L'assemblée générale annuelle de la Maison Carignan s'était tenue sous haute surveillance, vendredi dernier à l'Auberge Godefroy de Bécancour. L'Agence de santé assure que les procédures respectaient les statuts et règlements de l'organisme, mais exige des correctifs pour l'avenir.

La Maison Carignan sous surveillance

Même si la réunion du conseil d'administration de la Maison Carignan, tenue vendredi dernier, a été réalisée dans les règles de l'art selon les statuts et règlements de l'organisme, l'Agence de santé et de services sociaux, qui finance en bonne partie l'organisme, surveille de près l'évolution du dossier de la maison de thérapie.
<p>La Maison Carignan</p>
Yvon Carignan est suspendu de ses fonctions avec solde depuis le 17 février.
Le conseil d'administration et la direction devront d'ailleurs se plier à certaines exigences s'ils souhaitent continuer de maintenir leur accréditation, a fait savoir l'Agence au Nouvelliste.
On se souviendra que vendredi dernier, le conseil d'administration a tenu son assemblée générale annuelle sous haute tension, alors qu'ils ont procédé à la destitution comme membre du fondateur de la Maison Carignan, Yvon Carignan. Ce dernier, accompagné de plusieurs supporteurs, clamait l'illégalité de cette rencontre, alors que plusieurs personnes qui ont tenté de devenir membre au cours des derniers mois se sont vu refuser l'accès à la salle.
Yvon Carignan est présentement suspendu avec solde de son poste de directeur général pour ce que le conseil qualifie d'irrégularités administratives. Yvon Carignan, pour sa part, continue de clamer haut et fort qu'il n'a rien à se reprocher et entame des démarches pour tenter de reprendre sa place.
Selon l'Agence de santé et de services sociaux, le conseil d'administration a agi selon les statuts et règlements de l'organisme en permettant l'accès à la salle à seulement une poignée de personnes, soit les membres du conseil d'administration et le directeur destitué, Yvon Carignan. Toutefois, l'organisme devra se doter d'une vie démocratique plus active, note Anne-Sophie Brunelle, responsable des communications à l'Agence.
«Ça respecte leurs règlements généraux, qui disent que l'assemblée générale est ouverte aux membres uniquement. Ce qui n'est pas normal pour un organisme sans but lucratif comme celui-là, c'est de ne pas avoir de membres», note Mme Brunelle, soutenant que les seuls membres en règle sont les personnes qui forment le conseil d'administration, ainsi que le directeur général, destitué depuis de son poste.
Par ailleurs, l'Agence ne s'ingérera pas dans la vie administrative de l'organisme, mais jettera un oeil plus qu'intéressé aux résultats de l'enquête administrative commandée par le conseil d'administration et actuellement menée par une firme comptable sur les irrégularités administratives qui auraient poussé à la suspension d'Yvon Carignan.
L'Agence suivra donc de près l'évolution du dossier dans les prochaines semaines, et exigera des actions qui seront nécessaires au maintient de l'accréditation de la ressource en désintoxication, ou encore de son financement. «Si nous n'avionspas de réponses quant aux allégations d'irrégularités administratives, ou si l'organisme ne se mettait pas rapidement au recrutement de membres, ça pourrait leur faire perdre leur accréditation», confirme Anne-Sophie Brunelle.
En 2013-2014, l'Agence de santé a financé à la hauteur de 260 874 $ la Maison Carignan. Le reste du financement de l'organisme est venu notamment des différentes levées de fonds, dont le spectacle bénéfice annuel. La semaine dernière, le nouveau directeur Alain Poitras a fait savoir qu'il se ferait une priorité de redonner une vie démocratique à l'organisme, que ce serait parmi les premières actions posées à la maison de thérapie.
Le président du conseil d'administration de l'organisme, Rosaire Hébert, ne s'est toujours pas prononcé sur le dossier, qui a soulevé un tollé la semaine dernière du côté de l'Auberge Godefroy. M. Hébert, qui s'était initialement engagé à rencontrer la presse dès lundi matin, a finalement accepté de donner une entrevue ce vendredi pour livrer sa version des faits.
De son côté, le fondateur de l'organisme, Yvon Carignan, entend contester sa suspension à la Commission des normes du travail, où il a déjà déposé une plainte.
Bien que la première étape lorsqu'un dossier est porté aux normes du travail soit la médiation, Yvon Carignan indique n'avoir nullement l'intention d'accepter la médiation et souhaite que le dossier soit porté devant un juge, afin de pouvoir réintégrer son poste au sein de la Maison Carignan.
Par ailleurs, un groupe Facebook a été formé pour soutenir le fondateur dans ses démarches. Le groupe «Groupe action Yvon Carignan» comptait, en date de mercredi après-midi, un millier de membres.