Les vers blancs sont là pour rester.

La guerre aux vers blancs se poursuit

Apparu en Mauricie en 2012, le phénomène des vers blancs qui dévastent les gazons commence à coûter cher à la Ville de Trois-Rivières qui met tout en oeuvre chaque année afin d'éviter que ses terrains sportifs extérieurs en soient affectés.
En cinq ans, les larves en question ont coûté la jolie somme de près de 400 000 $ à l'administration trifluvienne, indique le responsable des communications, Yvan Toutant.
C'est au tout début de l'infestation que la Ville avait été confrontée aux plus grandes dépenses à ce chapitre. On avait dû refaire en entier les gazons des parcs sportifs en ajoutant de la terre et en semant, rappelle-t-il.
«Il avait fallu refaire la tourbe au stade. C'était l'arrivée des Aigles de la ligue Can-Am. C'était leur première saison et le terrain était détruit par les vers blancs», rappelle M. Toutant. De tels dommages avaient fait exploser la facture.
«Quand le terrain est perdu à cause des vers blancs, il ne reste plus rien. Il faut remettre de la terre et semer», dit-il. Si la Ville cessait de traiter ses terrains sportifs, il y aurait alors toute une «logistique pour déplacer les différentes associations de soccer, de baseball ou autres», ajoute-t-il. «On serait obligé de fermer les terrains pour une trop longue période», plaide le porte-parole.
C'est pour cette raison que la Ville a opté pour l'épandage annuel d'insecticides. L'option n'est pas idéale, mais nettement plus pratique et moins coûteuse.
La Ville a récemment accordé un contrat de 29 000 $ au Centre Horticole du Cap pour l'épandage de l'insecticide Acelepryn. En comparaison, refaire les terrains reviendrait à plus de 100 000 $, dit-il.
Les vers blancs, apparus en Mauricie en 2012, «sont là pour rester», estime Lise Gauthier, propriétaire de Gauthier fleurs et jardins et présidente sortante de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec.
En terrain sablonneux, il est donc préférable de prendre les moyens dès le printemps pour éviter que les pelouses soient endommagées par eux, dit-elle. En terrain glaiseux, où l'insecte a plus de difficulté à pondre, on peut se contenter de semer afin de conserver au gazon sa densité, explique Mme Gauthier. «C'est ce que je fais chez moi», dit-elle, car elle vit sur un terrain de nature glaiseuse, au bord du fleuve, dans lequel les hannetons ont de la difficulté à s'enfouir pour pondre. Mme Gauthier indique qu'elle ne pourrait pas se limiter à ce genre d'intervention si elle vivait dans les secteurs plus sablonneux de la région, comme Normanville ou Cap-de-la-Madeleine, qui sont plus à risque d'infestations.
De son côté, la Ville de Trois-Rivières annonce d'ailleurs que ses terrains sportifs devront être traités avec des insecticides à partir de ce week-end.
Une signalisation sera installée sur les terrains traités afin de prévenir le public de ne pas les utiliser pendant quelques jours. C'est que les insecticides utilisés ne sont pas entièrement inoffensifs, du moins pas durant les deux premiers jours qui suivent l'épandage.
Selon un document d'information publié en avril dernier par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques sur la toxicité des principaux pesticides utilisés dans les espaces verts, il est indiqué que l'Acelepryn, le produit que s'apprête à épandre la Ville de Trois-Rivières, présente une toxicité pour la faune aquatique. Il n'affecterait toutefois pas les abeilles et les oiseaux comme d'autres pesticides le font.
Les traitements à l'Acelepryn se feront le week-end des 27 et 28 mai sur les terrains sportifs Albert-Gaucher et Saint-Jean-de-Brébeuf, dans le secteur Trois-Rivières, les parcs des Ormeaux, Martin-Bergeron, Lionel-Rheault, du Père-Breton, Rochefort et Jean-Perron, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, les parcs des Prairies et Roger-Guilbault dans le secteur Sainte-Marthe ainsi que les parcs Masse et de la Terre-des-Loisirs dans le secteur Saint-Louis-de-France.
Lors du week-end des 2, 3 et 4 juin, ce sera au tour du parc des Seigneurs, dans le secteur Pointe-du-Lac, des parcs Rosemont et Laviolette, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest ainsi que les parcs Cardinal-Roy, Jacques-Buteux, Isabeau, Lambert, Pie-XII et Sainte-Marguerite, dans le secteur de Trois-Rivières.