La direction du Château Bellevue s’assure que ses résidents peuvent prendre l’air en respectant les mesures de protection imposées par le gouvernement du Québec.
La direction du Château Bellevue s’assure que ses résidents peuvent prendre l’air en respectant les mesures de protection imposées par le gouvernement du Québec.

La direction du Château Bellevue prend la défense de ses résidents

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — La direction du Groupe Château Bellevue défend vigoureusement les mesures mises en place pour protéger les résidents de son nouveau complexe de Shawinigan. Au cours des derniers jours, certains commentaires et photos publiés sur les réseaux sociaux s’attaquaient au fait que des personnes prenaient leur marche à l’extérieur sans respecter les recommandations de distanciation physique.

Le Groupe Château Bellevue possède huit complexes pour retraités à travers la province. La direction a publié une mise en garde dans chacun de ses marchés jeudi, mais Frédéric Lepage, président - directeur général de l’entreprise, reconnaît que le problème est particulièrement aigu à Shawinigan.

«Disons que ça fait un peu plus de tapage qu’ailleurs», commente-t-il.

«Des gens sont venus prendre des photos et les ont mises sur les réseaux sociaux, ce qui n’a vraiment pas été apprécié par nos résidents. Ils se sentent guettés. Pourtant, nos résidents sont dans leur droit. Ils font ce qu’on leur recommande, soit prendre des marches sous une supervision de notre part. La population en général n’est peut-être pas au courant de cette mesure.»

En fait, depuis le 23 mars, les résidences pour aînés confinent les personnes de 70 ans et plus à l’intérieur, afin de réduire les chances de contamination de la COVID-19. Elles peuvent toutefois prendre l’air sous supervision, ce dont la direction du Château Bellevue s’assure.

«Les marches ne sont pas interdites», insiste M. Lepage. «Un encadrement doit être là et une distance doit être respectée. Si la population voit des gens à l’extérieur du Château Bellevue marcher dans la cour, c’est normal!»

Un horaire bien précis est établi pour permettre aux résidents d’aller à l’extérieur, avec un employé ou bénévole par groupe de cinq personnes.

«Plus cette crise avance et plus les gens à l’intérieur comme à l’extérieur du Château Bellevue s’impatientent», convient M. Lepage. «On voit un phénomène de personnes qui se guettent mutuellement.»

Cette chasse aux sorcières sur les réseaux sociaux déçoit d’autant plus M. Lepage que selon lui, difficile de trouver des endroits plus sécuritaires que ses établissements à l’heure actuelle. Dès le 12 mars, un gardien était installé à l’entrée principale de chaque complexe.

«Entrer au Château Bellevue présentement, c’est comme passer aux douanes», illustre M. Lepage. «On pose des questions, on vérifie les risques. Nous avons un traitement particulier pour les colis. Nous avons mis les mesures nécessaires en place, la population n’a pas à s’inquiéter. C’est probablement l’endroit le plus sécuritaire actuellement pour cette clientèle.»

«Il y a plus de 500 résidences avec des cas de COVID-19, mais dans la majorité des cas, ce sont des CHSLD ou d’autres types de ressources qui ne sont pas des résidences privées», souligne-t-il. «Nous ne sommes pas à l’abri, mais les grandes organisations ont pris ça au sérieux dès le départ.»

«Environ 20 % de la population aînée est en résidence», ajoute-t-il. «Quatre-vingts pour cent sont dans leur maison, en contact avec leurs enfants ou des gens de la santé publique. S’ils ne respectent pas les règles, personne ne va les réprimander. Chez nous, les sorties sont supervisées, les repas sont livrés chez chaque résident. Il n’y a pas un visiteur qui entre sans être filtré. Je ferais le pari qu’à la fin de cette crise, les aînés les mieux protégés de la société seront ceux qui auront été à l’intérieur de nos murs.»

Discipline

Pour le moment, M. Lepage ne recense aucun cas de contamination dans ses complexes, y compris celui de Shawinigan. L’isolement préventif d’un employé juste avant le début de la crise a sans doute permis d’éviter de gros problèmes, puisqu’il a effectivement contracté la COVID-19.

«L’employé nous a téléphoné et nous disait que certains symptômes se manifestaient», raconte le président - directeur général. «Nous l’avons donc isolé de façon préventive. Sa dernière date de travail était avant qu’il soit contagieux. Il a été mis en isolement avant d’entrer en contact avec les résidents, ce qui nous a permis d’éviter le pire, grâce à notre vigilance et celle de notre employé.»

Malgré tout, M. Lepage reconnaît que le respect des mesures représente toujours un enjeu, trois semaines après le début de la crise.

«Notre gros défi est de faire respecter les consignes», indique-t-il. «Nous avons pris les moyens pour que ça arrive. Notre supervision est incroyable, mais les gens doivent faire des efforts.»

À l’une de ses résidences qu’il n’a pas voulu identifier, M. Lepage raconte qu’une dame avait prétexté un rendez-vous médical pour sortir. Elle est revenue avec des sacs d’épicerie et l’entourloupette n’est pas passée inaperçue.

«Elle a été mise en quarantaine», soupire le dirigeant.