Le resto-bar le Shaker de Trois-Rivières est fermé quelques jours pour désinfection après une éclosion de cas de COVID-19.
Le resto-bar le Shaker de Trois-Rivières est fermé quelques jours pour désinfection après une éclosion de cas de COVID-19.

La fin de l’accalmie: les contaminations communautaires plus nombreuses dans la région

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les beaux jours de l’été ont pris fin abruptement cette semaine dans la région, lorsque la Mauricie a basculé directement du palier vert au palier orange. Le nombre de nouveaux cas a bondi, tant en Mauricie qu’au Centre-du-Québec, deux régions en mode «alerte». Le non-respect des règles sanitaires accentue la propagation. C’est d’ailleurs ce qui serait à l’origine d’une propagation au Shaker Trois-Rivières, ce qui a forcé la fermeture préventive du resto-bar.  

Le copropriétaire du Shaker de Trois-Rivières, Cédric Paquet, déplore vivement la situation, car cette propagation aurait comme origine le non-respect des mesures sanitaires. «Je ne peux pas contrôler l’incontrôlable. J’ose espérer que les clients respectent les consignes, mais je ne suis pas dans le secret des dieux de chaque individu», lance-t-il en entrevue.

Cédric Paquet ajoute que la Santé publique lui a souligné que les risques de propagation à des membres de son personnel et aux autres clients sont très faibles. Aucun appel au dépistage massif n’a d’ailleurs été fait par la Santé publique. 

«On applique les mesures à la lettre. Il n’y a pas eu de nouveaux cas d’associés à cette table», mentionne M. Paquet. 

La direction de l’établissement a malgré tout décidé de fermer le restaurant quelques jours pour procéder à une désinfection complète des lieux. 

Questionnée sur cette contamination communautaire, la direction régionale de la Santé publique a confirmé qu’une enquête épidémiologique était en cours à cet endroit. La Santé publique ne commente toutefois pas l’ampleur de la propagation.

«ll y a effectivement eu une intervention de la Santé publique au restaurant Shaker de Trois-Rivières. La Santé publique mène actuellement des enquêtes épidémiologiques impliquant des personnes ayant fréquenté cet endroit», soutient Julie Michaud, agente d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

«Puisque l’entreprise met en application toutes les recommandations qui lui ont été adressées, la population qui fréquente ce lieu n’est pas plus à risque que si elle fréquentait un autre endroit.»

54 nouveaux cas

La direction régionale de la Santé publique rapportait vendredi 54 nouveaux cas de COVID-19, essentiellement à Trois-Rivières et à Drummondville, les deux plus grandes villes de la Mauricie et du Centre-du-Québec. 

En Mauricie, on dénombre 26 nouveaux cas, dont 22 à Trois-Rivières, trois à Shawinigan et un dans la MRC de Mékinac. Du côté du Centre-du-Québec, les 28 nouveaux résultats de dépistage positif proviennent de la MRC de Drummond, avec 22 cas, et des MRC d’Arthabaska, de Bécancour et de Nicolet-Yamaska qui en enregistrent respectivement trois, deux et un.

Six personnes étaient hospitalisées vendredi, dont deux aux soins intensifs. Il s’agit d’une diminution de deux hospitalisations en 24 heures, bien qu’on compte une personne de plus aux soins intensifs. 

Depuis lundi, la Mauricie a enregistré 94 nouveaux cas, alors que le Centre-du-Québec en compte 118 de plus. La propagation du virus a fait grimper le nombre de cas actif à 259 vendredi. 

Avec l’augmentation marquée des cas de COVID-19 dans la région cette semaine, est-ce que la Mauricie et le Centre-du-Québec passeront au rouge comme les régions de Montréal, Québec et Chaudière-Appalaches? La Santé publique considère en effet le nombre de nouveaux cas sur plusieurs jours, mais aussi les modes de transmission du virus. Et elle affirme déjà que la transmission communautaire est actuellement bien présente sur le territoire. 

«On note une tendance à la hausse des cas. L’effort collectif est grandement souhaité pour maintenir notre palier d’alerte et revenir au palier vert le plus rapidement possible. Si les chiffres continuent de monter et si les recommandations de santé publique ne sont pas respectées, la région pourrait passer au rouge, c’est ce que nous voulons éviter», affirme Julie Michaud.

«On constate aussi une hausse des cas et des éclosions dans plusieurs milieux actuellement, que ce soit scolaires, entreprises, résidences privées pour aînés, bars et restaurants.» 

Le passage de la Mauricie et du Centre-du-Québec au palier orange, qui s’accompagne d’un resserrement modeste des mesures sanitaires, est une mise en garde à la population envoyée par les autorités de la santé. 

Par ailleurs, les différentes cliniques de dépistage ont réalisé de lundi à jeudi 6798 tests, soit une moyenne de 1700 par jour. Il s’agit d’une augmentation considérable de la capacité des cliniques de dépistage depuis un mois, alors que la moyenne était alors de 633 tests par jour.