Annie Hardy, Josée Desjardins, fondatrice et présidente du conseil d’administration de la Fondation mastectomie Québec et Sylvie Ricard, une femme qui a profité des services de la Fondation, ont souligné le premier anniversaire de l’organisme qui vient en aide aux femmes qui ont subi une mastectomie.

La Fondation mastectomie Québec souffle sa première bougie

Trois-Rivières — «Vous n’avez pas idée combien de femmes sont touchées. Depuis un an ç’a doublé», constate Annie Hardy, propriétaire de la boutique Belles de nuit, Belles de jour, en parlant des femmes ayant subi une mastectomie et qui se tournent vers elle pour faire face à leur nouvelle réalité. C’est en observant la détresse de ces femmes que celle qui est aussi à la barre de la clinique Ajustez-moi décide de mettre sur pied la Fondation mastectomie Québec dont on soulignera la première année d’existence le 10 avril prochain.

On profitait vendredi matin de l’approche de l’anniversaire de la Fondation pour dresser un bilan de la première année d’existence et pour lancer une campagne de financement. Depuis ses débuts, l’organisme est venu en aide à plus de 50 femmes au Québec, leur fournissant notamment des vêtements adaptés et de l’assistance. Plus de 17 200 $ en dons ont été amassés pour soutenir la Fondation dans sa mission.

L’anniversaire de la Fondation coïncide avec celui de la bonification du Programme des prothèses mammaires externes qui voyait les remboursements passer de 50 % à 100 % des frais. Un combat dans lequel Annie Hardy s’était personnellement investie.

Aujourd’hui, la Fondation mastectomie Québec défraie les coûts d’achat en attendant que le gouvernement rembourse la facture, celle-ci pouvant avoisiner les 400 $ dans le cas d’une prothèse pour les deux seins. Elle offre également, gratuitement, une camisole postopératoire, qui elle, n’est pas couverte par le programme gouvernemental et qui vaut 80 $. Maillots de bain adaptés, prothèses de baignade et autres accessoires pouvant aider au confort postopératoire peuvent aussi être obtenus par le biais de la Fondation, pour les femmes ne bénéficiant pas d’assurances privées.

«Les femmes sont très vulnérables. Moi, 50 % de ma job, c’est de l’écoute, c’est de la psychologie, de l’acceptation», explique Annie Hardy, qui indique qu’un premier rendez-vous pour une prothèse externe peut prendre jusqu’à une heure. À l’image des femmes et des cicatrices qu’elles portent, tous les cas sont uniques, souligne-t-elle. Il s’agit de trouver la prothèse qui sied à chaque femme.

La campagne de financement qu’amorce la Fondation se déploie de différentes façons. Des banques de dons, réalisées par Mélanie Boisvert, une artiste de Saint-Boniface, sont placées dans différents commerces de la région, dont les deux boutiques Belles de nuit, Belles de jour, de même qu’à La Mercerie de luxe et chez Vêtement L, toutes deux situées à Trois-Rivières. Des bracelets fabriqués par Sara-Claude Bérubé sont également disponibles à ces endroits et sont aussi vendus au profit de la Fondation.

Témoignage émouvant

Pour Sylvie Ricard, qui a dû subir une double mastectomie, le support de la Fondation lui aura permis de faire abstraction de l’aspect financier de l’épreuve qu’elle a traversée.

Il faut souligner que Mme Ricard a fait face à beaucoup d’adversité. Entre deux cancers, elle a reçu le diagnostic du syndrome de Cowden. Une maladie génétique orpheline.

C’est sa fille qui a d’abord été malade, une situation qui a mené à une investigation chez tous les membres de la famille. Quand le verdict tombe, on apprend que Mme Ricard et deux de ces trois enfants sont atteints. Sa plus vieille succombera à la maladie à l’âge de huit ans. C’était un matin de Noël, il y a deux ans. Le cancer du sein frappe Sylvie Ricard un an plus tard. Puis ce fut le tour de sa mère, qui elle aussi a dû subir une double mastectomie. Celle-ci bénéficiera également du support de la Fondation.

Mme Ricard aura fait couler plusieurs larmes en évoquant son parcours, en marge de l’événement soulignant le premier anniversaire de la Fondation. «C’est pour des femmes comme ça qu’on le fait», a déclaré Mme Hardy, la gorge nouée, à la fin du témoignage.