Les élèves de l’école secondaire du Rocher ont fait une chaîne humaine pour remettre à des bénévoles des denrées destinées à des familles défavorisées.

La générosité à l’œuvre à l'école secondaire du Rocher

SHAWINIGAN — Les élèves de l’école secondaire du Rocher, dans le secteur Grand-Mère, à Shawinigan, ont distribué des denrées alimentaires à une vingtaine de familles défavorisées de leur secteur, vendredi.

Pour une 18e année, les élèves ont participé à une chaîne humaine pour remettre les denrées ramassées lors de la Campagne des paniers de Noël de l’école à des bénévoles chargés de les distribuer aux familles parrainées.

«C’est une tradition, ici, explique François Lajoie, animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire de l’école secondaire. L’idée, c’est de se faire solidaire des familles qui vivent une situation de pauvreté dans notre coin. Chaque classe était jumelée à une famille et on donnait le défi de venir en aide à ces familles.»

De gauche à droite: Gérémy Michaud, Laurence Pothier et Penelope Louden, élèves de l’école secondaire du Rocher.

Les élèves participants ont reçu une description sommaire des besoins de chaque famille et ont impliqué leurs amis et leurs parents dans ce geste de générosité. «On a fait la tournée des classes pour sensibiliser les élèves sur les inégalités et injustices sociales, pour que les élèves puissent comprendre que d’autres familles n’ont pas l’argent pour s’acheter de la nourriture, raconte Penelope Louden, l’une des élèves participant à la campagne. Ils pouvaient demander à leurs parents de faire le ménage du garde-manger et apporter la nourriture dans des boîtes dans les classes pour les donner aux familles.»

«On fait ça parce qu’on trouve ça important que les familles puissent manger pour Noël, témoigne Laurence Pothier, une autre élève. Il y en a qui n’ont pas les sous pour acheter des repas ou des cadeaux pour leurs enfants, alors on trouve ça important.»

L’établissement scolaire a profité de cette campagne de solidarité pour discuter de la pauvreté et des inégalités sociales au Québec, en collaboration avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté. Des discussions ont eu lieu en classe pour trouver des manières de réduire ces inégalités, comme l’augmentation du salaire minimum à 15 $ de l’heure, l’instauration d’un mode de taxation variant selon le revenu pour les produits essentiels et l’imposition de sanctions plus sévères aux gens et aux entreprises qui profitent des paradis fiscaux pour payer moins d’impôt.

«On a eu de l’animation dans les classes pour conscientiser les jeunes aussi à tout ce qui touche la pauvreté au niveau de la redistribution de la richesse, ajoute M. Lajoie. On a parlé de fiscalité avec les plus vieux, et les plus jeunes, on leur fait vivre une expérience pour leur faire réaliser ce que ça peut être l’injustice sociale qu’il peut y avoir dans notre société. C’est sûr qu’on n’est pas en Afghanistan, mais il y a encore de l’injustice sociale, des inégalités dans notre société. C’est de ça qu’on jase et on essaie de voir comment ça pourrait s’améliorer.»

Si leur Campagne des paniers de Noël ne réglera pas tous les problèmes d’inégalité au Québec, les élèves de l’école secondaire du Rocher espèrent qu’elle contribuera à rendre plus agréable le Noël des familles parrainées. «C’est sûr que les paniers de Noël, c’est une solution temporaire, mais au moins ça peut faire un petit baume sur le cœur des familles, ça peut leur faire vivre un meilleur Noël», estime Gérémy Michaud, élève de l’école secondaire.