La Coopérative n’arrive toujours pas à obtenir son permis d’abattage.

La Coopérative de solidarité Abattoir Massicotte ralentie par une pénurie de vétérinaires

SAINT-LUC-DE-VINCENNES — Les producteurs d’espèces à plumes de la Mauricie rêvent de ne plus avoir à courir à Drummondville, à Lévis ou, pire encore, jusqu’à l’Île d’Orléans pour faire abattre leurs animaux. Tous les espoirs étaient permis lorsque le seul abattoir de petits animaux de la région, l’Abattoir Massicotte de Saint-Luc-de-Vincennes, avait été vendu, en 2016, à la Coopérative de solidarité Abattoir Massicotte. Depuis, plus rien.

L’entreprise ne fait que de la découpe et de la transformation, mais toujours pas d’abattage. La raison principale qui force à tout mettre sur la glace, c’est une pénurie de vétérinaires pour inspecter les activités d’abattage comme l’exige le MAPAQ, explique Luc Beaudoin, secrétaire-trésorier de la Coop.

Ce dernier rappelle que la coopérative a pourtant eu confirmation d’une aide gouvernementale du Programme d’appui à la compétitivité des abattoirs régionaux (Pacar). Rien ne sera toutefois signé tant et aussi longtemps qu’un vétérinaire ne sera pas affecté à l’entreprise. Même le MAPAQ ne donnera pas de permis d’abattage tant que la situation demeurera au même point, indique M. Beaudoin.

Pour réaliser son projet, la Coop doit aussi investir 600 000 $. Le tiers de cette somme ira à un projet d’assainissement des eaux, le deuxième tiers en réaménagement de ses locaux pour accueillir la fonction d’abattage et l’autre tiers à l’achat d’équipements. C’est beaucoup d’argent, mais Luc Beaudoin assure que «la ronde de financement va bien.»

En attendant, la Coop continue ses activités de transformation et les éleveurs de la région, eux, ne développent pas leurs entreprises pour éviter de multiplier les voyages à l’extérieur de la région à des fins d’abattage. «Beaucoup d’entre eux ne produisent pas plus parce que leurs animaux ne sont pas abattus sur place», résume M. Beaudoin.

La Coop espère que son projet démarrera dès l’été prochain et garde bon espoir d’obtenir des services vétérinaires d’ici quelques mois.

Lorsqu’elle pourra enfin se lancer dans son activité principale, la Coop prévoit créer entre trois et six nouveaux emplois, «assurément trois la première année», précise-t-il.

Selon la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, il existe vraiment un besoin criant de médecins vétérinaires dans le domaine des animaux de la ferme, spécialement en région.

Pour remédier à la situation, la Faculté a adopté de nouvelles mesures qui ont été mises en place à la rentrée universitaire de 2020.

Une nouvelle catégorie d’admission a été ajoutée. Au cours des dix prochaines années, quelque 35 % des vétérinaires œuvrant en milieu agricole prendront leur retraite.