Le président de la Fondation Cédrika Provencher et grand-père de la fillette enlevée en 2007, Henri Provencher, montre dans ses mains des zines créés par des étudiantes de l’UQTR. On reconnaît derrière les auteurs des premiers zines du projet, Marie Durand-Fernandes, Nathalie Latour, Johanne Prud’homme, professeure au département des lettres et communication sociale ainsi que Maïté Dubé. La coordonnatrice des Picom à l’UQTR, Marie-Ève Perron, a également participé au dévoilement du projet.

La créativité comme outil de sensibilisation

TROIS-RIVIÈRES — Toujours à la recherche d’outils pouvant aider à prévenir les enlèvements d’enfants et les fugues, la Fondation Cédrika Provencher s’associe avec l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Ce partenariat permet de proposer d’abord quatre histoires sous forme de zines, un genre qui s’apparente au journal intime, écrites par des étudiantes en littérature. Ce projet intitulé Zines pourra par la suite être alimenté par les créations provenant du public.

Ces étudiantes ont écrit ces histoires indépendantes, mais complémentaires qui pourront permettre de prévenir les enlèvements et les fugues. Ces histoires abordent l’univers de quatre personnages concernés par le thème de la fugue. On prend les points de vue de l’adolescente fugueuse, de la mère surprotectrice, de la meilleure amie, de même que le voisin et son œil totalement extérieur. Les zines, qui peuvent déjà être consultés sur le site Internet de la Fondation Cédrika Provencher à fondationcedrika.org, reprennent le visuel caractéristique de ce genre littéraire. Les quatre zines produits par les étudiantes sont faits à la main et les textes sont accompagnés d’images ou dessins.

Les auteures qui ont participé à ce projet dirigé par Johanne Prud’homme, professeure au département des lettres et communication sociale de l’UQTR, sont Maïté Dubé, Marie Durand-Fernandes, Nathalie Latour et Annie-Claude Ménard. Elles transmettent dans leurs histoires les consignes de sécurité sur les fugues et la cyberprédation en tentant de favoriser le dialogue entre les adolescents qui liront ces textes et leur entourage. L’objectif est d’inciter les jeunes à recourir à de l’aide s’ils en ont besoin.

Le volet du projet Zines développé avec l’UQTR s’est déroulé dans le cadre d’un cours Picom (Projet d’intervention dans la communauté).

«C’est un nouvel outil que nous avons pour prévenir les enlèvements et les fugues», mentionne très heureux Henri Provencher, président de la Fondation Cédrika-Provencher et grand-père de la fillette enlevée 2007 avant d’être assassinée.

Si le projet Zines débute avec les quatre créations des étudiantes de l’UQTR, il vivra surtout des contributions du grand public. Les jeunes et moins jeunes sont donc invités à créer leurs propres zines et les soumettre par le site Internet de la fondation. Des outils ont été mis en place afin de faciliter l’opération.

«Si un jeune se sent mal à l’aise devant un proche qui l’agresse ou en abuse, il va avoir un moyen avec ça de nous communiquer son appréhension. Nous allons le recevoir et la possibilité de transmettre ça aux personnes qui peuvent l’aider», mentionne Henri Provencher. «C’est un outil de communication.»

Les zines ainsi soumis seront publiés sur le site de la fondation et pourront, on l’espère, aider d’autres jeunes qui vivent des situations similaires.

Ce n’est pas les projets qui manquent dans la tête d’Henri Provencher pour faire progresser la mission de la Fondation Cédrika Provencher. Mais le financement est le nerf de la guerre.

«Nous avons des projets qui avancent, mais c’est toujours la même chose. Si on avait les sous en proportion, ça ferait longtemps que tous les projets seraient terminés. On y va avec le bon vouloir des gens et la collaboration de bénévoles», avoue Henri Provencher. «On va finir par arriver au produit qu’on veut avoir.»