La première ministre Pauline Marois et son équipe ont fait des annonces totalisant plus de 110 millions $ au cours de la semaine passée dans la région.

La Mauricie récolte ses fruits, selon Angers

La semaine s'est terminée comme elle avait commencé en Mauricie. En ce vendredi particulièrement fructueux, le gouvernement du Québec a fait pleuvoir 34 millions de dollars sur la région, portant sa contribution hebdomadaire à un peu plus de 110 millions $.
Cette fois, les projets d'approvisionnement en eau potable à Shawinigan et de service d'hémodynamie au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières ont particulièrement retenu l'attention, puisque la contribution provinciale à ces deux initiatives surpasse les 30 millions $.
Le caucus présessionnel du Parti québécois aura produit l'effet recherché par le gouvernement dans la région. Le maire de la ville hôtesse de cette rencontre, Michel Angers, a vraiment goûté à l'opportunité qui lui était offerte.
«C'était une occasion unique, pour une région», reconnaît-il. «J'ai eu un contact privilégié, par exemple en m'entretenant en privé avec Mme (Pauline) Marois, j'ai passé près de 45 minutes avec le ministre (Sylvain) Gaudreault et nous avons échangé sur un paquet d'affaires.»
Sans faire un relevé de toutes les annonces qui ont touché plus directement sa ville, M. Angers ne peut s'empêcher de souligner l'arrivée d'AddÉnergie Technologies, qui investira 21 millions $ et
créera une centaine d'emplois dans le Technoparc pour la fabrication de bornes de recharge électriques.
«Personne ne l'a vue venir, celle-là», se réjouit-il.
L'arrivée du producteur de silicium FerroAtlántica a aussi alimenté bien des rumeurs depuis deux semaines. Le maire assure toutefois qu'il ne s'attendait pas à une annonce aussi rapidement.
«Ce n'est plus du ressort du gouvernement», émet-il. «Le choix de la compagnie se fera en fonction des ententes avec les villes qui ont été identifiées.»
L'an dernier, le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, déplorait que la région passait complètement sous le radar à Québec. M. Angers concède qu'une activité politique aussi intense que celle de cette semaine constitue un excellent placement à long terme pour la Mauricie et pour Shawinigan en particulier.
«C'est l'aboutissement de nombreuses années de travail», fait-il remarquer. «Le travail de diversification économique, le message envers le développement des PME, le support de nos entrepreneurs, la consolidation de nos entreprises... Nous avons créé un climat et là, on récolte et ce n'est pas terminé.»
Le maire de Shawinigan rappelle que la région a mis beaucoup de temps à prendre conscience de l'importance de renouveler son tissu industriel, de sorte qu'elle en a subi les conséquences pendant plusieurs années. En ne ressentant pas d'urgence au plan local, difficile de la communiquer efficacement au gouvernement provincial.
«On s'est toujours demandé pourquoi le ciment ne prenait pas», analyse-t-il. «Pourquoi une si belle région ne réussissait pas à se démarquer. Je pense qu'on n'a pas toujours travaillé en synergie, qu'on ne s'est pas donné de plans de cohérence en Mauricie. Nous comptions beaucoup sur nos grandes entreprises et nous avons vraiment trop tardé à faire le virage entrepreneurial.»
À Shawinigan, M. Angers identifie la fermeture de la Belgo comme l'électrochoc qui a saisi toute la communauté. Cinq ans plus tard, Rio Tinto Alcan ferme son aluminerie et il n'a fallu que quelques mois avant que des projets prometteurs émergent.
«On se disait toujours qu'on s'en sortirait, qu'on pourrait peut-être étirer un peu l'exploitation de l'Alcan... Quand la Belgo a fermé, nous n'étions pas prêts à subir cela. Avec RTA, on était prêt. On travaillait depuis longtemps sur un plan B. Un partenariat, ça se bâtit. Ce serait assez impressionnant de connaître le nombre d'heures que nous avons passées avec RTA.»
Dans ses échanges, M. Angers a constaté que plusieurs ministres avaient vraiment découvert Shawinigan. Il a passé ses messages et il semble assuré que dorénavant, le gouvernement démontrera une plus grande sensibilité envers les défis de la région.
«Ils voient qu'au-delà de la résilience de la population, il existe une volonté de se prendre en main et de se démarquer pour rejoindre les indices socioéconomiques des autres villes», observe-t-il. «Le vent souffle du bon bord.»