Le directeur général de la SSJB de la Mauricie, Guy Rousseau, sa présidente, Sandra Dessureault, et la gérante des deux succursales de la Librairie Poirier, Frédérica Skierkowski, lors de l’ouverture de la librairie de Shawinigan.

La librairie Poirier prend le relais

SHAWINGAN — Alors que les bouquineurs shawiniganais étaient orphelins de lieu de découverte littéraire depuis la décision de Perro Libraire de cesser ses activités, la Librairie Poirier ouvre une succursale sur la 5e Rue de la Pointe dans des locaux complètement rénovés.

En tout, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de la Mauricie, qui est propriétaire de la bannière depuis que son fondateur a décidé de se retirer il y a maintenant trois ans, a investi plus de 500 000 $ dans ce projet qui s’ajoute aux autres efforts de revitalisation du centre-ville de Shawinigan. Cette somme a permis d’acquérir le bâtiment, de le rénover et l’aménager selon les normes de l’industrie et de se doter d’un inventaire varié. Sauf les étagères, qui ont été fabriquées dans les Laurentides, et les livres qui les garnissent, la quasi-totalité des produits et des services qui ont été nécessaires à l’aménagement de l’endroit proviennent de Shawinigan.

Conscients qu’ils prennent un certain risque en s’établissant dans une ville qui a déjà traversé de longues périodes sans avoir de librairie sur son territoire, les dirigeants de la SSJB tenaient tout de même à prendre le relais de Perro Libraire. Pour eux, ouvrir une librairie s’inscrit parfaitement dans la mission de l’organisme, qui consiste notamment à valoriser la langue française et à faire la promotion du patrimoine national.

«Une librairie, c’est un lieu de culture, de connaissance et de partage. C’est un endroit où on s’enrichit évidemment personnellement, mais aussi collectivement. Pour nous, c’est une façon extraordinaire de s’impliquer et de s’engager dans une communauté», indique la présidente de la SSJB de la Mauricie et de la Libraire Poirier, Sandra Dessureault.

Pour plusieurs, se lancer dans l’aventure du commerce de détail peut sembler un pari risqué à l’ère où le commerce électronique prend de plus en plus de place. Bien au fait de cette réalité, Mme Dessureault est cependant convaincue de cette deuxième succursale de la Librairie Poirier, tout comme la première qui a pignon sur rue sur le boulevard des Récollets à Trois-Rivières, est bien plus qu’un endroit où y travaillent de simples «vendeux» de livres.

«Tout d’abord, nous avons un choix varié. Nous n’avons pas que des best-sellers. Nous avons également des libraires d’exception. Des gens qui ont une passion et qui connaissent les livres. Ils reconnaissent les clients car ils sont fidèles. Nous en avons qui sont là depuis plusieurs années. Quand j’arrive à la Librairie Poirier et qu’on me dit qu’on a un livre pour moi car on croit que je vais l’aimer, je me dis que c’est une valeur [ajoutée] que je ne retrouverais jamais dans un magasin grande surface. Des libraires, c’est ça que ça fait», souligne-t-elle.

Question d’être en mesure d’offrir ce service de qualité de façon permanente, la librairie de Shawinigan emploiera environ cinq ou six personnes.


« Nous avons des libraires d’exception. Des gens qui ont une passion et qui connaissent les livres. »
Sandra Dessureault, présidente de la SSJB de la Mauricie et de la Libraire Poirier

Le directeur général de la SSJB de la Mauricie, Guy Rousseau, croit également que le jeu en vaut la chandelle.

«Je sens une préoccupation pour l’achat local à Shawinigan. Le risque n’est donc pas trop grand. Je crois que les gens embarqueront», insiste-t-il. Il rappelle d’ailleurs que l’objectif de son organisme, qui est à but non lucratif, n’est pas de faire de l’argent à tout prix. Et si l’expérience shawiniganaise s’avère également positive d’un point de vue comptable, une bonne partie des profits sera redonnée à la communauté. L’organisme a profité de l’ouverture de la nouvelle succursale pour annoncer que plus de 40 000 $ provenant des profits générés par celle de Trois-Rivières ont été distribués pour la réalisation de projets faisant la promotion de la langue française, et ce, seulement au cours de la dernière année.