Jason St-Amour, président de la FÉCQ.
Jason St-Amour, président de la FÉCQ.

La FÉCQ inquiète pour les futurs ambulanciers

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Shawinigan — La Fédération étudiante collégiale du Québec a profité de la grande simulation d’un accident majeur organisée lundi par le Collège Shawinigan, pour certains de ses étudiants, dont ceux qui veulent faire carrière dans les services préhospitalier d’urgence, pour alerter l’opinion publique au sujet de la grève des services ambulanciers du Québec qui perdure depuis le 2 février 2017.

C’est que les étudiants qui termineront leur formation à la prochaine session d’hiver craignent de ne pas être en mesure de faire leur stage de 300 heures qui leur permettra d’exercer la profession d’ambulancier puisque les divers services ambulanciers du Québec refusent de prendre des stagiaires jusqu’à ce que le conflit soit réglé avec le gouvernement.

Jason St-Amour, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec a donc profité de la simulation qui se tenait au Collège Shawinigan pour alerter l’opinion publique à ce sujet.

«Présentement, nos étudiants de troisième année ne pourront pas faire leur stage et être diplômés», déplore-t-il.

Cette situation touche actuellement 11 collèges, dit-il «et près de 300 étudiants».

Il s’agit d’une profession, précise-t-il, qui détient un taux de placement de quelque 90 %. «Le Québec ne peut pas vraiment se priver de ces étudiants-là», prévient M. St-Amour.

«C’est important que le ministre réussisse à remettre tout le monde autour de la table des négociations parce que, pour le moment, les gens qui sont pris en otages, ce sont nos étudiants», déplore-t-il.

Le Collège Shawinigan a réitéré, lundi, qu’il songe toujours à régler le problème en remplaçant le stage par des heures de laboratoire de simulation, mais que rien n’est encore décidé.

Jason St-Amour croit que cette option est inacceptable.

«Ce que nous disent les étudiants et la réflexion aussi qu’on a, c’est au niveau de l’équivalence académique», dit-il.

«Est-ce que la réalité peut vraiment être reflétée en laboratoire? C’est presque impossible de jouer la douleur. Il faut être capable de reconnaître ça chez un patient. C’est important que les étudiants fassent des stages dans la réalité», argumente-t-il.

«Si cette cohorte-là fait des stages seulement en laboratoire, «est-ce qu’il va y avoir de la discrimination à l’embauche lorsqu’ils vont arriver dans le milieu ambulancier?», se questionne aussi M. St-Amour. «Eux n’ont peut-être pas réalisé de stage donc n’ont peut-être pas autant d’expérience qu’un autre candidat», fait-il valoir.

Le Nouvelliste a récemment posé la question au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Par voie de courriel, le ministère répond ceci: «Que l’activité d’apprentissage soit un stage ou une simulation en milieu scolaire, le Collège Shawinigan a la responsabilité de mettre en place les activités d’apprentissage requises pour l’atteinte des objectifs standards. La détermination des activités d’apprentissage visant l’atteinte des compétences, de même que la certification de l’atteinte des compétences par les étudiants, font partie des responsabilités des collèges.»