La célébration des messes reprend dans une «nouvelle normalité».
La célébration des messes reprend dans une «nouvelle normalité».

La foi se déconfine... un peu

TROIS-RIVIÈRES — Tandis que la célébration des messes «en personne» reprenait dans la région, au cours de la fin de semaine, les fidèles auront fait salle comble, en quelque sorte. C'est que les autorités de la Santé publique ont fixé à 50 le nombre maximal de personnes pouvant se réunir pour un office religieux. Une situation qui en a vu plusieurs contraints de rebrousser chemin ou, comme ce fut le cas dimanche, à la basilique Notre-Dame-du-Cap, de suivre la célébration depuis le jardin, par le biais de haut-parleurs.

«C'est une grande joie de se retrouver» a déclaré Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque auxiliaire de Trois-Rivières et recteur du Sanctuaire, en ouverture de sa messe. Sa joie résonnait d'autant plus que l'endroit paraissait pratiquement désert et que c'est surtout l'écho qui meublait l'espace. La basilique, faut-il le dire, peut accueillir 1650 personnes. Les 50 fidèles assemblés dans le vaste lieu donnaient ainsi aux rubans jaunes, aux flèches rouges et aux autres accessoires visant à respecter les mesures de sécurité sanitaire un aspect quelque peu superflu.


Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque auxiliaire de Trois-Rivières, dirigeait les fidèles vers les différentes salles prévues pour l'a célébration de la messe au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Les fidèles ne semblaient toutefois pas se formaliser outre mesure de cette «nouvelle réalité». À l'entrée, tandis que des préposés «géraient la circulation», on devinait les sourires derrière les masques. «On a trouvé ça long», s’exclamera Kathleen, une paroissienne qui se dirigerait vers le sous-sol de la Basilique pour suivre la cérémonie sur un écran, la capacité de 50 ayant déjà été atteinte dans l'enceinte même de la basilique. Le virtuel n'a pas dit son dernier mot, semble-t-il.

Tandis que les quatre célébrations de la journée au Sanctuaire auront rassemblé en chaque occasion 130 fidèles, dispersés dans trois salles différentes, la seule célébration à l’horaire, dimanche, à la Cathédrale de Trois-Rivières en aura vu plusieurs se buter à la porte d'une salle affichant déjà complet. La capacité maximale avait en effet été atteinte une demi-heure avant la messe. Si la plupart semblaient se résigner, d'autres se seront montrés plus déçus, verbalisant parfois leur frustration. «C'est deux poids, deux mesures», a lancé une paroissienne. «Pour les restaurants et les plages, on se montre très souple, mais pour la religion, c'est une autre histoire», s'indignait la dame, qui préférera garder l'anonymat.

À la porte, c'est à des moines des Pauvres de Saint-François qu'on avait confié la tâche d'accueillir les fidèles, et d'éventuellement leur refuser l'accès à la célébration. En guise de consolation, Frère Roch invitera certains d'entre eux à un moment de prière au pas des marches de la cathédrale. Il semblerait que les autorités du clergé ont milité auprès de la Direction de la santé publique pour plus de souplesse dans l'application des règles sanitaires, mais que leurs demandes n'aient pas eu gain de cause.

C'est à des moines des Pauvres de Saint-François qu'on avait confié la tâche d'accueillir les fidèles, et d'éventuellement leur refuser l'accès à la célébration.

En attendant, il était difficile d'oublier le contexte pandémique durant la célébration, tandis que Mgr Luc Bouchard, qui officiait la messe, enlevait et remettait continuellement son masque, que des rubans jaunes interdisaient l'accès à des rangées entières de bancs et que, comme au Sanctuaire, il régnait un écho qui n'était pas sans rappeler les nombreuses victimes de la pandémie. Des victimes que l'on aura évoquées et a qui ont aura rendu hommage au cours des célébrations.

Mgr Luc Bouchard officiait avec un masque au visage.

À Nicolet également, c'était jour de reprise des célébrations, dimanche, à la cathédrale. Ici aussi, les fidèles aspiraient à mettre derrière eux de longs mois de confinement et à renouer avec la célébration de leur foi. «La joie de se retrouver ensemble, dans la foi, afin de célébrer la vie dans toute sa profondeur, aucun masque ni aucune mesure de distanciation ne pourra nous enlever ça», déclarait d'ailleurs Mgr André Gazaille, évêque de Nicolet.

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