Le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec demande au gouvernement Legault d’agir concernant le règlement de plaintes en lien avec la loi sur l’équité salariale.
Le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec demande au gouvernement Legault d’agir concernant le règlement de plaintes en lien avec la loi sur l’équité salariale.

«La COVID a le dos large!», déplorent les syndicats

TROIS-RIVIÈRES — Les syndicats représentant les employés du secteur de la santé multiplient les sorties publiques et les manifestations ces jours-ci afin de dénoncer l’attitude du gouvernement Legault en ces temps de pandémie.

«La COVID a le dos large, très large. Comme ce sont des arrêtés ministériels qui sont au-dessus des conventions collectives, nous n’avons pas de recours. Il y a des abus, des annulations de congé et de vacances, par exemple. Même dans les endroits où il n’y a pas de COVID, comme à La Tuque. Les employés se sentent comme des esclaves», déplore Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ).

Une vingtaine d’infirmières et d’infirmières auxiliaires représentées par ce syndicat ont d’ailleurs manifesté, jeudi, devant le CHSLD Cloutier-du Rivage à Trois-Rivières. Elles réclament de meilleurs ratios de patients par infirmière et exigent que la situation vécue lors de la crise dans les résidences pour aînés ne se reproduise plus jamais.

Selon Mme Perron, des ratios plus bas amélioraient significativement les soins en CHSLD.

«Ça fait plusieurs années que l’employeur ne respecte pas les ratios et c’est prouvé que des ratios élevés et non sécuritaires augmentent le nombre d’incidents et de décès», déplore-t-elle.

Mobilité coûteuse

La volonté des gestionnaires du réseau de préconiser la mobilité du personnel, qui a d’ailleurs été un enjeu majeur lors des négociations de la présente convention collective, a eu des conséquences catastrophiques tout au long de la crise sanitaire, selon la dirigeante syndicale.

«Nous demandions de la stabilité, mais l’employeur ne voulait que de la mobilité. On voit ce que ça donne. Si un employé fait cinq centres en cinq jours [et qu’il est porteur de la COVID-19], il peut contaminer cinq centres», mentionne Mme Perron.

De son côté, le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec – CSN multiplie les sorties depuis quelques jours afin de dénoncer également les agissements du gouvernement. Certains de ses membres ont notamment manifesté devant le CHSLD Laflèche du secteur Grand-Mère de Shawinigan, jeudi, afin de réclamer que les employés de l’endroit, qui a été le lieu d’une importante éclosion de COVID-19, reçoivent les primes promises par Québec. Vendredi, des représentants de ce syndicat se sont présentés devant le CLSC Laviolette à Trois-Rivières. Cette fois, ils demandaient au gouvernement Legault d’agir concernant le règlement de plaintes en lien avec la loi sur l’équité salariale, déposée en 2010.

«Nous voulons que le gouvernement respecte sa propre loi», martèle Pascal Bastarache, président de ce syndicat.

À l’instar de Mme Perron, ce dernier considère que le gouvernement se permet des actions qu’il qualifie d’irresponsables, et ce, en prétextant que la situation actuelle les justifiait.

«Ils annoncent des choses à la télévision et après, les organisations ne savent même pas comment les appliquer, notamment les versements des primes car il y a plein de restrictions», poursuit-il.