La CSN considère que le gouvernement devrait investir davantage dans les services de garde éducatifs au lieu de déployer les maternelles 4 ans accessibles à tous.

La CSN défend la qualité des services de garde

TROIS-RIVIÈRES — Des représentants du Conseil central du Cœur du Québec (CCCQ) de la CSN ont réitéré leur souhait de voir le gouvernement investir davantage dans les services de garde au lieu d’implanter les maternelles 4 ans accessibles à tous lors de rencontres avec des députés de la région.

«On partage les mêmes valeurs que le gouvernement sur la qualité, l’accessibilité, le dépistage précoce», explique Paul Lavergne, président du CCCQ-CSN. «La seule chose, c’est qu’on ne partage pas le comment».

Selon la CSN, la solution pour offrir des services de meilleure qualité aux enfants du Québec passe par un investissement plus important dans les services de garde, dont les centres de la petite enfance (CPE). «Nous ce qu’on dit, c’est que tout existe déjà, on n’a pas besoin de réinventer, il s’agit juste de bien faire les choses», indique M. Lavergne.

Les représentants syndicaux ont fait valoir leurs points à Simon Allaire, député de Maskinongé, Sébastien Schneeberger, député de Drummond-Bois-Francs, ainsi qu’à l’équipe d’Éric Lefebvre, député d’Arthabaska. Ils espèrent, après ces rencontres, susciter des discussions à l’intérieur du caucus de la CAQ concernant leurs propositions. «On se dit, ‘renseignons-les correctement pour qu’ils posent de bonnes questions lorsqu’ils vont être en étude du dossier’», affirme M. Lavergne.

Vanter les services de garde

La CSN considère que le budget consacré à l’implantation des maternelles 4 ans à travers la province, qui s’élève à 800 000$ par classe, pourrait servir à améliorer et déployer davantage le réseau de services de garde déjà en place. Le syndicat propose même que cet argent contribue à rendre les services de garde éducatifs gratuits pour les familles québécoises, sans toutefois connaître le coût d’une telle mesure.

«Il y a eu des études dans le passé qui ont démontré hors de tout doute raisonnable que pour chaque dollar investi dans le réseau de services de garde éducatifs, il y a 1 40$ qui revient au gouvernement», souligne le président de la CCCQ-CSN. «Je n’ai pas besoin de savoir qu’est-ce que ça représenterait comme dépense de rendre les CPE gratuits, je le sais que c’est payant», dit-il.

C’est en mettant de l’avant les mérites des services de garde et de ses éducatrices que la CSN a avancé cette idée. «Le réseau, ça fait 20-25 ans qu’il existe, il est complet, il est bien fait, il faut juste lui donner de l’air, lui donner les moyens», affirme M. Lavergne.

Nathalie Frappier, enseignante en Techniques d’éducation à l’enfance au Collège Shawinigan, a rappelé que les diplômés de ce programme suivent plus de 1000 heures de formation et doivent effectuer plusieurs stages. «Il faut qu’on reconnaisse que ces travailleuses-là, ce sont des spécialistes, mais pour bien faire leur travail, elles ont besoin d’outils», commente Dominique Jutras, présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE (SRTTCPE) de la CSN.

Des écoles mal adaptées?

Les représentants syndicaux ont également réitéré leurs inquiétudes mises de l’avant dans la campagne de la CSN «4 ans, c’pas grand» concernant la capacité de l’environnement scolaire à s’adapter aux enfants de 4 ans.

«Les envoyer en autobus scolaire à l’école dans un milieu non adapté à leur grandeur ou à leur réalité, ça va être contre-productif», indique M. Lavergne.

Les questions des journées pédagogiques, du transport scolaire, de la semaine de relâche et des vacances d’été ont notamment été soulevées.

Mme Jutras considère également que le gouvernement fait fausse route en se basant sur le projet de maternelle 4 ans pour augmenter le nombre de dépistages précoces auprès des enfants.

«Souvent, on a déjà dépisté et souvent, on a cogné à la porte des parents, nous, ce chemin-là est déjà fait», dit-elle.

Selon la CSN, la priorité devrait plutôt être de remédier au manque de communication entre les services de garde et les écoles pour ce qui est des dépistages et des plans d’intervention enclenchés à la petite enfance. «Tout ce qui se fait en dépistage précoce avant 4 ans dans le réseau éducatif n’est pas toujours transmis à l’école parce que les canaux ne sont pas nécessairement créés», explique M. Lavergne.

Questionné à savoir quelle serait la meilleure solution à envisager dans ce contexte, Paul Lavergne estime qu’elle serait de continuer à implanter les maternelles 4 ans seulement en milieu défavorisé et de déployer le réseau de services de garde éducatifs.