sa famille, des amis et des proches, ont assisté au dévoilement de la plaque, un moment chargé d’émotions.

«C’est une fierté, une grande fierté. Elle le mérite, c’est sûr. Ça couronne l’accomplissement qu’elle a fait pour le Relais», souligne Andrée Belley, la mère de Chantal Bertrand.
Les enfants de cette dernière étaient également présents. Tous deux étaient ravis de voir la mémoire de leur mère honorée d’une telle façon, surtout après la perte de l’arbre où ses cendres avaient été mises.

«C’est un bel hommage que la Ville lui rend. D’avoir une belle plaque comme ça, elle serait vraiment contente, même si elle trouverait sûrement que c’est trop! Mais elle serait contente d’avoir une place définitive dans ce parc», souligne Samuel Bertrand-Perron.

«C’est vraiment bien pensé et je pense qu’elle serait super fière de voir que tout le monde s’est réuni pour ça, ajoute sa soeur, Laurianne. C’est rassembleur (comme événement) et elle était rassembleuse.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a adressé quelques mots aux personnes rassemblées samedi, peu avant que la plaque soit dévoilée. Il s’est rappelé avoir été impressionné, lors de son arrivée à la mairie de Shawinigan, il y a 10 ans, par l’ampleur de l’implication de Mme Bertrand.

«Elle avait déjà eu un diagnostic de cancer assez sévère, mais elle a quand même continué à s’impliquer, non seulement au Relais pour la vie, mais dans plusieurs autres activités, comme la Guignolée des médias et Opération Nez rouge, souligne-t-il. Elle a même accompagné des personnes en fin de vie, se sachant elle-même malade. Elle avait une seule préoccupation à travers son bénévolat, c’était de poursuivre la recherche pour la lutte contre le cancer. Elle s’est battue jusqu’au dernier moment et c’est pour commémorer sa mémoire et se rappeler sa grande contribution pour les citoyens de Shawinigan qu’on installe cette plaque.»

Au-delà de l’hommage rendu à Chantal Bertrand, la plaque commémorative installée samedi incitera peut-être davantage de personnes à s’impliquer dans leur communauté, d’une façon ou d’une autre. C’est en tout cas ce que souhaite Michel Angers, qui confie qu’une ville comme Shawinigan a toujours besoin de bénévoles, dans tous les domaines. Mais il espère surtout que sa mémoire incitera les gens à ne jamais baisser les bras, comme elle, un message qu’appuie Andrée Belley.

«Si elle pouvait parler aux gens qui s’arrêteront à cet endroit, elle leur dirait de ne jamais lâcher, de ne jamais baisser les bras. Quand elle est partie, elle a dit: je ne baisse pas les bras, c’est mon corps qui ne veut plus», souligne la mère de Chantal Bertrand.

Mme Belley espère également que le message d’amour que sa fille a confié à ses proches sur son lit de mort soit lui aussi propagé. «Elle nous a dit: ‘‘arrêtez de courir après votre vie. Profitez de vos amis, de vos parents, et dites-vous que vous vous aimez. Il faut se le dire.»