Luc Duchesneau n’en a pas contre les vols d’hydravions, mais bien contre l’augmentation de ces vols depuis quelques années et la perte de quiétude.

La hausse des vols touristiques dérange

LA TUQUE — Les hydravions font partie du décor depuis fort longtemps au lac à Beauce, mais depuis un moment, le nombre d’envolées s’est multiplié au point où un groupe de résidents demande au propriétaire d’Aviation La Tuque de réduire la cadence. Luc Duchesneau, qui représente la coalition contre les vols touristiques secteur Lac-à-Beauce, veut s’entendre avec le propriétaire de l’entreprise sur l’encadrement des vols touristiques afin de retrouver la quiétude autour du plan d’eau.

«Je viens au lac à Beauce depuis mes sept ans, il y a toujours eu des hydravions. Depuis quelque temps, le nouveau propriétaire en fait réellement un commerce pour faire de l’argent à nos dépens. Il y a eu une augmentation effarante des vols touristiques. C’est ça qui nous dérange. On n’en a pas contre les hydravions, on est habitué. C’est la quantité qui n’est plus acceptable. Ce n’est pas raisonnable», a lancé M. Duchesneau.

Ce dernier pense que la restriction des activités au lac à la Tortue fait que ce qui ne peut être fait à cet endroit est transféré vers la Haute-Mauricie.

Au début du mois de juillet, une rencontre a eu lieu entre les parties. La coalition a fait part de ses préoccupations au propriétaire d’Aviation La Tuque. Une liste de demandes a été présentée. La coalition aimerait établir des journées et des heures de vol touristique, semblables à celles du lac à la Tortue.

«On demande que les vols soient entre 9 h le matin et midi et entre 14 h et 17 h l’après-midi. On ne veut pas de vols les samedis et dimanches de juin à novembre […] Ils font des vols avant 8 h le matin…», a lancé M. Duchesneau.

«On peut comprendre pour des urgences, on n’est pas des innocents, mais quand c’est rendu une dizaine de fois, on pense que c’est de la mauvaise volonté», a-t-il ajouté.

Ils demandent également d’utiliser l’aéroport de La Tuque ou de déplacer des vols vers d’autres lacs. Il faut dire qu’ils sont très nombreux sur le territoire de la ville de La Tuque.

On retrouve également dans les demandes une modification du parcours, une diminution du bruit et de s’en tenir à trois avions.

«À certains moments, ils louent des avions supplémentaires pour répondre à la demande», explique M. Duchesneau.

Le regroupement de riverains demande de fixer des balises claires pour assurer la quiétude et la sécurité des riverains. Ils veulent que le propriétaire d’Aviation La Tuque prenne des engagements par rapport aux heures, mais également que les hydravions arrêtent de passer au-dessus des résidences.

Luc Duchesneau estime que la rencontre a été très «cordiale» et «constructive», mais les résidents sont toujours sans réponse alors que l’automne, une saison très prisée pour les vols touristiques en Haute-Mauricie, approche à grands pas.

«On essaie gentiment de lui parler, mais on n’a pas de réponse. C’est son droit, ça lui appartient».

Lors du passage du Nouvelliste au lac à Beauce, quatre hydravions ont été aperçus en moins d’une heure.

M. Duchesneau n’est pas sans rappeler la lettre «cher voisin» envoyée par Aviation La Tuque il y a quelques années dans laquelle on peut lire que la «quiétude des résidents me tient à cœur». Dans cette lettre, le propriétaire de l’entreprise tente de rassurer les gens et parle de bien collaborer avec eux.

Pas de débat juridique
La coalition contre les vols touristiques secteur Lac-à-Beauce ne veut absolument pas, pour le moment, se lancer dans une guerre juridique. Le but ultime, c’est d’en arriver à une entente qui va satisfaire tout le monde.

«Si ce n’est pas possible, la prochaine étape sera d’entamer des procédures avec Transport Canada», a indiqué M. Duchesneau.

La Ville attentive au débat
Le regroupement a insisté pour qu’une personne de la Ville de La Tuque soit présente autour de la table pour la rencontre avec le propriétaire d’Aviation La Tuque.

«La Ville a un rôle de soutien et de facilitateur», insiste d’entrée de jeu le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

«On a des règlements municipaux, mais tout ce qui concerne l’aviation c’est d’ordre fédéral», a-t-il ajouté.

Évidemment, la Municipalité veut que les deux parties en arrivent à une entente, mais elle est impuissante puisque l’entreprise est sous la responsabilité de Transports Canada.

«Nous on a consulté Transport Canada et on a fourni ‘‘la recette’’, la marche à suivre aux résidents de Lac-à-Beauce», a noté le maire.

«Le dialogue est créé entre les deux. On espère que ce soit réciproque entre les deux. […] On espère que les deux vont mettre un peu d’eau dans leur vin pour en arriver à la meilleure solution», a ajouté la conseillère municipale du secteur, Manon Côté.

Aucune plainte n’a été déposée à la Ville dans ce dossier précisément. S’il y en avait, elles seraient retransmises à Transports Canada. D’ailleurs, la Ville a fait toutes les vérifications nécessaires concernant les permis et autorisations municipaux détenus par Aviation La Tuque.

«Le propriétaire est en droit d’opérer. Il a ses permis, c’est légal pour ce qui est de notre juridiction. La Ville, à l’heure actuelle, ne peut pas lui reprocher quoi que ce soit», a affirmé le maire Tremblay.

À Transport Canada, aucune statistique n’était disponible concernant le nombre de vols effectués annuellement par Aviation La Tuque. Une seule plainte a été formulée concernant l’entreprise récemment.

Les hydravions volent sur le lac à Beauce depuis plusieurs dizaines d’années.

«Nous avons reçu une plainte, le 21 mai 2018, pour un événement survenu quelques jours avant. Pour faire suite à cette plainte, Transports Canada a effectué des vérifications préliminaires et a déterminé qu’il n’y avait pas eu d’infraction. Le dossier a été fermé», a fait savoir Marie-Anyk Côté, conseillère principale aux relations avec les médias à Transports Canada.