La FCCQ propose au gouvernement un contrat moral avec les restaurateurs

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que le gouvernement propose un contrat moral aux Québécois pour le temps des Fêtes, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) souhaite quant à elle lui offrir un contrat moral avec les restaurateurs. Après avoir consulté son réseau des chambres de commerce au cours des derniers jours, la FCCQ a présenté lundi des pistes de solution au gouvernement afin d’aider les restaurateurs à pouvoir retrouver le plus rapidement possible leurs opérations.

«On se fait interpeller sans arrêt par nos restaurateurs, nos membres. Il faut leur donner de l’oxygène un peu, sinon, on risque d’en perdre plusieurs dans les prochains mois. Pourquoi ne pas leur faire confiance?», soutient le président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Jean Pellerin.

On rappelle que François Legault a annoncé que les restaurants, les salles de spectacles et les salles d’entraînement situés en zone rouge resteront fermés jusqu’au 11 janvier prochain, mais que le gouvernement a par la même occasion autorisé les rassemblements familiaux pour quelques jours durant la période des Fêtes. Pourtant, dit la FCCQ, les restaurants auraient pu représenter des lieux sécuritaires pour des réunions en famille, étant donné les nombreux investissements sur le plan sanitaire. «C’est un coup extrêmement dur pour plusieurs entreprises, non seulement sur leurs finances, mais aussi sur leur moral. Nous comprenons que les chiffres actuels des cas de COVID-19 ne permettent pas un retour à la normale complet, mais les entreprises en restauration ont investi des sommes importantes pour l’aménagement de leurs espaces selon les meilleures normes sanitaires. Les rassemblements en nombre limité dans ces établissements auraient pu se faire sans compromettre la santé publique», a déclaré Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.

«La communauté d’affaires, autant dans les villes qu’en région, pousse un cri du cœur devant la crainte de voir plusieurs commerces disparaître en raison de cette nouvelle fermeture prolongée. Les entreprises ont suivi toutes les consignes depuis le tout début de la pandémie. Elles ont fermé une première fois, ont investi pour adapter leur commerce, ont refermé temporairement et maintenant, on repousse encore une fois leur réouverture. On ne peut rester insensible à la réalité que ces entreprises rencontrent. Tout en demeurant vigilant sur les pratiques de santé publique, selon nous, le gouvernement devrait préparer le terrain à la réouverture des restaurants, et envoyer des signaux en ce sens aux entrepreneurs en restauration ainsi qu’à la population», a ajouté M. Milliard.

Celui-ci reconnaît que le gouvernement a posé des gestes pour aider les restaurateurs, notamment avec les mesures d’allègements réglementaires pour autoriser les livraisons d’alcool par des tiers, «mais force est de constater que ce ne sera pas suffisant».

La FCCQ propose donc que durant le temps des Fêtes, soit lors de la période du 24 au 27 décembre, les restaurateurs aient la possibilité d’accueillir un nombre restreint de personnes dans leurs salles à manger.

«Et lorsque la courbe des cas/décès sera sur une pente descendante, il faut s’assurer que l’annonce de la réouverture des opérations en salles à manger des restaurants ait lieu dès que possible, afin de permettre un délai raisonnable aux restaurateurs pour se préparer», suggère-t-on.

Selon la FCCQ, au moment de la réouverture des opérations en salles à manger, les restaurants pourraient limiter la fréquentation à un nombre restreint de leur capacité actuelle, suffisamment intéressant sur le plan financier pour reprendre leurs opérations et en fonction de leur réalité régionale.

«Pour l’avenir, il faut éviter de retourner dans une fermeture complète des salles à manger. Une ouverture avec un nombre restreint de clients, tout en appliquant des mesures de protection de la santé publique, serait une meilleure avenue étant donné les conséquences sur les emplois et la chaîne d’approvisionnement des restaurateurs», poursuit la Fédération.

Reporter les remises de TPS et TVQ sur les ventes faites par les restaurants, bars et autres entreprises visées par des fermetures forcées, jusqu’au 30 juin 2021, pénaliser plus sévèrement les restaurants et tenanciers de bar qui n’appliquent pas les règles de santé publique et inclure dans les campagnes d’achat local un volet spécifique pour encourager les restaurants, bars, gyms et autres établissements fermés en zone rouge, et redonner confiance à la clientèle: voilà d’autres pistes de réflexion soumises par la FCCQ.

En plus des gens qui ont survécu à la COVID-19, on avance l’idée de recourir aux employés en restauration dans les prochaines campagnes de sensibilité du gouvernement du Québec quant au respect des normes de santé publique, puisque ceux-ci subissent les impacts de cette crise et que le message véhiculé serait puissant.

«Il y a environ 21 000 établissements en restauration au Québec qui sont dans l’incertitude. Il y a des réalités régionales différentes et des solutions mur à mur sont difficilement envisageables. On comprend le défi pour le gouvernement du Québec de répondre à ces préoccupations. Seulement, il serait nécessaire qu’il envoie des signaux positifs à cette industrie, pour une reprise à court terme. Il faut travailler dès maintenant à un scénario de reprise des opérations en restauration au 11 janvier 2021, avec un nombre restreint en salle à manger, car un report au-delà de cette date aurait des conséquences encore plus dévastatrices sur l’industrie», conclut Charles Milliard.