Voici le premier conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste. Le président du CA, Louis Ménard, est accompagné de Sylvie Turcotte, Jean Gagnon, Mireille Cossette, Kim Alarie (secrétaire), Marie-Claude Leduc (contrôleure) et Stéphan Frappier (vice-président).
Voici le premier conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste. Le président du CA, Louis Ménard, est accompagné de Sylvie Turcotte, Jean Gagnon, Mireille Cossette, Kim Alarie (secrétaire), Marie-Claude Leduc (contrôleure) et Stéphan Frappier (vice-président).

La coopérative Le Nouvelliste voit le jour

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que le décompte vers son 100e anniversaire est lancé, Le Nouvelliste vient de tourner une page importante de son histoire. Les travailleurs et cadres du quotidien régional ont formé jeudi en assemblée la coopérative de solidarité qui prend entre ses mains l’avenir du journal.

«Pour la première fois, nous devenons maîtres de notre destinée», affirme Louis Ménard, chef de pupitre au Nouvelliste et président du premier conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste. «On a hâte d’amorcer ce nouveau chapitre de notre histoire. Les travailleurs sont stimulés par ce nouveau défi. La 100e année du Nouvelliste sera assurément mémorable.»

La création de la coopérative a été approuvée par l’ensemble des 46 travailleurs et cadres présents en assemblée générale. L’unité des travailleurs derrière la création de la coopérative témoigne de l’importante adhésion au projet. «Bien qu’il y ait de l’inquiétude des employés ces derniers temps avec la faillite de l’entreprise, ils sont enthousiastes vis-à-vis la coopérative», avoue Louis Ménard.

«Nous avons confiance que nous offrons un produit de qualité, professionnel et pertinent pour la région.»

Cette rencontre de création de la coopérative a permis aux travailleurs de définir les statuts et règlements de la nouvelle entité. Par la suite, les travailleurs du Nouvelliste ont nommé lors de cette assemblée de formation de la coopérative les membres du premier conseil d’administration. Ce premier CA est composé de Louis Ménard à la présidence, Stéphan Frappier à la vice-présidence, Kim Alarie au poste de secrétaire ainsi que de Jean Gagnon, Mireille Cossette, Sylvie Turcotte et la contrôleure de l’entreprise, Marie-Claude Leduc.

Durant l’assemblée, les travailleurs ont félicité le président-éditeur du Nouvelliste, Alain Turcotte. Si Le Nouvelliste est le journal le plus performant de Groupe Capitales Médias, c’est que de bonnes décisions de gestion ont été prises localement sous sa gouverne. À l’instar des employés du journal, Alain Turcotte est très emballé par la naissance de la coopérative. «On sent l’effervescence derrière ce projet. Les gens ont hâte d’être consultés dans les décisions. Cela responsabilise tout le monde», précise le président-éditeur du Nouvelliste. «Le modèle coopératif permet à l’entreprise d’être encore plus ancrée dans sa communauté.»

Un nouveau modèle d’affaires

Lors de l’annonce de la mise du Groupe Capitales Médias sous la protection de la loi avec les arrangements avec les créanciers, les travailleurs de tous les journaux ont rapidement exploré les possibilités de devenir partenaires dans la reprise de l’entreprise.

Avec l’aide de la Fédération nationale des communications (FNC) et de la firme MCE Conseils, la possibilité de créer une coopérative de travailleurs qui pourrait devenir partenaire d’un éventuel repreneur était envisagée.

Toutefois, comme aucune entreprise n’a déposé d’offre avec les travailleurs, les employés ont alors opté pour la création d’une coopérative de solidarité qui permettrait de déposer une offre au syndic de faillite pour le maintien des activités du Nouvelliste.

Dès que les travailleurs, syndiqués et cadres se sont mobilisés pour déposer un projet de relance de l’entreprise, la recherche de financement est devenue cruciale.

«Nous étions à la merci des bailleurs de fonds. Nos actions étaient limitées, tant que nous n’avions pas réuni le financement», mentionne Louis Ménard.

Parallèlement, les journaux du groupe ont lancé la campagne «Je coopère pour mon journal», ce qui a permis à la population de manifester leur soutien et attachement envers leur quotidien régional.

De plus, les deux syndicats du Nouvelliste ont investi des sommes considérables dans l’aventure. Les membres du Syndicat de l’information ont collectivement décidé d’investir 100 000 $ dans la nouvelle coopérative, alors que le Syndicat de la publicité du Nouvelliste injecte 8000 $ dans le projet.

«C’est une grande journée pour Le Nouvelliste et le monde de l’information régionale. Nous travaillons sur le dossier des coopératives depuis plusieurs mois. En fait, c’est un projet qui est né dans les heures suivant la difficile journée du 19 août», soutient de son côté le président du Syndicat de l’information du Nouvelliste, Louis-Simon Gauthier.

«Je suis très fier de tous mes collègues. Ensemble, cadres, syndiqués et employés non syndiqués ont tous ramé dans le même sens. La première année de cette nouvelle coopérative amènera son lot de défis, mais Le Nouvelliste est bien positionné pour réussir.»