Les employés de Postes Canada dans la région étaient en grève tournante, jeudi.

La grève tournante atteint la région

TROIS-RIVIÈRES — C’était au tour de la région d’être touchée par la grève tournante de Postes Canada jeudi. En Mauricie et dans la région de Nicolet et Bécancour, ce sont tout près de 315 facteurs et employés de Postes Canada qui étaient en grève, ce qui a retardé du même coup la livraison du courrier et le traitement des envois dans les différents comptoirs postaux.

Ainsi, pas moins de 41 bureaux de postes ont été touchés par cette grève tournante, de Deschaillons-sur-Saint-Laurent jusqu’à Sainte-Monique-de-Nicolet au Centre-du-Québec, et de Sainte-Anne-de-la-Pérade à Saint-Justin, jusqu’à Grandes-Piles et Mattawin en Mauricie.

Au Québec, outre la Mauricie, il y avait grève aux sections locales de l’Outaouais, de Sorel-Tracy, de Saint-Jean-sur-Richelieu, de Saint-Jérôme, de Sainte-Thérèse de Blainville, de Salaberry-de-Valleyfield et de Vaudreuil-Dorion. Des arrêts de travail touchaient aussi les sections locales d’Hamilton, d’Ottawa, d’Arnprior-Renfrew et de North Bay, en Ontario, de même que celles de Campbell River, de Nanaimo, de Courtenay et de Port Alberni, en Colombie-Britannique.

Selon le président de la section locale du syndicat, Éric Savary, la livraison du courrier a donc été interrompue pour une durée de 24 heures. Quant aux différents comptoirs postaux, ils sont demeurés opérationnels, étant donné qu’ils sont administrés par des employés d’une autre unité syndicale. Toutefois, si les gens pouvaient acheter des timbres et y déposer des envois postaux, le courrier et les colis déposés n’ont pas été traités ni livrés jeudi.

Au cœur du conflit de travail, rappelle M. Savary, se trouvent les considérations de charge de travail, de même que des questions salariales pour les employés temporaires et sur appel.

«Les employés sur appel et temporaires n’ont pas accès à l’échelle salariale et se retrouvent gelés au premier échelon. Dans certains cas, ça fait cinq ou six ans qu’ils travaillent pour nous, mais n’ont accès à aucune augmentation salariale», constate Éric Savary.

Par ailleurs, les charges de travail ayant considérablement augmenté, les routes n’ont pas suivi en conséquence. «On se retrouve avec des heures travaillées qui ne sont pas payées. Une route de 7 h 25 peut parfois prendre jusqu’à 9 heures parce qu’elles n’ont pas été adaptées aux nouveaux volumes de ce que nous avons à livrer. Il y a davantage de colis qu’avant. Les routes ne tiennent plus compte de la charge de travail», constate Éric Savary, qui signale que cette charge a notamment considérablement augmenté pour les quelque 90 facteurs ruraux qui œuvrent en Mauricie.

Mercredi, la direction de Postes Canada a affirmé qu’elle faisait face à des retards de livraisons de colis qui remontent déjà à plusieurs jours en raison de l’intensification du mouvement de grève des syndiqués. Des dizaines de remorques remplies de colis sont en attente d’être déchargées dans trois des plus importants établissements de traitement du courrier, selon Postes Canada.

Le porte-parole de Postes Canada, Jon Hamilton, a précisé qu’à Toronto, Vancouver et Montréal, plus de 150 remorques attendent d’être déchargées pour que les articles soient traités et que plusieurs autres arrivent chaque jour.

M. Hamilton a signalé qu’une fois traités, ces articles doivent être livrés sans surcharger de travail les employés de livraison. Par conséquent, les clients pourraient voir des retards de plusieurs jours. Ces trois sites clés peuvent traiter jusqu’à un million de colis par jour en provenance de partout au Canada.

D’autre part, le STTP a annoncé que depuis minuit une minute, jeudi, les membres de ses deux principales unités de négociation vont cesser d’effectuer des heures supplémentaires. Le mot d’ordre demande aux employés de s’en tenir à huit heures de travail par jour et à 40 heures par semaine. Le syndicat soutient que l’employeur abuse des heures supplémentaires imposées aux travailleurs et que cela met en danger leur santé physique et mentale. Avec la collaboration de la Presse Canadienne