Si personne ne se manifeste pour sauver l’édifice, la démolition sera envisagée.

La démolition du Centre communautaire de Louiseville est envisagée

LOUISEVILLE — Après l’obtention des différents rapports d’ingénieurs, le conseil municipal de Louiseville a statué. Il n’y aura pas de restauration ni de reconstruction du Centre communautaire.

C’est à l’unanimité que les six conseillers municipaux se sont prononcés, lundi soir. Si personne ne se manifeste pour sauver l’édifice, la démolition sera envisagée. Cette décision a été prise après que des ingénieurs aient observé un nombre dangereux de fissures dans les murs de l’édifice en plus de constater la présence d’amiante à l’intérieur de ceux-ci. Si la Municipalité avait souhaité restaurer ou encore reconstruire l’endroit, des coûts de plusieurs millions de dollars auraient dû être assumés. Chose que Louiseville ne peut, semble-t-il, pas se permettre. La démolition, quant à elle, impliquerait des coûts qui ont été estimés à 670 000 $.

Le directeur général de la ville, Yvon Douville, assure d’ailleurs avoir étudié tous les scénarios possibles selon les moyens dont disposait la Ville. «Lorsqu’on se fait dire par un ingénieur qu’une reconstruction entière, qui nous fournirait les mêmes services qu’auparavant, coûterait 15,3 M$, ça fesse. C’est donc avec le cœur gros que nous prenons cette décision, mais nous n’avons pas le choix de le faire.»

Il est à noter qu’aucun délai n’a été fixé quant à la démolition officielle du Centre communautaire. «Nous en sommes présentement à l’étape du deuil. Cependant, nous ne pourrons pas continuer d’entretenir un bâtiment fermé éternellement», soutient M. Douville.

Lorsque le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, a procédé à l’annonce de cette décision, plusieurs citoyens, qui tenaient à la préservation de ce bâtiment, ont exprimé leur fort désaccord face au choix de la Municipalité. «Les gens se sont exprimés et on respecte ça. Cependant, on analyse la situation depuis un certain temps en compagnie des différents spécialistes et c’était la seule solution. On pense toujours à l’argent des citoyens quand on doit faire ces choix. C’est malheureux, mais on n’a pas le choix de démolir un très beau bâtiment», explique le maire.

Avant d’être évacué en septembre dernier en raison de fissures observées dans les murs, le Centre communautaire de Louiseville abritait pas moins de 17 organismes. Ces derniers ont évidemment tous dû être relocalisés ailleurs dans la ville pour poursuivre leurs activités.

Plusieurs citoyens ont manifesté leur désaccord à la suite de l’annonce du maire Yvon Deshaies.

Plusieurs d’entre eux disent s’être retrouvés dans des endroits plus étroits et dans lesquels ils n’étaient plus en mesure d’offrir les mêmes services.

«Lorsque nous étions au Centre communautaire, nous disposions de tout l’espace nécessaire pour traiter nos patients de la meilleure façon qui soit. Maintenant que nous sommes confinés dans un local plus petit, il est difficile pour nous de respecter la confidentialité de ceux que l’on traite. Les gens ici appréciaient le Centre communautaire», raconte l’intervenante à Ressources alternatives Maskinongé, Koralie Vézina.

Selon la coordonnatrice de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la MRC de Maskinongé, Nadia Cardin, avoir tous les organismes éparpillés dans la ville représente une perte importante pour les citoyens. «Avoir un endroit où se rendre pour avoir accès à la totalité des services offerts par les organismes, c’est très bénéfique pour les résidents. C’est pourquoi nous tenterons de tout faire pour élaborer la solution ayant l’impact le plus positif possible pour les citoyens», mentionne-t-elle.

Aux yeux de la Corporation, la décision qui a été prise par la Ville n’est pas uniquement négative. «Nous savons qu’il s’agit de la meilleure décision en fonction des moyens disponibles et de la réalité de Louiseville. Pour nous, il s’agit d’un élément de plus dans la discussion avec nos partenaires régionaux. Au moins, on sait maintenant ce qui se passe avec le bâtiment et on peut utiliser cette décision comme une solution potentielle», explique Mme Cardin avant de souligner que des alternatives seront maintenant élaborées parmi les différents partenaires qui travaillent à recréer l’esprit d’un Centre communautaire à long terme.

La CDC de la MRC de Maskinongé a d’ailleurs épaulé tous les organismes dans leurs démarches depuis le tout début. «La CDC a joué un rôle de premier plan dans l’appui des organismes, car une telle situation touche directement notre mission. Au départ, nous avons collaboré avec les organismes pour leur offrir des alternatives à court terme et, par la suite, à moyen terme.»

Une pétition pour une éventuelle piscine présentée

Depuis maintenant plusieurs années, bon nombre de Louisevillois se battent pour l’obtention d’une piscine municipale. L’un d’entre eux, Steve Godi, a même réussi à recueillir quelques centaines de signatures dans une pétition visant à finalement voir le projet de la piscine se concrétiser.

C’est lors de la séance du conseil, lundi soir, que M. Godi a présenté son idée au maire Deshaies. Ce dernier a ensuite exprimé sa volonté d’aller de l’avant, mais a une fois de plus évoqué les moyens disponibles comme limite aux volontés des citoyens. «Je rêve moi aussi d’avoir une piscine à Louiseville. Je peux également affirmer qu’un jour, la ville aura besoin d’en avoir une. Cependant, il m’est impossible de savoir quand ce sera possible», a fait savoir Yvon Deshaies.