Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque (à droite), lors de sa course contre Jocelyn Hébert, le pilote mandaté par le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

La course des maires... version modifiée

Le duel de boîtes à savon entre les maires de Bécancour et de Trois-Rivières présenté dans le cadre de la 3e édition de la Bécancourse n'a finalement pas eu lieu... pas complètement du moins. En raison d'une fracture à la cheville, Jean-Guy Dubois a mandaté le pilote de course Jocelyn Hébert pour affronter le compétitif maire Yves Lévesque.
Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et le pilote Jocelyn Hébert après la course.
Le coureur automobile Jocelyn Hébert, le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque, le député de Nicolet-Bécancour Donald Martel et le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois lors d'une cérémonie du podium bien spéciale.
L'ambiance était à la rigolade et à la bonne entente samedi après-midi, alors que les bolides sans moteur dévalaient la pente de l'avenue des Marguerites du secteur Sainte-Angèle-de-Laval, à Bécancour. 
Plusieurs curieux voulaient assister au duel amical entre les maires des villes voisines séparées par le fleuve Saint-Laurent. Mais la blessure de Jean-Guy Dubois a modifié son plan de course. Même si certains pouvaient évoquer une blessure factice, il n'en était rien. Le maire de Bécancour a bel et bien chuté d'un escabeau et doit se déplacer avec des béquilles. 
«La peur lui a pogné, alors il est tombé en bas de l'escabeau pour justifier qu'il ne voulait pas courir contre moi», a lancé en riant le maire Lévesque après la course. 
Fin stratège, Jean-Guy Dubois a recruté le pilote le plus aguerri de sa ville pour le représenter. «J'aurais beaucoup, beaucoup aimé défier mon voisin de la rive nord. Je suis bien content pour lui, il a gagné. Mais il ne perd rien pour attendre. Je voulais vérifier s'il était de calibre», a répliqué le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois. 
Habitué des bolides de course avec des moteurs, Jocelyn Hébert a pris le volant d'une rutilante boîte à savon pour se mesurer au compétitif maire de Trois-Rivières. 
«J'ai eu un adversaire de taille. Mais de pouvoir battre Jocelyn en boîte à savon, c'est tout un honneur pour moi», a ajouté le maire de la rive nord du fleuve.
Ce dernier a d'ailleurs usé d'une stratégie discutable. Dès le départ, Yves Lévesque a donné des coups de volant en direction de son adversaire pour «l'intimider». Les officiels l'ont même averti durant la course de rester dans ses lignes. Yves Lévesque a toutefois remporté son pari en devançant Jocelyn Hébert. 
Les maires de Bécancour et de Trois-Rivières voulaient par cette course amicale démontrer les liens qui existent entre les deux villes voisines. Tous les deux ont évoqué les efforts conjoints pour développer l'économie de la région. Après tout, les économies de Trois-Rivières et Bécancour sont interreliées. Toutefois, les deux maires étaient là avant tout pour s'amuser. 
«C'est une belle activité familiale pour Bécancour, je suis content d'être ici», a ajouté Yves Lévesque, plus sérieusement. «C'est bien qu'on travaille ensemble les deux rives sur différents sujets, mais quand on peut avoir du plaisir ensemble, pourquoi pas.»
Jean-Guy Dubois affirme sans gêne qu'un des éléments dont il est le plus fier durant son mandat est «d'avoir cassé les différences qu'il y avait à Trois-Rivières».
«Ç'a été payant pour Bécancour de profiter de cette synergie économique que nous avons ensemble. Nous faisons partie de la même zone économique naturelle. On a la chance d'avoir à côté de nous autres les services de classe supérieure avec l'université ou le centre hospitalier universitaire. Nous profitons de notre relation avec Trois-Rivières et elle aussi profite de sa relation avec Bécancour», soutient le maire Dubois. 
Dans sa deuxième course, le maire de Trois-Rivières a affronté le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) de Nicolet-Bécancour, Donald Martel. Si le député n'avait pas freiné avant la ligne d'arrivée, il aurait coiffé Yves Lévesque au fil d'arrivée. Mais cette erreur lui a coûté cher. 
La 3e édition de la Bécancourse a attiré une cinquantaine de jeunes pilotes d'un peu partout au Québec. Il s'agit d'une très bonne augmentation du nombre de participants par rapport à l'édition précédente, alors que 23 jeunes avaient leur permis de course. Plusieurs des boîtes à savon utilisées étaient impressionnantes au niveau technique. 
Parmi les jeunes pilotes, on retrouvait Xavier Gilbert au volant d'une boîte à savon en fibre de verre. Son bolide ressemblait davantage à une formule 1 qu'à une boîte à savon. «Il va vite. C'est vraiment l'fun. J'aime ça faire des courses et remporter des victoires», disait celui qui avait déjà remporté trois courses. 
Jasmine Noury en était à sa première expérience à la Bécancourse. «C'est spécial de conduire une boîte à savon. C'est une sensation vraiment l'fun», soulignait-elle excitée juste avant sa première course. 
Les organisateurs de la Bécancourse n'ont jamais tenu l'événement au même endroit depuis trois ans. Chantale Robitaille du comité organisateur avoue toutefois que la côte de l'avenue des Marguerites est un lieu de prédilection. Les résidents du secteur étaient heureux d'accueillir cet événement, ce qui laisse présager qu'il y sera de retour l'an prochain.