La Grande bataille est en branle au Duché de Bicolline.

La Grande bataille de Bicolline est en branle

SAINT-MATHIEU-DU-PARC — On estime qu’ils seront 4000 amateurs de jeux grandeur nature à passer par Saint-Mathieu-du-Parc cette semaine, pour prendre part à la 24e édition de la Grande bataille du Duché de Bicolline, événement phare du domaine dédié au jeu de rôle médiéval. Plongés au cœur de l’an 1019, les passionnés du moyen-âge participent à trois batailles, lundi, jeudi et samedi, dans le cadre d’un jeu immersif, sous la tutelle de François Noël, maître de jeu.

Les plus fervents sont arrivés samedi, avant que l’événement ouvre officiellement. Depuis, c’est un flot constant de joueurs, surtout du Québec, mais également des États-Unis et d’ailleurs dans le monde, qui installent leur campement et se préparent à livrer bataille.

Si le jeu se déploie pendant sept jours, il est aussi l’occasion d’un bond de 1000 ans en arrière. On ne lésine sur aucun détail, le décorum est de mise, les vêtements, la vaisselle et même le vocabulaire utilisé par les participants doivent refléter l’époque. Celui qui s’avise à sortir son téléphone est vite rappelé à l’ordre. Plusieurs reviennent année après année, se construisant parfois une habitation sur le site.

Le scénario du jeu s’inscrit dans la durée, il évolue depuis 24 ans, depuis que le Duché de Bicolline a ouvert, explique Julie Daoust, sa nouvelle directrice générale. Elle fait valoir que Bicolline est le seul endroit dans le monde où les participants créent leur personnage dans un monde virtuel qui trouve sa prolongation dans une contrepartie grandeur nature.

Comment qualifier la passion qui anime les joueurs? Pour Mme Daoust, l’engouement se compare à l’affection qu’ont les adeptes du Festival western de Saint-Tite pour l’univers country. D’ailleurs, tout comme dans les rodéos, où l’on se mesure à de vrais animaux, les batailles à Bicolline sont bien réelles, souligne la directrice générale.

Si l’on se tape vraiment sur la tête, les armes doivent toutefois être homologuées avant chaque bataille. Le jeu a ses règles. La sécurité est de mise et les armes sont faites de mousses, explique Mme Daoust, qui concède par ailleurs «qu’un coup d’épée en mousse dans le visage, ça peut faire mal quand même».

Durant les batailles, des maréchaux s’assurent du respect des règles, indique Julie Daoust, bien que la vaste majorité des participants s’autorégulent afin de donner au jeu l’aspect le plus réaliste qui soit, continue-t-elle.

Ce sont 176 employés et bénévoles qui voient à la bonne conduite de la Grande bataille. Des commerçants, des artisans et des restaurateurs sont également sur place pour offrir leurs produits aux milliers de joueurs, occupés à se faire la guerre. Évidemment, pour eux comme pour les autres, le décorum est de mise.

Si Bicolline a connu des débuts modestes, c’est un véritable village qui a pris forme avec le temps. Aujourd’hui, le site compte 220 bâtiments. Julie Daoust souligne à cet égard que la collaboration est étroite avec les autorités municipales afin que le développement de l’endroit se fasse dans le respect de la réglementation.

Il est encore temps de s’inscrire pour les derniers jours de l’événement, qui se termine le 18 août. Le Duché de Bicolline offre différents forfaits, de sept, cinq ou deux jours, les coûts variant selon la durée. À titre d’exemple, un séjour de deux jours pour un non membre coûtera 205 $, si payé à la porte. Le vendredi 16 août est l’occasion d’une journée découverte, destinée au grand public. Il en coûte alors 70 $ pour avoir accès au site. Le décorum étant à la règle, une tenue d’époque est de mise.