La surveillance et la désinfection, notamment, comptent parmi les ombreux éléments qui s’ajoutent aux tâches des enseignants.
La surveillance et la désinfection, notamment, comptent parmi les ombreux éléments qui s’ajoutent aux tâches des enseignants.

La gestion de la COVID s’ajoute sur le tas: les enseignants déjà épuisés

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — On est à peine le 1er octobre que les enseignants se sentent aussi épuisés que s’ils étaient rendus en décembre. La présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, Claudia Cousin, indique que les courriels ne cessent d’affluer à son bureau chaque jour à ce sujet.

«Si vous voulez savoir quel est le moral des troupes, les gens se sentent fatigués comme si on était rendu aux vacances des Fêtes et même plus», dit-elle.

Alors qu’ils s’acquittent des tâches qu’ils effectuent en temps normal, les enseignants doivent aussi faire énormément de surveillance en lien avec les mesures sanitaires, énormément de désinfection même s’il y a des heures de conciergerie de plus, beaucoup d’organisation aussi puisque ce sont maintenant les enseignants qui se déplacent de classe en classe et non les élèves.

«Les journées ont juste 24 heures et ce n’est pas normal de travailler sept jours par semaine, mais en ce moment, je vous dirais que c’est pas mal ça que le personnel en éducation fait», constate la présidente.

«Les gens sont épuisés», dit-elle car les enseignants doivent aussi composer avec des élèves en difficulté ou en trouble de comportement. «Tout ce que tu fais normalement dans une classe, tu le fais encore», fait-elle valoir.

«En plus, présentement, ils sont en train de planifier tout ce qu’ils vont faire si jamais on bascule en enseignement virtuel» à cause de la pandémie, souligne Mme Cousin. «Il y a des classes où c’est commencé», rappelle-t-elle.

Mardi, en effet, les parents des élèves de l’Académie des Estacades et du pavillon Saint-Sacrement de l’école alternative Freinet de Trois-Rivières ont été avisés que des cas de COVID ont été détectés chez les élèves, forçant le retrait de deux groupes de ces écoles. En date du 29 septembre, de nouveaux cas sont survenus au CFP Bel-Avenir (école hôtelière), à l’Académie des Estacades, à l’école L’Horizon, à l’école des Pionniers et à l’école Saint-Sacrement. Au Centre-du-Québec, on compte maintenant le Centre de formation aux adultes Saint-François dans la liste.

Cette multiplication des cas fait monter le niveau de stress chez les enseignants qui craignent de contracter le virus ou que des cas apparaissent dans leur classe, souligne Mme Cousin.

Chantal Légaré, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie, explique que les élèves amorcent l’année scolaire avec de plus grandes difficultés scolaires que d’habitude, puisqu’ils ont manqué la fin de leur année scolaire 2019-2020. Or, le ministre de l’Éducation demande que le programme régulier leur soit servi. Certains enseignants sont encore en train de faire du rattrapage avec leur classe, dit-elle.

En plus de tout ça, les enseignants doivent préparer leurs élèves à basculer vers le virtuel si la situation venait à l’obliger. «Chez nous, on utilise (la plateforme d’apprentissage) Classroom. Il faut préparer les élèves à l’utiliser», dit-elle.

«Il y a des enseignants qui commencent à parler de retraite tandis que d’autres vont voir leur médecin parce qu’ils sont épuisés», indique Mme Légaré.

La multiplication des cas de COVID met donc énormément de pression sur le personnel enseignant en ce moment, indiquent les deux présidentes.

En attendant, toutes les mesures continuent d’être prises dans les établissements scolaires pour éviter la transmission. Malgré tout, «on n’empêche pas un membre du personnel de travailler dans un autre milieu de travail», indique Anne-Marie Bellerose, responsable des communications au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy.

«Toutefois, si un membre du personnel occupe un autre emploi, il a la responsabilité morale de nous aviser si un cas de COVID est déclaré dans son autre lieu de travail ou s’il travaille dans une zone chaude du réseau de la santé et des services sociaux. Ces informations sont demandées par l’entremise d’un questionnaire hebdomadaire remis à tous nos employés», dit-elle.

Un membre du personnel dont la tâche est divisée entre l’école Saint-François-d’Assise et l’école Chavigny a tout récemment vu un cas se manifester à Saint-François-d’Assise. Cette personne n’avait toutefois pas travaillé à Chavigny depuis sept jours, donc aucune enquête épidémiologique n’a été nécessaire dans cet établissement, dit-elle. On n’a donc pas eu à envoyer de lettre aux parents.

Comme l’explique Mme Bellerose, la mobilité du personnel est presque inévitable. «Une école n’a pas nécessairement besoin d’une ressource spécialisée à temps plein», fait-elle valoir, c’est pourquoi des employés doivent fréquenter plusieurs écoles. C’est le cas, notamment, des psychoéducateurs et des enseignants suppléants, illustre-t-elle.

«Tous les membres du personnel qui travaillent dans plusieurs établissements signent le registre de présence, portent des équipements de protection et respectent toutes les consignes de santé publique», souligne-t-elle.