Quelque 32,8 % de la population de Louiseville a 65 ans et plus.

La Mauricie demeure âgée

Trois-Rivières — La Mauricie continue d’afficher une forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus. Louiseville demeure d’ailleurs parmi les villes de 5000 habitants ayant le plus d’aînés.

L’Institut de la statistique du Québec vient de faire paraître son coup d’œil sociodémographique de 2018 avec des données provisoires pour les estimations de population qui est en hausse dans la région. Avec 24,6 % de sa population qui est âgée de 65 ans et plus, la Mauricie est la troisième plus vieille région du Québec après la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine (26,5 %) et le Bas-Saint-Laurent (25 %). Sur l’ensemble de la population québécoise, cette proportion se situe à 18,8 %.

La Mauricie est aussi au troisième rang pour l’âge moyen, à 46,1 ans. La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine (48,2 ans) et le Bas-Saint-Laurent (46,3 ans) conservent les deux premières positions. L’âge moyen au Québec est de 42,3 ans

La Mauricie ressort depuis plusieurs années comme étant parmi les régions les plus âgées. La région a une proportion de personnes de moins de 20 ans (17,9 %) inférieure au pourcentage de personnes de 65 ans et plus.

Le Centre-du-Québec vit la même chose. Les 65 ans et plus représentent 21,5 %, alors que la tranche des 19 ans et moins s’élève à 21 %. Le Centre-du-Québec est la cinquième région la plus âgée du Québec avec un âge moyen de 43,6 ans.

Au Québec, la proportion de personnes de 19 ans et moins est de 20,8 %.

«La population vieillit dans l’ensemble du Québec, relate Martine St-Amour, démographe à l’Institut de la statistique du Québec. Quand on compare les régions, il faut aller vers les comportements démographiques. En Mauricie, il y a différents facteurs. La fécondité est plus faible que la moyenne québécoise. Pour la migration interrégionale, la Mauricie va perdre des jeunes adultes, mais va attirer des gens à l’âge de la retraite. C’est un phénomène similaire qu’on observe en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent. Au Centre-du-Québec, il y a des gains avec les gens qui atteignent l’âge de la retraite, mais la fécondité n’est pas aussi faible qu’en Mauricie.»

À l’échelle régionale, Shawinigan et la MRC de Mékinac ont chacune environ 30 % de leurs citoyens qui ont 65 ans et plus. Parmi les municipalités de 5000 habitants et plus, Louiseville trône au troisième rang québécois dans cette catégorie avec une proportion de 32,8 %. Seules Saint-Charles-Borromée (33,6 %) et Saint-Sauveur (33,5 %) la devancent.

Saint-Sauveur a la moyenne d’âge la plus élevée (52 ans), suivie de Louiseville (51,2 ans) et Lac-Brome (50,6 ans). Louiseville affiche la deuxième plus faible proportion de personnes de 19 ans et moins, avec 14,1%. Avec 13,9 %, Saint-Sauveur arrive première.

Une tendance qui se poursuit

La tendance mauricienne à prendre de l’âge avec les années peut s’observer à Louiseville. En 2010, le quart de la population louisevilloise était âgée de 65 ans et plus et l’âge moyen était de 47,8 ans.

Yvon Deshaies, le maire de Louiseville, ne semble pas surpris outre mesure par les plus récentes données de l’ISQ. Selon lui, ce fait prouve que Louiseville offre des services qui intéressent les personnes âgées.

«On a beaucoup de résidences pour les personnes âgées. Les gens vont quitter les municipalités autour et viennent ici. Les gens sont bien ici. Mais c’est vrai que des plus jeunes, il y en a moins.»

M. Deshaies estime que Louiseville a pourtant de bonnes infrastructures de loisirs et sportives sur son territoire, un élément à considérer pour de jeunes familles lorsque vient le moment de choisir l’endroit où s’établir. Le manque de terrains pour des maisons unifamiliales et pour des immeubles à logements fait toutefois mal, selon le maire.

