Des représentants de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux étaient de passage à Shawinigan, mercredi.
Des représentants de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux étaient de passage à Shawinigan, mercredi.

La COVID-19 amplifie les problèmes, clame l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — La situation qui prévaut actuellement dans le réseau de la santé en raison de la pandémie de COVID-19 amplifie les problématiques qui étaient déjà présentes selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

C’est le discours qu’ont tenu les dirigeants de ce syndicat qui compte 56 000 membres, dont 4500 qui oeuvrent dans les établissements du CIUSSS – Mauricie et Centre-du-Québec, mercredi, lors d’une visite à Shawinigan s’inscrivant dans leur tournée nationale estivale.

Depuis déjà plusieurs années, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dénonce la pénurie de main-d’œuvre, la surcharge de travail, le stress, ainsi que de nombreux problèmes de santé et sécurité du travail, qui pèsent sur les épaules du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux. L’APTS considère que la crise sanitaire actuelle a eu pour effet de mettre ces failles au grand jour. Toujours selon ce syndicat, elle a également permis de confirmer l’importance du caractère public du réseau, qui a assuré la continuité des services alors que le secteur privé s’en est montré incapable.

«Nos demandes ont été faites avant la pandémie. Mais la COVID-19 a mis une lumière différente sur les enjeux», soutient Véronic Lapalme, deuxième vice-présidente de l’APTS.

Sur la photo: Véronique Lapalme, deuxième vice-présidente de l’APTS et Pascale Leclerc-Gingras, représentante syndicale pour la Mauricie - Centre-du-Québec.

Négociation

La présente tournée estivale a comme objectif premier d’aller à la rencontre des membres de l’APTS afin d’échanger sur les enjeux de la négociation pour le renouvellement de la convention collective, d’entendre leurs préoccupations relativement à l’avenir du réseau et de lancer la mobilisation pour que le travail du personnel professionnel et technique soit reconnu à sa juste valeur.

Dans la cadre de l’actuelle ronde de négociation, l’APTS revendique notamment des améliorations en ce qui concerne les primes et montants forfaitaires offerts à ses membres, l’amélioration des conditions de travail et d’exercice du personnel professionnel et technique,l’amélioration de l’accessibilité à la formation continue, de même que la pleine reconnaissance du travail pour plusieurs catégories d’emplois.

«Le personnel professionnel et technique de la Mauricie et du Centre-du-Québec doit composer avec une surcharge de travail inacceptable. Il est urgent de pallier les lacunes en matière de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre pour assurer le maintien de services de proximité à la population. Le gouvernement se doit d’apporter des solutions durables aux problèmes qui menacent notre réseau public de santé et de services sociaux et de reconnaître enfin le travail de nos membres à sa juste valeur. La première étape pour y arriver, c’est d’améliorer les conditions de travail et d’exercice du personnel professionnel et technique. C’est non seulement une nécessité, c’est vital», poursuit Mme Lapalme.

Pour l’instant, les offres du gouvernement sont nettement insuffisantes selon le syndicat, notamment en ce qui concerne le traitement salarial.

«Le gouvernement nous offre 5,5 % d’augmentation sur trois ans. De notre côté, nous demandons 12,4 % sur trois ans. En ce moment, la négociation est sur pause pour quelques semaines en raison de la période estivale. On retournera à la table sous peu et on a hâte de voir ce que le gouvernement a à dire sur nos demandes», indique Mme Lapalme.

Tout comme le premier ministre François Legault l’a déclaré, l’APTS espère qu’une entente soit conclue rapidement, soit avant qu’une éventuelle vague de COVID-19 ne frappe le Québec. Il n’est cependant pas question pour ses dirigeants de négocier à rabais et d’accepter les présentes offres patronales.