Nancy Bédard, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, a commenté l’entente intervenue entre son syndicat et le gouvernement en disant que c’était un jour important pour la FIQ et pour ses professionnels.

La FIQ s’entend avec le ministre Barrette

QUÉBEC — La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) s’est entendue avec le ministre de la Santé Gaétan Barrette pour la création d’un total de 17 projets-pilotes sur les ratios professionnelles-patients. Le Centre hospitalier de Trois-Rivières accueillera le premier projet-pilote en unité de chirurgie du Québec.

Après des mois de moyens de pression et de dénonciations publiques, le réseau de la santé entre dans une nouvelle ère, de l’avis du ministre.

Ces projets ratios seront instaurés d’ici la fin de l’année 2018, dont 13 d’ici l’été.

Ceux-ci s’adressent aux unités de médecine et de chirurgie, mais également aux CLSC et aux CHSLD pour d’autres secteurs professionnels. Ils se réaliseront dans toutes les régions administratives du Québec et débuteront dès la mi-avril dans un Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de Montréal.

Tout sourire, le ministre de la Santé Gaétan Barrette en a fait l’annonce jeudi après-midi, accompagné de la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard.

«Les projets ratios, qu’on le comprenne bien, ce n’est pas une position gouvernementale, ce n’est pas une position absolue syndicale; c’est un exercice qui vise à faire en sorte qu’à partir d’un point de départ convenu entre les parties, nous puissions, de façon empirique et objective, arriver au bon ratio personnel-patient», a déclaré le ministre Barrette en point de presse.

«Avec cette entente, nous faisons un pas de plus vers la sécurité, la qualité des soins et des services dans notre réseau de santé publique. C’est un jour important pour la FIQ et pour nos professionnels en soins parce que c’est un pas concret enfin pour nous», s’est réjouie Mme Bédard.

Le ministre a expliqué que les ratios en CHSLD sont de 25 à 32 patients par infirmière de jour, 50 à 64 patients par infirmière de soir, et 75 à 96 patients par infirmière de nuit. Ceux-ci baisseront respectivement à 20 à 27 patients par infirmière de jour, 25 à 32 de soir, puis 37 à 44 de nuit.

«Clairement, avec ces ratios de départ là, vous voyez qu’on a eu ensemble la volonté, à la case départ, d’améliorer les conditions de travail des infirmières», a dit le ministre.

De côté du Centre de santé et des services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), cette annonce du ministre de la Santé était très bien accueillie. Valérie Provencher, agente d’information au CIUSSS, soutenait toutefois que les détails de l’application de ces mesures seraient connus ultérieurement. Elle précise de plus que la réduction du ratio infirmière-patients est indépendante de la promesse formulée il y a quelques semaines par le CIUSSS d’offrir des postes à temps complet à des infirmières à temps partiel. Il s’agit de deux mesures distinctes.

L’harmonie était visible entre la présidente de la FIQ et M. Barrette, qui étaient pourtant à couteaux tirés depuis plusieurs mois.

La FIQ demandait depuis longtemps la révision des ratios personnel-patient, surtout après les moyens de pression mis en place par les professionnelles dans le réseau de la santé.

À la sortie du budget Leitão mardi dernier, Mme Bédard avait même critiqué «l’électoralisme» du gouvernement, et dénoncé que les investissements prévus en santé ne puissent compenser les coupures encaissées par le réseau ces dernières années.

«Pour moi, l’important, c’est le résultat, pour la population et pour les professionnelles en soin. [...] Le ministre m’assure qu’on a le budget et que le coût ne sera pas une embûche aux projets ratios», a répondu Mme Bédard.

Dans la région, le projet-pilote en chirurgie à Trois-Rivières est aussi très bien accueilli par les infirmières. Nathalie Perron, la présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), soutient que ses collègues sont «extrêmement contents». Rappelons que les infirmières du centre hospitalier de Trois-Rivières ont manifesté souvent ces derniers mois notamment par des sit-in leur ras-le-bol devant le manque de personnel.

«Ça va permettre d’ajuster les ratios qui n’ont jamais été ajustés depuis trente ans», affirme Mme Perron. «Les patients restent moins longtemps en chirurgie, mais ils ont des cas plus complexes. Ça va vraiment nous permettre de souffler un peu et de donner des soins que la population est en droit de recevoir.»

L’Ordre des infirmières auxiliaires du Québec a pour sa part salué l’instauration de ces projets ratios à travers la province. Par communiqué, l’Ordre a signifié qu’il collaborerait avec le ministre pour la mise en œuvre des «solutions optimales» pour les patients.