La cause sera entendue en janvier à la cour municipale de Trois-Rivières.

La ferme du nouveau maire en infraction

SAINT-PROSPER-DE-CHAMPLAIN — Le nouveau maire de Saint-Prosper-de-Champlain, René Gravel, devra se défendre devant la cour municipale de Trois-Rivières, en janvier, car il conteste trois infractions qui lui ont été signifiées par la MRC des Chenaux. Tout cela a commencé en septembre, bien avant qu’il soit maire.

C’est que M. Gravel est le deuxième actionnaire de la ferme familiale Gravel R.S.J.M. inc. dont l’actionnaire majoritaire est aujourd’hui son fils. Ces producteurs agricoles vivent d’importantes difficultés avec la topographie particulière de leurs terres dont une partie est en zone de glissement de terrain.

Ils ont donc procédé à une série de travaux dans l’espoir de cesser d’en découdre avec la nature. Le seul hic, c’est que ces travaux ont été réalisés sans permis.

«On a eu trois infractions», explique M. Gravel sans chercher à cacher quoi que ce soit de cette histoire.

Ça fait 40 ans que je travaille près de la rivière et ça fait quelques années qu’il y a des règlements et nul n’est sensé ignorer la loi, comme on dit, mais ces règlements n’étaient ni sur le site de la MRC ni sur celui de la municipalité», plaide-t-il.

«On a fait pour le mieux pour éviter l’érosion», explique le maire, «mais ça prenait un ingénieur pour  qu’il fasse des recommandations, qu’il soumette ça à la MRC et que la MRC les accepte. «On est en infraction parce qu’on n’avait pas demandé de permis», dit-il en précisant qu’il a demandé à un ingénieur de venir voir et de faire un rapport. On a amélioré la situation», raconte-t-il, «mais ça prend un permis et ça, on le reconnaît», dit-il.

«On pensait qu’on était correct parce que ça fait 40 ans qu’on améliore les lieux», explique-t-il.

C’est que les propriétaires de la ferme ne l’ont pas facile avec mère Nature. «À 100 pieds de là, il y a des éboulis chaque année», raconte M. Gravel. «La rivière bouge beaucoup. Pour empêcher l’érosion, on a détourné l’eau par de gros drains qui s’en vont dans le fossé. On a essayé d’améliorer la situation», résume-t-il parce ça se minait à certains endroits, «mais ça prenait un permis», répète-t-il.

Jusqu’à présent, l’entreprise familiale a injecté quelque 10 000 $ pour essayer d’améliorer ses terres en mettant du drainage souterrain et ce n’est pas fini. Il faudra mettre encore plus de drainage puisque toute l’eau des voisins d’en haut s’écoule vers les terres des Gravel. «Au printemps, il y a énormément d’eau et des éboulis», raconte-t-il. «Ça se mine. Des tonnes de terre s’en vont chaque année à la rivière», raconte le producteur agricole.

L’entreprise agricole est donc aux prises avec trois plaintes, soit une au sujet des permis, une autre concernant du remplissage et du détournement d’eau et l’autre en lien avec une intervention visant à éviter des accidents, dit-il. «On a pris 200 voyages de terre qu’on a mis en haut et qu’on a étendu sur du sable», explique M. Gravel.

Le maire indique que s’il n’y avait pas eu de plaintes, rien de tout ça ne serait survenu, «mais on n’a pas tout le temps de bons amis. C’est de la politique», fait-il valoir. La plainte déposée à la MRC a d’ailleurs émergé de quelqu’un de la municipalité de Saint-Prosper, précise-t-il.

René Gravel indique que maintenant qu’il est maire, il ne touche plus à ce dossier. Quand il en est question, dans les réunions du conseil, «je me retire», assure-t-il en précisant qu’il a eu l’occasion d’en discuter avec de gens du ministère des Affaires municipales.

M. Gravel assure que si des ordonnances émergent de la cour municipale dans ce dossier, en janvier, «on va se conformer et s’il y a des choses à faire, on va les faire», assure-t-il.