«Il y a des investisseurs intéressés, mais on n’a rien à leur offrir. On va ouvrir des rues cette année dans le secteur du moulin Tourville. Il y aura des terrains pour des appartements dans ce secteur-là en 2020. Et il y a un promoteur qui veut développer au nord de l’avenue Dalcourt. Ça pourra se faire en 2020.»

population régionale

La population de la Mauricie s’élève à 269 332 personnes, avec 135 242 femmes et 134 090 hommes. Le Centre-du-Québec regroupe 125 227hommes et 122 106 femmes pour un total de 247 333 habitants.

La Mauricie affiche une progression de sa population de 4,3 pour mille (0,43 %) entre juillet 2016 et juillet 2018. Le Centre-du-Québec a récolté une hausse de 8,1. La moyenne québécoise se situe à 9,9.

Selon l’ISQ, le Québec comptait 8 390 499 habitants en 2018, soit 4 205 877 femmes et 4 184 622 hommes.

Une étude sociodémographique, et non pas un décret

Selon l’Institut de la statistique du Québec, les estimations de population qu’elle réalise peuvent servir à comparer l’état de la démographie d’une région, contrairement à une autre publication gouvernementale dévoilée au début de chaque année.

Le décret de la population est utilisé par plusieurs médias, dont
Le Nouvelliste, pour illustrer l’état de la population d’une région lorsque la nouvelle année se manifeste. Les données qu’on y retrouve ne devraient pas être utilisées à titre comparatif, contrairement aux estimations de population, mentionne Martine St-Amour.

«Les estimations de population publiées sur le site de l’Institut offrent une série chronologique comparable dans le temps, selon le découpage géographique au 1er juillet de la dernière année disponible. Ce n’est pas le cas des chiffres du décret, qui ne sont pas forcément comparables d’une année à l’autre. Des problèmes de comparabilité peuvent découler d’un changement de méthodologie ou d’un changement de découpage géographique d’une année à l’autre», raconte la démographe de l’ISQ à propos des décrets de population qui sont utilisés par le gouvernement dans l’établissement de certains budgets.

Le dernier décret publié en janvier indiquait des variations substantielles de la population dans quelques localités comparativement à l’année précédente. Des élus avaient d’ailleurs réagi concernant ces chiffres. Selon Mme St-Amour, cette variation s’explique par l’utilisation pour le décret de 2019 d’un nouvel outil de référence.

«En ce qui concerne plus précisément les décrets de 2018 et de 2019, la comparabilité pose problème puisque le décret de 2019 utilisait pour la première fois les chiffres du recensement de 2016 comme population de base. Le décret de 2018 était encore basé sur les chiffres du recensement de 2011, auxquels était ajoutée une estimation du bilan des différents événements démographiques survenus par la suite (naissances, décès et mouvements migratoires). Or, les résultats du recensement de 2016 ont conduit à une importante révision à la baisse des chiffres de population disponibles précédemment pour les années postérieures à 2011. Du fait de cette révision à la baisse, les chiffres du décret de 2019 étaient inférieurs aux chiffres du décret précédent dans la plupart des municipalités. La différence entre les deux décrets reflète ce changement de population de base et non pas forcément une réelle diminution de la population.»

Le décret de 2019 indiquait notamment que Louiseville avait perdu 186 citoyens en l’espace d’un an. Yvon Deshaies avait été fort surpris par cette nouvelle, disant alors ne pas avoir «fermé un rang». Lorsque contacté par Le Nouvelliste pour parler de l’estimation de population de l’ISQ qui mentionne plutôt un gain de 19 personnes, le maire a eu cette réaction.

«Je m’attendais à 50 personnes de plus, minimum! Tant mieux si on a augmenté.»

Saint-Roch-de-Mékinac (-17,69 %), Aston-Jonction (-7,36 %) et Saint-Élie-de-Caxton (-6.6 %) étaient au nombre des municipalités qui avaient perdu une proportion importante de leur population selon le décret de 2019. À l’opposé, Grandes-Piles affichait une hausse de 10,1 %.