La troisième semaine du procès de la Coalition contre le bruit au lac à la Tortue donnera lieu aux témoignages des citoyens qui vivent très bien avec cette activité touristique des vols d’hydravions.

La défense contre-attaque

SHAWINIGAN — Si les deux premières semaines du procès du recours collectif de la Coalition contre le bruit ont surtout donné la parole aux riverains exacerbés par les vols d’hydravions touristiques, la défense pourra contre-attaquer cette semaine en faisant témoigner des citoyens qui vivent très bien avec cette activité.

Avocate représentant Bel-Air Laurentien aviation, Me Myriam Brixi assure que les appuis ne manqueront pas. Elle prévoit appeler «entre 20 et 40 personnes» à la barre.

«Nous aurons aussi des experts, des représentants de Transports Canada, des gens de la communauté d’affaires pour situer l’appréciation de l’impact économique des activités de notre cliente et aussi des riverains, bien évidemment», ajoute sa collègue, Me Karine Joizil.

Le procès reprend mardi avec le dernier témoignage en faveur de la partie demanderesse et pas le moindre. Il s’agira de Liliane Guay, présidente de la Coalition contre le bruit et personne désignée dans le cadre de ce recours collectif. Vendredi, Me Marie-Anaïs Sauvé, avocate pour la partie demanderesse, a retiré deux témoins qui étaient prévus, soit Danielle Martin et Jacques Dessureault. Elle n’a pas voulu s’avancer très loin sur les raisons de cette décision.

«C’est un choix», laisse-t-elle tomber. «On n’en avait pas besoin.»

La défense devrait présenter ses témoins pour le reste de la semaine. Par la suite, les experts entreront en scène des deux côtés.

Liliane Guay, présidente de la Coalition contre le bruit, doit témoigner mardi au palais de justice de Shawinigan.

Inconvénients
Rappelons que ce recours collectif vise à ce que Bel-Air Laurentien aviation réduise ses vols touristiques au lac à la Tortue à un «niveau raisonnable». De plus, la Coalition contre le bruit réclame une somme de 5000 $ par année à compter de 2008 pour chaque membre, à titre de dommages pour les troubles et inconvénients subis.

Ces troubles et inconvénients ont d’ailleurs meublé la plus importante partie du procès jusqu’à maintenant. Mardi, Mme Guay deviendra le 18e témoin appelé à la barre, nombre qui inclut Phat Nguyen, cet expert en acoustique qui a fait vivre à la cour les décibels des hydravions en direct le 28 mars.

Vendredi, Jonathan Chevalier, Danielle Gauthier-Larivière et Véronique Larivière se sont succédé pour appuyer les témoignages des riverains qui n’en peuvent plus de subir ces vols d’hydravions touristiques. Essentiellement, ces personnes dénoncent l’intensité du bruit, particulièrement au moment du décollage, et la fréquence de ces vols. La quiétude que les riverains recherchent habituellement sur le bord d’un lac est mise à mal. Selon les membres du recours collectif, la simple lecture d’un livre à l’extérieur, une conversation téléphonique ou un repas entre amis deviennent inimaginables lorsque les autobus de touristes affluent sur les quais de Bel-Air Laurentien aviation, particulièrement à l’automne. Les plaignants affirment à peu près tous que cette activité joue sur leur humeur. À la longue, ils deviennent irascibles.

Même les activités nautiques sur le lac sont touchées. Ainsi, Mme Larivière mentionnait vendredi qu’elle préférait se priver de faire du kayak plutôt qu’être stressée par la présence des hydravions à l’horizon.

Sa mère, Danielle Gauthier-Larivière, a servi toute une image à la cour sur la qualité de vie à sa résidence du chemin de la Vigilance. «C’est comme si on avait une maison sur une piste d’atterrissage!»

Surprise, la journée de vendredi s’était terminée avec le témoignage de Carmen Melançon, qui habite depuis 32 ans au secteur... Beaurivage. La partie défenderesse a d’ailleurs soulevé une objection à la production de ce récit, puisque la dame ne réside pas dans le périmètre visé par le recours. La juge Suzanne Ouellet a toutefois voulu l’entendre.

Mme Melançon a raconté à quel point elle avait observé une augmentation des passages d’hydravions au-dessus de sa tête en 2008 et 2009. Ces activités ont ralenti par la suite, mais elles demeurent intenses à l’automne, fait-elle remarquer.

Depuis le début du procès, Me Joizil s’applique à demander, en contre-interrogatoire, si les témoins ont pu identifier les fameux hydravions et s’ils pouvaient certifier qu’il s’agissait bien de vols touristiques. Mme Melançon a reconnu qu’elle ne savait pas à qui appartenaient ces appareils.