On aperçoit ici les représentantes des divers organismes qui ont marché avec le FRAPRU pour la cause.

La grande marche passe dans la région

Louiseville — Une cinquantaine de personnes en provenance de huit regroupements sont parties de Maskinongé, vendredi matin pour se rendre, parfois sous une pluie battante, au presbytère de Yamachiche vers 16 h 45.

Ce groupe fait partie de la grande marche de 500 kilomètres organisée par le FRAPRU pour le droit au logement qui est partie d’Ottawa, le 2 septembre. Yamachiche représentait le 380e kilomètre franchi.

Samedi matin, la marche De Ville en villages pour le droit au logement se mettra en direction de Trois-Rivières où les participants feront une halte au parc Champlain.

À 19 h, les manifestants et manifestantes monteront une grande lanterne sur laquelle figureront les paroles et les dessins de personnes mal logées de Trois-Rivières.

Une marche à la lanterne les mènera ensuite vers l’organisme COMSEP.

Cette longue marche se terminera à Sainte-Anne-de-la-Pérade, pour la portion Mauricie, le 25 septembre. L’arrivée des quelque 200 marcheurs impliqués dans cette action se fera à Québec, le 29 septembre, où se déroulera une manifestation de clôture.

Les organismes sociaux participants profitent des derniers jours de la campagne électorale en vue des élections provinciales pour mettre en évidence le déni du droit au logement, au Québec et demander des engagements qui mettraient fin à ce problème.

Ils veulent aussi interpeller du même coup le gouvernement Trudeau.

Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) indique qu’en Mauricie, ce sont 6440 personnes, principalement des femmes, qui ont des besoins urgents de logement adéquat.

Trop souvent, dit-elle, les logements «sont trop petits ou en mauvais état». Cette situation est vécue par 240 000 ménages au Québec.

«L’an passé, au Québec, il s’est développé 700 logements hors marché privé pour répondre aux besoins des gens qui actuellement paient beaucoup top cher pour se loger et qui vivent quotidiennement avec des problèmes de logement», dit-elle en précisant que ces personnes «doivent attendre des années pour espérer améliorer leurs conditions».

Le FRAPRU a multiplié les actions de sensibilisation, au cours des dernières années, rappelle Mme Laflamme, sans arriver à changer la situation.

«Ça ne bouge pas. Cette marche-là est vraiment ambitieuse, même, je dirais une marche historique pour le mouvement pour le droit au logement et c’est pour obtenir des engagements qu’on fait ça», dit-elle.

Tout au long de la marche, des journées thématiques sont organisées. La Mauricie, est la région où il y en aura eu le plus.

Il sera question des aînés, samedi et de pauvreté dimanche, des thèmes qui seront toujours en lien avec le droit au logement.

Vendredi, le thème portait sur les femmes et le logement. Sept autres regroupements nationaux étaient impliqués dans cette journée thématique. Outre le FRAPRU, on parle de la Fédération des femmes du Québec, de l’R des centres de femmes, du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, du Centre d’éducation et d’action des femmes et de la Table de concertation des femmes de la Mauricie.

Mme Laflamme indique que les femmes locataires ont des revenus plus bas et «les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être locataires», dit-elle. «On parle de 54 % en Mauricie.»

Vendredi midi, le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, a offert de la galette de sarrasin aux marcheurs et marcheuses.

Les manifestants sensibilisent la population partout où ils passent.