La Maison Albatros

La Maison Albatros pourrait offrir l’aide médicale à mourir

Trois-Rivières — La Maison Albatros va réévaluer la possibilité d’offrir l’aide médicale à mourir dans les prochains mois. Près de quatre ans après l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie, plusieurs maisons de soins palliatifs ont décidé de mener une nouvelle réflexion sur ce sujet sensible.

«Toutes les maisons font ce processus actuellement», explique Anne-Marie Hébert, directrice générale de la Maison Albatros.

Un sondage d’opinion sera soumis au personnel dont aux médecins pour connaître leur position. La question sera évidemment soumise au conseil d’administration. Mais le tout ne sera pas enclenché avant plusieurs mois. «Nous avons beaucoup de projets actuellement. Ce ne sera pas décidé (l’aide médicale à mourir) ni mis en place avant le déménagement», précise Mme Hébert.

Rappelons que la Maison Albatros va déménager dans l’immeuble de l’infirmerie du couvent Kermaria des Filles de Jésus, sur le boulevard Saint-Louis, à Trois-Rivières. Elle devrait être inaugurée en juin 2020. Il est prévu qu’elle compte éventuellement 12 chambres, soit deux fois plus qu’à l’heure actuelle.

Notons que la Maison Aline-Chrétien, située à Shawinigan, offre l’aide médicale à mourir depuis son ouverture en avril 2018.

Si les douze premiers mois qui ont suivi l’entrée en vigueur de la loi en décembre 2015, 35 personnes ont demandé l’aide médicale à mourir en Mauricie-Centre-du-Québec, ce nombre a grimpé à 58 en 2018-2019 (1er avril 2018 au 31 mars 2019).

Sur les 35 demandes faites du 10 décembre 2015 au 9 décembre 2016, 25 ont été administrées, alors que ce nombre s’élève à 42 pour 2018-2019.

«L’aide médicale à mourir est de plus en plus connue et la population est de mieux en mieux informée, c’est donc normal qu’il y ait une hausse des demandes», souligne Josiane Gagnon, agente d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Pour ce qui est des demandes qui ne se sont pas concrétisées, soit que l’usager y ait renoncé, qu’il soit décédé avant de l’avoir obtenue ou qu’il ait cessé de répondre aux critères lors de l’évaluation, par exemple, en devenant inapte à donner son consentement.

Un groupe interdisciplinaire de soutien (GIS) est disponible pour appuyer les médecins et les intervenants lors d’une demande d’aide médicale à mourir. Du mentorat ou coaching est aussi offert, explique le CIUSSS. Par exemple, un médecin expérimenté peut accompagner un confrère qui réalise ce soin pour la première fois, mentionne Mme Gagnon.

«Chaque médecin ou professionnel de la santé a sa propre réflexion et peut faire une objection de conscience. C’est un changement de culture qui est en train de se faire tranquillement. Ce qui nous importe, comme organisation, c’est d’appliquer les mesures prévues par la Loi et de s’assurer que les usagers puissent recevoir les soins auxquels ils ont droit et sont admissibles. En Mauricie-et-Centre-du-Québec, ça va bien», souligne l’agente d’information.

Les malades qui souhaitent obtenir l’aide médicale à mourir doivent respecter une série de critères. Les premiers sont d’être assurés au sens de la Loi sur l’assurance maladie et d’être majeurs. En plus d’être en fin de vie et d’être atteints d’une maladie grave et incurable, ils doivent aussi être aptes à consentir aux soins. De plus, leur situation médicale doit se caractériser par un déclin avancé et irréversible et leurs souffrances physiques ou psychiques doivent être constantes et insupportables tout en ne pouvant être apaisées dans des conditions qu’ils jugent tolérables.

Toutefois, ces critères pourraient être élargis à la suite d’un jugement récent qui ouvre la porte à l’aide médicale à mourir aux personnes dont le décès n’est pas imminent mais qui sont atteintes d’une maladie incurable et dont les souffrances sont incessantes.

D’autres options de soins palliatifs sont offertes, note le CIUSSS MCQ. Par exemple, dans chaque territoire, une équipe interdisciplinaire est dédiée aux soins palliatifs à domicile, sans oublier les autres milieux de soin ou l’accès à des lits dans les maisons de soins palliatifs. «Le but est d’assurer la qualité de vie et du respect de la dignité de la personne jusqu’à la fin», affirme Mme Gagnon.

D’ailleurs, en 2018-2019, en Mauricie-Centre-du-Québec, 1035 personnes ont reçu des soins palliatifs à l’hôpital, 978 en CHSLD, 2281 à domicile et 478 dans une maison de soins palliatifs.

La sédation palliative continue est aussi en hausse. Il s’agit en fait d’abaisser le niveau de conscience du patient en utilisant des médicaments sédatifs. Durant l’année 2018-2019, 66 personnes s’en sont prévalues.