Le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Yves Desjardins.

La maltraitance à l’ordre du jour

TROIS-RIVIÈRES — Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) profite de sa grande tournée des régions du Québec pour déployer d’importants efforts d’information et de sensibilisation auprès de ses membres en matière de prévention de la maltraitance chez les aînés.

«Tant pour le RQRA que pour les résidences pour aînés qui font partie de notre association, c’est tolérance zéro à l’égard de toute forme de maltraitance. On veut mettre des mesures en place pour la déceler», a expliqué le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins, lors de son passage lundi à Trois-Rivières.

Selon lui, le RQRA accueillera favorablement, en vertu de la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, l’adoption et la mise en place des politiques des établissements visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés, prévues au plus tard à l’automne 2018. Soulignons que ces nouvelles politiques convergent vers le même objectif que la vérification des antécédents judiciaires des personnes qui travaillent auprès des résidents, soit la prévention et la sécurité. Elles rejoignent également la mission première des résidences pour aînés membres du RQRA, soit d’offrir un environnement sécuritaire et de qualité aux aînés qui choisissent d’y habiter.

«En complément à cette tournée de sensibilisation, le RQRA diffusera prochainement une capsule vidéo destinée aux employés des résidences pour aînés afin de favoriser le déploiement des politiques de lutte contre la maltraitance», a aussi annoncé M. Desjardins.

Selon le ministère de la Famille, la maltraitance toucherait environ 7 % des aînés ce qui représenterait plus de 105 000 personnes maltraitées. Cette statistique ne reflète toutefois pas complètement la réalité en raison notamment de l’absence de base d’information centralisée. La maltraitance se décline sous sept types: psychologique, physique, sexuel, matériel et financier, violation des droits, organisationnel, ainsi que l’âgisme.

Par ailleurs, les nouvelles sont bonnes pour l’installation de gicleurs dans les résidences privées pour aînés existantes. En effet, le ministre Gaétan Barrette annonçait en janvier dernier l’ajout de plus de 67 millions de dollars à la subvention initiale de 70 millions de dollars prévue lors du lancement du programme en décembre 2015. De plus, les résidences de 30 unités et moins verront leurs projets financés à 100 %, les résidences de 31 à 99 unités, à 80 %, et celles de 100 unités et plus, à 60 %.

«Ces changements apportent une bouffée d’oxygène fort bienvenue pour un grand nombre de résidences pour aînés, pour qui l’installation de gicleurs constituait un défi financier et logistique majeur, voire décisif quant à la poursuite de leurs activités. On ne peut donc qu’être heureux de cet immense pas en avant», a souligné M. Desjardins, le témoignage d’un membre étant venu rassurer les autres sur la faisabilité de l’opération.

C’est depuis 2016 que le RQRA agit afin d’aider ses quelque 300 membres qui doivent se conformer à la réglementation à y arriver dans les délais prescrits, soit d’ici le 2 décembre 2020. C’est ainsi que 62 résidences pour aînés membres du Regroupement sont déjà bien engagées dans la démarche, avec l’aide du Programme assistance bâtiment du RQRA.

Ce guichet unique a été mis en place afin de soutenir et d’assister les RPA, notamment dans leurs travaux d’installation de gicleurs.

«Nos efforts de représentation auprès des instances gouvernementales concernées ont porté fruit et nous sommes très fiers d’avoir été entendus», avait déjà fait savoir M. Desjardins.

En ce qui concerne le cannabis, le RQRA recommande à ses membres de ne pas l’autoriser sous forme de cigarettes. Et le manque de main-d’œuvre représente un autre sujet de préoccupation, principalement pour deux types d’emplois, soit préposés aux résidents et personnel de cuisine. «Une firme travaille à développer une stratégie pour recruter et retenir la main-d’œuvre», a-t-il indiqué.

Le RQRA est un organisme à but non lucratif qui regroupe des résidences privées pour aînés. Il rassemble 750 membres, gestionnaires et propriétaires de résidences qui gèrent plus de 86 000 unités locatives dans tout le Québec.