L’urgence du Centre-Cloutier-du Rivage sera remplacée en octobre par une clinique où les infirmières praticiennes spécialisées sont au centre des soins.

La fin de l’urgence de Cloutier-du Rivage

Trois-Rivières — L’urgence du Centre Cloutier – du Rivage comme on la connaît disparaîtra en octobre. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) mettra en place un nouveau modèle de clinique interdisciplinaire où les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) seront au centre des soins et des services offerts aux patients.

Après avoir connu plusieurs épisodes de rupture de services, le CIUSSS MCQ a réévalué les soins offerts au Centre Cloutier-du Rivage. «On a regardé ce qu’on pouvait faire pour offrir une pérennité de services à Cloutier-du Rivage», affirme la Dre Anne-Marie Grenier, directrice des services professionnels et de la pertinence clinique au CIUSSS MCQ. 

Dès le mois d’octobre, cette nouvelle clinique sera ouverte tous les jours de 8 h à 20 h en semaine et de 8 h à 16 h le week-end. Nathalie Boisvert, directrice des services ambulatoires et des soins critiques au CIUSSS MCQ, mentionne que la grande majorité des consultations à l’urgence de Cloutier-du Rivage sont des priorités 4 ou 5, ce qui signifie que la vie du patient n’est pas en danger. Et la majorité de ces patients qui se rendent à l’urgence n’habiterait pas dans le secteur du bas du Cap-de-la-Madeleine. 

«Dans près de 60 % à 80 % des cas qui se retrouvent à l’urgence de Cloutier-du Rivage, une super infirmière aurait pu les régler», explique Mme Boisvert. «La clinique sera beaucoup autour de ces infirmières. Surtout qu’il y a une volonté du ministère de travailler avec elles.»

Dans les faits, l’urgence de Cloutier-du Rivage n’offrait pas pleinement les services médicaux que l’on retrouve dans ce type de service ouvert en tout temps. Déjà, les ambulances vont directement au centre hospitalier régional, ce qui fait que l’urgence du secteur Cap-de-la-Madeleine ne répond plus aux exigences habituelles de ce type de service. 

«C’est la concrétisation que l’urgence n’est plus une urgence. Le fait de retirer le statut d’urgence, comme le ministère le conçoit, ça nous permet d’avoir plus de marge de manoeuvre de faire les choses différemment», ajoute pour sa part la Dre Anne-Marie Grenier.

Si les cas qui se présentent à l’infirmière clinicienne praticienne dépassent ses compétences ou son champ d’expertise, elle pourra bien sûr orienter le patient vers un médecin. Le nombre de médecins sur place passera toutefois de deux à un, ce qui ne devrait pas, assure le CIUSSS MCQ, diminuer les services offerts à la population. 

Une clinique orientée sur les besoins du milieu

Une analyse des soins offerts à la population par le Centre Cloutier-du Rivage démontre, indique la direction de l’établissement, que le secteur de Cap-de-la-Madeleine serait mal desservi par l’urgence telle qu’elle est actuellement. Des rencontres de consultations ont été organisées ces dernières semaines notamment auprès de 24 organismes qui oeuvrent auprès de la population locale. 

À l’exception de Cloutier-du Rivage, il n’existe pas de soins de santé de proximité pour cette population défavorisée. Les infirmières cliniciennes spécialisées pourront, souhaite la direction du CIUSSS MCQ, accompagner plus adéquatement les patients qu’un urgentologue. «On revoit nos services en fonction des besoins locaux», précise la Dre Anne-Marie Grenier. 

«On veut un service plus global pour la population, au-delà de la prescription pour gérer une otite chez un enfant, on veut s’assurer que la mère monoparentale qui vit des circonstances difficiles puisse bien gérer cette situation», ajoute pour sa part Mme Boisvert. 

Une rencontre s’est tenue mercredi avec les employés de Cloutier-du Rivage pour leur faire part de ces changements. Afin de mettre à bien les changements de l’offre de service, quatre IPS seront embauchées par le CIUSSS MCQ. La présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron, accueille favorablement le recours accru aux IPS dans la nouvelle clinique de Cloutier-du Rivage. Elle s’inquiète toutefois des délais prévus pour la mise en place de cette nouvelle façon de faire. 

«C’est important de maintenir les services pour la population. Les postes seront affichés le 24 septembre et ils doivent l’être pour deux semaines», précise-t-elle en ajoutant que le nombre d’IPS est limité dans la région, alors que les besoins sont grands.